Le bonheur conditionnel

Je serais heureux si …

Je serais heureuse si …

… si j’avais telle voiture

… s’il faisait plus chaud

… si mon enfant devenait quelqu’un

… si mon conjoint se libérait de son addiction

… si je perdais trois cents grammes …

NON !

Le bonheur, c’est maintenant ! Là ! Tout de suite !

L’instant présent en contient toute la matrice. J’ai tout à l’intérieur de moi pour tricoter le plus doux, le plus complet des bonheurs.

Si j’attends après les événements extérieurs, je ne ferai que courir toute ma vie après la carotte au bout du bâton (tiens ! Quel animal cela me rappelle-t-il ?  😉  )

Ma vie contient tous les ingrédients nécessaires à mon propre bonheur.

Je suis seul-e responsable et surtout capable d’aller les puiser et de les maintenir en surface.

Le Bonheur est un état intérieur, pas un habit que l’on revêt selon les circonstances, car les circonstances ne sont pas et ne seront jamais esclaves de mes attentes.

Nous pouvons forcer les événements à se plier à nos attentes, mais au prix de combien d’efforts et de souffrances ?!

Combien d’enfants se sont cassé le dos et les doigts à des cours de piano pour faire plaisir à maman ?

Combien de carrières exécrées ont été choisies pour faire plaisir à papa ?

Le bonheur conditionnel oblige toujours l’autre à un sacrifice.

Où est la notion d’amour dans de telles circonstances ?!

Je t’aime SI …

Je peux m’aimer SI en agissant comme je veux que tu agisses, tu me prouves que je suis digne d’être aimé-e.

Je projette sur toi mes manques pour que tu les combles. Comment veux-tu que je m’aime avec ma propre considération toute mitée ?!

Je reproche à l’autre ses manques et ses faiblesses parce qu’ils font miroir à mes propres manques et à mes propres faiblesses.

Le chat se mord la queue ainsi dans une ronde infinie, mais surtout dans des souffrances toujours plus grandes de part et d’autre.

Dès maintenant, je décide de m’extraire de cette ronde infernale.

Bon d’accord, tu n’es pas parfait-e, ni moi non plus d’ailleurs, ma vie n’aurait pas besoin d’être si je l’étais.

Je te laisse le choix et la liberté d’être tel-le que tu es, c’est d’ailleurs pour cela que je t’ai aimé-e dans les premiers instants, j’ai choisi tout le « packaging ».

Au fil des jours, tes manques ont fait ressortir mes propres manques et j’ai commencé à moins t’aimer, à te détester parfois même, à me détester (mais il est encore trop tôt pour me l’avouer).

Là, maintenant, dans la seconde, je décide de m’aimer de façon inconditionnelle.

Je prends conscience de tous les choix et de tous les schémas que j’ai mis en place pour faire plaisir à quelqu’un d’autre.

Dans l’instant, je décide que chacun de mes choix sera tout d’abord en résonance avec mes propres attentes. S’ils correspondent aux tiennes, tant mieux. Sinon, tu vas tout d’abord grincer des dents, jusqu’à ce que tu comprennes que je t’offre ainsi ta propre liberté d’être qui tu es.

Sache que cet acte d’amour inconditionnel est illimité, à tel point que je peux continuer à t’aimer loin de toi.

Cela n’est pas une menace, ni du chantage. Je te laisse libre de ton addiction, mais je m’offre le choix de ne plus en souffrir à tes côtés.

Chacun de notre côté, ou ensemble si tu le souhaites, nous retrouvons la liberté d’être pleinement qui nous sommes, en toute conscience.

C’est cela le but ultime de la vie.

Le grand, le seul, l’unique but de ma vie : prendre pleinement conscience de Qui je suis, pourquoi je vis là maintenant, à cet endroit, dans ces circonstances ; quel est mon rôle, ma place, dans la grande trame de la Vie.

En me respectant, je respecte ton rôle, ta place dans la grande trame de la Vie, j’apaise toutes les souffrances, tous les conflits, j’autorise la Vie à Être, je m’autorise à Être.

Namasté

Vis chaque jour comme si c’était le premier

Dirige ta première pensée en ouvrant les yeux chaque matin sur tes sensations :

– Je suis bien au chaud sous ma couette. Les draps sentent bon la lessive. Chaque parcelle de mon corps est détendue. Si je sens une crispation dans mes épaules ou mon estomac, j’induis le mouvement pour la relâcher : tout simplement, je laisse tomber mes trapèzes dans le matelas ou j’inspire doucement jusqu’au nœud dans mon estomac afin qu’il puisse s’en libérer.

Je commence cette journée comme la rose du Petit Prince. Elle s’est préparée longtemps avant d’éclore dans sa magnificence, avec toutefois des exigences et l’innocence parfaite de son éphémérité.

Chacun de mes gestes est nouveau. Ces pantoufles éculées ont été neuves et j’ai ressenti un grand confort les premières fois où je les ai portées. Je vais rechercher cette sensation en les chaussant.

Le poids de l’habitude retire rapidement toute magie à chaque chose, à chaque situation. Pour cette raison, il y a des acheteurs compulsifs, des boulimiques, des infidèles. Toujours, il leur faut l’attrait de la nouveauté, car ils oublient très vite cette toute première fois qui existe en tout et que nous nous appliquons aujourd’hui à retrouver.

Le fil rouge de ma journée continue ainsi. Quel bonheur de me rendre au cabinet de toilettes et de ne pas devoir sortir au froid dans « la cabane au fond du jardin »  😉 . Quel bonheur d’ouvrir le robinet de me laver les mains à l’eau potable.

La première gorgée ou bouchée de mon petit déjeuner a un goût divin. Je m’applique à la retrouver à la deuxième gorgée, puis à la troisième et ainsi de suite.

J’accorde la même attention à chaque pièce de mes vêtements qui couvriront mon corps aujourd’hui.

Au fond de ma poche, j’entends le cliquetis de ma monnaie pour mon ticket de métro ou les clés de ma voiture. Quelle chance ! Je me rends à mon travail (car j’ai un travail) dans ma voiture (car j’ai une voiture).

Je regarde les premières personnes que je croise avec bienveillance et un sourire intérieur. Sans qu’aucun signe de joie extérieure ne transparaisse, ces personnes ressentiront ma quiétude et seront transformées à leur tour.

Je regarde ce collègue qui me rase depuis des lustres avec un œil neuf : qu’a-t-il vécu qui le rende si aigri ? Ai-je à apprendre quelque chose ? À me protéger ? À m’en éloigner ? À ne pas le porter ? Me renvoie-t-il à ma problématique ?

Sans trop m’attarder sur la réponse, je m’applique à ne pas perdre mon fil rouge. Je reviendrai plus tard sur le sujet X quand j’aurai acquis le calme absolu pour sortir de mes émotions et analyser la problématique de ce minuscule conflit (aux yeux de l’univers, il est même plus petit que microscopique) avec le recul et la hauteur nécessaire à l’objectivité.

J’entame mon travail avec gratitude, quel qu’il soit, car il a son utilité que je ne peux appréhender dans sa globalité.

« Il faut que ton travail soit de l’amour rendu visible » me disait mon père. Essaye d’appliquer cette règle à tout ce que tu fais, tu verras la magie en sortir.

Toute ma journée, je visualise mon fil rouge et fixe mon attention à ne pas le lâcher.

Si je le lâche, c’est qu’une émotion m’a happé-e. Je n’en fais pas de cas, j’en prends juste conscience et reviens doucement à ma ligne de conduite choisie sciemment.

Ma dernière pensée de la journée reste dans cette lignée de gratitude.

J’ai passé ma journée fixé-e sur le moment présent, le seul, le vrai, l’unique Réalité de ma Vie : le passé est derrière et ne peut être changé. Le futur est hypothétique et aléatoire et je ne peux qu’en imaginer une infime partie, supposition qui ne se réalisera peut-être même pas.

Inutile d’investir le moindre centime dans des jeux de rôles informatiques : ma vie est un jeu de rôles extraordinaire, mais avant aujourd’hui je ne le savais pas.

Ouf ! Il était temps !

Car un jour, ce premier jour du reste de ma vie sera le dernier et sans cette première prise de conscience, j’aurais pu perdre tous ceux encore à venir.

Namasté

La Trame

Nous nous promenons sur la trame de notre vie.

Nous pouvons, tels des robots, faire un pas après l’autre, en pensant que chaque acte posé est de notre fait, que nous avançons sur une ligne droite toute tracée du point A au point Z.

Nous naissons du néant et à l’heure de notre mort nous y retournons.

Du rien nous retournons au rien.

Peut-être. Je respecte toutes les croyances.

Mais cela me paraît d’une inutilité infinie. Un tiret dans l’immensité de l’univers, un petit bout de rien qui apparaît sans raison et disparaît de même.

Pourquoi pas !?

Même le point et le tiret du morse forment un tout qui devient langage.

De notre vision horizontale et plane qui ne perçoit que le moment présent et les événements qui s’y déroulent en synchronicité, beaucoup peuvent se ressentir comme un pion qui apparaît sur un échiquier et qui, tôt ou tard, sortira du jeu.

En prenant un peu de hauteur toutefois, à peine un peu de recul sur nos vies, et voilà que le vertige nous saisi : je suis ici parce que sur cent millions de spermatozoïdes, c’est le mien qui est rentré dans l’œuf. J’avais 99’999’999 concurrents (ou frères ou sœurs potentiels), mais c’est moi qui suis là, à vivre MA vie. La probabilité de gagner n’était pas énorme.

D’être sur la scène nous empêche d’appréhender la globalité du scénario.

Il y a dans le microcosme un phénomène visuel qui peut nous donner une image concrète de cette trame sur laquelle nous évoluons : c’est la connexion observable au microscope des neurones. On y voit des filaments apparemment disparates s’allonger, s’étirer, se rejoindre, créer des réseaux d’où ressortent d’autres filaments, sans interruption, sans but pour nos yeux incrédules, mais il y a un But, nous pouvons en être certains.

Je vis ma petite vie pépère. Soudain, une rencontre vient à moi, nous devisons sur un sujet, une envie m’attrape, un mot dit par cette personne m’invite sur un chemin inconnu qui m’attire. Je décide de le suivre. Cette décision m’amène à une ouverture sur une autre probabilité … et ainsi de suite.

Nos livres d’histoire ne seraient pas s’il n’y avait pas Une Histoire  😉 .

Ce qui est valable pour Napoléon ou Jules César l’est pour chacun d’entre nous, sauf que nous n’intéressons aucun historien.

Nous pouvons tout du moins nous intéresser à notre arbre généalogique, qui est déjà une jolie représentation de notre Trame personnelle.

Tiens ! Je me sens exister dans ma position de petite pomme qui va à son tour devenir pommier qui donnera d’autres fruits !  😉

Devenons spectateurs de nos vies, historiens, anthropologues : quel heureux Hasard m’a fait naître à cet endroit, dans cette famille ?

Quelle Destinée m’a conduit-e à ce moment présent ?

Comment en suis-je arrivé-e à ce point P ?

Quelle est la part de hasard, de probabilité ?

Ai-je usé de mon libre-arbitre, pouvais-je faire autrement ? L’aurais-je fait ?

Suis-je satisfait-e du résultat ?

Si non, puis-je en changer quelque chose ?

Si oui, puis-je me remercier, puis-je remercier l’univers pour qui je suis et ce que je suis ?!

Puis-je regarder MA trame avec tendresse et compréhension et me dire que

Tout est juste !?

Namasté

Le Choix

Quoi que nous vivions, nous l’avons choisi.

Cette idée n’est pas facile à admettre. Pourtant, si nous faisons une introspection honnête, nous nous apercevons que notre parcours résulte de tous les choix que nous avons posés.

Dès l’instant de notre autonomie, nous nous sommes engagé-es avec allégresse (ou angoisse pour certains-es) dans ce que nous pensions être « La Liberté » !

Qui s’aperçoit que cette liberté est déjà conditionnée dans la liesse des vingt ans ?! Conditionnée par l’éducation, conditionnée par la société, conditionnée par un futur hypothétique.

Quel trajet faut-il parcourir pour réaliser que tous nos choix, jusqu’au choix de notre naissance, résultent de la réponse de la raison de notre incarnation au plan de notre âme bienveillante ?

Notre corps physique réagit à la volonté de notre corps énergétique …

Il y a encore beaucoup d’êtres humains qui téléphonent à un correspondant à l’autre bout du monde avec un portable et nient en bloc toute forme d’énergie.

Ce message ne s’adresse pas à eux.

Du moment où nous acceptons que tout est énergie et vibrations, les réponses à nos interrogations arrivent les unes derrière les autres.

Pourquoi ai-je choisi cet emploi ? Pour reconnaître ce que mes mains et ma tête aiment faire ou pour répondre à une cause plus noble ?

Pourquoi ai-je choisi ce-cette partenaire ? Pour tromper ma solitude ou pour reconnaître les besoins de mon coeur et de mon âme ?

Pourquoi ai-je choisi ces parents ? (la règle fonctionne aussi dans l’autre sens : nous choisissons nos enfants). Pour m’appuyer dans la dualité à reconnaître ce qui me convient ou pas ? (Sans point d’appui, impossible de cerner le pendant : il n’y aurait pas de jour si la nuit n’existait pas, pas de froid si le chaud n’existait pas, etc.)

Tant que nous avançons dans l’ignorance du point d’équilibre, nous jouons à la pelote basque. Nous rebondissons avec douleur et fracas sur le mur de notre incompréhension.

Pour chaque choix, pour chaque problème, il s’agit de prendre du recul (ou de la hauteur) et de se poser cette question :

– qu’est-ce que mon âme (ou mon plan énergétique) cherche à me faire comprendre ?

J’ai mangé trop de chocolat, j’ai envie de vomir ; c’est facile à comprendre : ma boulimie passagère cherchait à combler un vide de douceur. Je veillerai la prochaine fois à me remplir de belles émotions pour être satisfait-e par un seul carré.

Je me retrouve toujours avec le même style de compagne-compagnon qui ne me respecte pas ? Il serait très sage de faire enfin cette introspection à moins de choisir une vie de galère intentionnellement, bien calé-e dans mes œillères (je suis seul-e responsable de mes choix, mais cela ne m’intéresse pas de le savoir !)

Un regard extérieur est toujours nécessaire dans les grosses problématiques : notre attitude innée de petit Calimero, à qui tout ce qui arrive est trop injuste, et la complaisance envers nous-mêmes sont complètement stériles.

Pour avancer, il faut que le mur de pelote basque se transforme en miroir, ou en écran de cinéma où un metteur en scène met le doigt sur notre rôle. Nous voyons alors un scénario qui ne tient pas la route et dont nous pouvons (et voulons) sortir !

Le mot magique : « sortir de ma problématique » !

Dès cet instant, je m’offre

CE CHOIX  !

Namasté

9,5 sur 10

Je demandais à mes amies leur appréciation sur une réalisation culinaire que je trouvais personnellement délicieuse.

– neuf et demi !

– neuf virgule neuf !

– neuf et demi !

Je m’informais donc des dixièmes manquants ?

– la perfection n’existe pas ! On ne peut pas mettre un dix !

– (moi : toujours ce fameux « on » qui dicte sa loi) … et pourquoi ?

(J’avoue ne pas avoir saisi tout de suite leur motivation, toute à ma surprise).

– parce que la perfection n’existe pas, on peut toujours faire mieux !

Mon Dieu ! La course à la perfection, à mon humble avis, est en train de tuer notre « humanitude ».

Comment se réjouir de la vie si nous la trouvons incomplète en tout point ?!

Comment nous sentir bien si nous attendons toujours mieux ?!

Non pas que je recherchais leur appréciation pour me gausser (je n’étais pas la réalisatrice de ce biscuit aux abricots), seulement pour échanger un instant précieux de délectation (à mes yeux).

D’autre part, ce succulent gâteau n’en a eu que faire de nos considérations : il y été savouré avec félicité en quelques bouchées par tous les goûteurs.

Mais à moi, il me reste comme une amertume sur les papilles, un voile de tristesse sur le coeur.

Ma merveilleuse Terre-mère m’a donné la farine, les abricots, Elle a nourri les vaches qui ont permis le beurre, les poules qui ont permis les œufs et tous les humains grâce à qui la réalisation de ce biscuit divin a été possible. Et il est jugé imparfait !

Pauvre petit d’Homme, je comprends tous les maux en une seule petite phrase :

« La perfection n’existe pas » !

Mais si !

Elle est PARTOUT !

Dans ce ciel gris qui dégouline, qui va arroser mon jardin et me permettre mes ablutions quotidiennes.

Dans cet arbre qui ne ressemble à rien et me donne des pommes délicieuses.

Dans cette chaleur étouffante qui crie : « Voyez ma lumière ! Je suis votre miroir ! ». (Mais qui l’entend et qui comprend ?)

Dans cet homme ivre et sale de ses douleurs qui me dit combien je suis heureuse et chanceuse.

Dans cette personne en chaise roulante qui irradie d’amour et de lâcher-prise et devient mon maître.

Dans ces hommes politiques qui agacent tellement à vouloir tirer la couverture à eux et m’invitent à une discipline de fer qu’ils sont incapables de suivre. Le salut n’est pas dans l’avoir, pauvre petit d’Homme, personne ne vous a appris dans vos Hautes Écoles qu’il est dans l’être ?

Je suis et je me sens parfaite.

Parfaite avec mon petit ventre grassouillet qui ne correspond pas aux critères de minceur.

Parfaite avec mes dents imparfaites et mon nez de travers qui ne correspondent pas aux critères de beauté.

Parfaite avec ma maison en fouillis et mon jardin en bataille qui ne correspondent pas aux critères de richesse.

Je suis plus riche que le plus nanti des nantis et je me soumets de bonne grâce à toutes les exigences ; peut-être aussi parce que je suis aimée malgré toutes mes imperfections, mais surtout parce que

J’AIME !

sans limites, sans attentes, tout simplement

j’aime

Namasté

Pour ou Contre

Je suis le chaudron de l’Alchimiste si je me sens prête, car j’ai le libre-arbitre : aucune obligation, juste le lâcher-prise.

Le signe que je ne sois pas prête sont mes émotions négatives : quand mes interactions avec des personnes ou des événements m’atteignent dans ma sensibilité, c’est la preuve d’un déséquilibre, je ne suis plus « au Centre » et j’ai raison de me protéger et de m’éloigner.

Si mon verre est à moitié vide, je ne peux étancher la soif de quiconque.

L’énervement, la colère, l’agacement sont les signes que je doive prendre le recul nécessaire à ma protection.

Le piège est que ce à quoi je résiste, je le renforce.

Donc, je prends le recul nécessaire à ma protection sans jugement envers moi ou envers l’événement.

Je ressens mon manque et me tiens en retrait par compassion pour moi et pour l’autre.

Si ce repli je l’effectue dans la peur, je me projette dans une forme de résistance et je renforce par cet acte de repli ce que je fuis.

C’est aller contre un événement jugé désagréable et ainsi le renforcer.

Quand je suis parfaitement centrée, les éléments gravitent autour de moi et je reste dans mon axe.

Le monde sera toujours le monde. Je ne peux rien faire qui puisse le changer.

Un bateau solidement ancré résiste à toutes les tempêtes. Trop serrée : l’amarre se rompt et tout est broyé. Dans la juste mesure : le bateau est ballotté dans tous les sens mais reste à flot.

Le seul acte que je puisse poser est de veiller à ce que mon axe soit parfaitement vertical.

Je ne suis ni dans la peur, ni dans l’énervement, pas plus dans l’euphorie et dans une joie démesurée : je suis juste sereine, en paix avec moi-même.

Tous les vents, tous les orages peuvent bien gronder autour de moi, je me sens parfaitement alignée.

Au lieu d’aller contre, je deviens le creuset de l’Alchimiste qui change le plomb en or.

Dans l’oeil du cyclone, tout est calme. Je me situe là.

Par ma présence au point exact d’équilibre, je permets aux éléments de retrouver leur calme s’ils le désirent.

Je n’ai pas à et ne peux pas intervenir d’aucune autre façon.

Ma position de retrait n’est plus dictée par ma peur d’un vide intérieur mais par mon désir de rester centrée et accomplie afin de servir de point d’appui au changement.

Avec un peu d’expérience et d’habitude, je peux me trouver dans ce point neutre de non jugement en n’importe quelle circonstance, il n’y a plus de bien ni de mal, il y a l’être.

Je suis dans l’instant où je me dois d’être, quelle que soit l’expérience que j’aie à vivre.

Il n’y a plus de résistance, que l’acceptation que tout est juste selon mon plan d’incarnation.

Namasté

La Palme d’Or

Nous sommes tous des scénaristes dignes de recevoir la Palme d’Or.

Dans les catégories « film catastrophe » ou « thriller » de préférence.

Notre écran mental produit en permanence film sur film.

Nul besoin de chercher l’acteur ou l’actrice principal-e, c’est nous la star incontournable.

Les figurants, nous les puisons dans les médias. Ou plutôt « on » nous les impose.

Qui est ce « on » ? Ce on a tout intérêt à ce que notre film soit le plus noir possible. Pour quelle raison ? Cela lui appartient …

Il nous suggère moult criminels, assassins, envahisseurs, ennemis armés, méchants de tout poil afin que notre film ne gagne surtout pas dans la catégorie « romance sentimentale », ou pire « chef d’œuvre spirituel et visionnaire ».

Cette armée de figurants suggérés qui montrent les dents et avancent toutes griffes dehors peinent à sortir de notre champ visuel.

Leur petit nombre masque pourtant un peuple extraordinaire tout de gentillesse, de compassion, d’empathie, qui ne demande qu’à être choisi pour les rôles principaux.

Nous ne les voyons pas, obnubilés par cette catégorie de méchants inlassablement poussés en avant.

Pour que notre film se concrétise, il nous manque encore deux personnages primordiaux.

Le premier, qui détient toutes les ficelles et permet toutes les libertés, c’est le Producteur.

Celui-là, par chance, par bonheur, nous en avons tous un attitré et personnel, prêt à toutes nos folies comme à toutes nos sagesses.

Il coule dans nos veines et nous pousse à respirer, à avancer pas-à-pas, seconde après seconde. Il est là présent à tous les instants de notre vie avec sa banque inépuisable de re-source, avec sa gentillesse inconditionnelle de parent attentif et veille à tous nos manques de persévérance. Il ne nous lâche pas la main, jamais, du point A à l’Infini.

Mais qui est donc le second personnage incontournable sans qui le film ne peut voir le jour ?

Le Réalisateur !

Où est-il donc encore celui-là  ?!

– tu veux être mon réalisateur ? Non ?! Allez ! S’te plaît !!!

– et toi Docteur, tu veux être mon réalisateur ?! Encore non !

– et toi Banquier, tu veux être mon réalisateur ? Toi non plus ! ?

– et toi Président ? Tu veux être mon réalisateur ? Non ?! Ah ! Vous voulez bien tous être les metteurs en scène et les actionnaires, mais vous ne voulez pas de ma réalisation !

Mais alors ! Qui choisir ? Qui veut bien de ce rôle-là ? Mon Dieu ! Personne ne veut me réaliser ! Et bien, me v’là bien sans réalisateur !

… Tiens ! Qui passe devant le miroir ?! Mais c’est moi ! Et si je m’y collais ?!

Et bien moi, je choisis de réaliser le plus magnifique des films d’Amour …

et le gagnant / la gagnante toute catégorie est … ?      Moi  😉

Namasté

L’impermanence

Nous sommes attachés à notre culture, à nos valeurs, à nos habitudes.

Ainsi nous vivons dans l’illusion.

Ainsi nous vivons dans la souffrance.

La pérennité est un leurre.

Rien, absolument rien n’est pérenne.

Tout ce qui est du domaine matériel est appelé à disparaître.

Les diamants exercent sur nous un puissant attrait inconscient, car nous leur prêtons la notion de longévité (ne dit-on pas qu’ils sont éternels ?). En somme, ils ne sont que de simples cailloux extraits des mines à grand peine. Pourquoi un morceau de charbon ne serait-il pas aussi noble ? Parce qu’il n’a pas cette image d’immuabilité, une flamme et pfut ?! Pourtant, le diamant a la même fragilité face au feu !

Les plus puissants des barrages sont contraints à une forme de lâcher-prise : une évacuation d’eau doit être prévue, sinon c’est l’explosion. Nous sommes pareils, nous ne pouvons rien retenir. Tout nous est prêté.

Capturer la matière revient à vouloir enfermer dans sa main une poignée du sable le plus fin du Sahara.

Que nous dit-il ce sable :

– J’étais montagnes, j’étais coquillages, vois qui je suis aujourd’hui  😉  ?!

Les lois qui nous régissent ont plusieurs années, voire plusieurs siècles.

A quoi cela rime-t-il ?

Vivons-nous selon le mode de vie de nos arrières-grands-parents ?

Avons-nous leurs mœurs ? Leurs habitudes ? Leurs idées ?

En 1900, la moyenne de vie était de quarante-cinq ans.

Vit-on de la même façon selon que notre disparition est annoncée à cinquante ans ou à quatre-vingt-dix ans ?

Les règles sont-elles adaptables à toutes les tranches de vie ? À tous nos modes de vie ?

Puis-je ignorer en 2015 mon frère humain où qu’il soit ?

Puis-je conduire mon véhicule aussi vite à soixante-dix ans qu’à vingt ans ?

Puis-je séduire autant de personnes à quatre-vingt ans qu’à trente ?

Des petits groupuscules s’attaquent au patrimoine mondial en Syrie et en Irak et notre coeur se révulse :

– Comment osent-ils ? Quel irrespect ! 1)

L’Eyjafjöll, le volcan islandais, nous a pourtant prévenus en 2010. Le volcan des Galapagos revenu récemment en activité nous le redit : les dinosaures ont délivré un message ignoré.

Rien de matériel ni de vivant ne dure, pas même les puissants, pas même les nantis agrippés à leur fortune matérielle. Ils partiront tout nus, comme tout un chacun, comme nous sommes tous arrivés.

Une idée, une pensée peut perdurer de génération en génération pour autant qu’elle serve une noble cause, la seule à nous élever : l’amour inconditionnel.

Cet amour inconditionnel m’oblige à aimer tout, absolument tout ce qu’il m’arrive. Quelques humains qui se comptent sur les doigts des deux mains y sont parvenus, tant et si bien qu’ils sont encore présents dans toutes les mémoires plusieurs siècles après leur passage sur Terre.

Il ne nous est pas demandé de devenir des saints, mission impossible   😉  !

Juste appréhender d’un tout petit bout de notre cerveau, quelques cellules seulement, une toute petite parcelle de temps, quelle certitude puis-je toucher du doigt en comparant la dérive des continents à l’idéologie des grandes pensées philosophiques ou religieuses ?

Retrouver, même pour quelques secondes, tout au fond de mon coeur cet amour sublimé que j’ai ressenti un jour pour une image, une personne, un coucher de soleil, un instant particulièrement émouvant et le ramener à ma mémoire, le raviver dans mes veines, dans mes cellules, le gonfler, le porter, le suivre et en faire mon Credo ! 2)

Namasté

1) Je ne cautionne ni n’approuve cette attitude, qui malheureusement ressemble tellement à une bataille de cours de maternelle : « puisque tu ne m’écoutes pas, je casse ton jouet préféré, na ! »

Et bien moi, je n’ai pas de jouet préféré, na aussi ! …

2) Credo : ensemble des principes sur lesquels une personne fonde son opinion et sa conduite (source Wikipedia)

Le macramé

Qui a fait un jour du macramé connaît ce joli tissage manuel de ficelles.

On démarre en général par le haut en un assemblage de plusieurs cordes et ensuite on compose de jolis nœuds de par et d’autre de l’ouvrage pour arriver à une belle réalisation, solide à l’extrême, au point de pouvoir en faire des hamacs où deux personnes adultes peuvent se reposer.

Depuis l’annonce par mon fils de la venue prochaine d’un nouveau petit trésor dans notre famille, une quatrième étoile s’est allumée dans mon coeur, puisque je suis déjà mamy de trois adorables petits anges qui ont chacun volé mon coeur (chacun en a sa part et tous l’ont en entier – Victor Hugo – Feuilles d’automne I).

En serrant dans mes bras hier les parents de ma toute-belle-fille, j’ai eu cette sensation intense de « fusion » :

– Nos gènes se mélangent ! Quel bonheur ! Il sera parfait cet enfant  😉

Puisque nous sommes tous les nœuds d’une trame géante, disent les bouddhistes, un nouveau petit nœud vient de surgir, nouvelle partie visible du voile de soie sur la terre, vibrant de l’entièreté de la partie tissée depuis des millénaires.

Ce petit ou cette petite à naître dans quelques mois contient déjà toutes nos histoires familiales conjointes, mais aussi l’histoire de toute l’humanité.

Petite goutte d’eau tombée du ciel, elle rejoint nos deux ruisseaux pour un jour devenir fleuve, déjà océan.

Et moi, qui suis-je ?!

Identique à ce petit être bientôt choyé dans nos bras, je porte en moi la mémoire glorieuse de mes ancêtres gaulois, helvètes, transalpins et qui sait, peut-être d’autres continents.

Quelle part de moi contient la mémoire génétique, quelle part de moi contient la conscience élargie, quelle part de moi contient le souvenir d’autres incarnations si cela se peut ?

Comment demander à ce melting-pot de se comporter en petit robot programmé ?

Aurais-je enfin compris l’origine de mon romantisme ? de ma pudeur ? de mon exubérance ? de ma sensiblerie ? de tout ce que d’autres qualifient selon leurs propres perceptions de qualités et de défauts, que je qualifie selon mes propres jugements d’avantages ou d’inconvénients ?

Peut-on en vouloir au fleuve de charrier des graviers, des particules indésirables, des turbulences, mais aussi des fleurs, des sirènes et la vie tout simplement ?!

Ce petit enfant à naître contient nos deux familles réunies, mais pas que !

Il apporte dans notre immense océan humain une grande part de fraîcheur et de nouveauté, nouveau petit brin de soie fraîchement dévidé de son cocon, brillant et doux comme une étoile tombée du ciel.

Puisses-tu changer le monde mon amour !

J’en suis certaine.

Tu as déjà commencé …

Namasté

Le chat qui se mord la queue

Tant que nous n’avons pas conscience de notre responsabilité active dans notre vie, nous tournons en rond.

La croyance que notre âme choisit son plan d’incarnation m’interpelle : choisit-on vraiment de vivre au fond d’une mine de coltan ou de mourir d’inanition dans un camp de la faim au Biafra ?!

Les quatre-vingt pour cent des humains qui n’ont pas accès à la nourriture, à l’eau potable et à la santé ont certes d’autres sujets de pensées que notre nombrilisme matérialiste de nantis.

Ils paraissent même plus proches de la nature, plus proches de la vie car si proches de la mort à chaque minute qu’ils n’ont d’autre choix que de lâcher prise face à une fatalité inexorable.

Que sa principale préoccupation soit de savoir à quelle gouille d’eau boueuse je vais trouver l’eau pour survivre encore une journée doit très certainement empêcher les pérégrinations de mon esprit qui se pose en victime car j’ai une poussière dans mon escarpin louboutin et que mon éclair au chocolat à dix dollars pièce a un petit goût amer fort déplaisant qu’il n’avait pas hier.

Qu’est-ce qui nous fait croire que, parce que nous sommes né-es du bon côté des statistiques, notre droit absolu est, en plus du confort matériel, un bonheur à toute épreuve où aucune souffrance morale ni physique ne doit contrarier notre petite vie de privilégié-e ?!

Je pense même que ce que nous considérons comme un dû sociétal d’avoir accès à tout le confort dit civilisé nous éloigne de la sagesse innée des personnes humbles et si proches de la terre que leur survie en dépend.

Nous nous leurrons en croyant que nous avons d’autres préoccupations car pour nous, la survie consiste à acheter une brique de lait ou du poisson carré alors qu’il n’y a qu’un seul dénominateur commun : l’air que je respire, l’eau qui m’abreuve et la nourriture qui contribue à ma santé, but premier de l’alimentation.

Nous nous rendons malades de malbouffe et de malpensée. Nous nous complaisons dans notre rôle de petit Calimero qui geint à longueur de temps : « c’est trop injuste » alors que nous devrions honorer et fêter chaque seconde d’être entouré-es de tant de facilité. Ouvrir un robinet ou un frigo, tirer une chasse d’eau potable n’est pas un dû mais un privilège !

Quand nous avons enfin acquis, compris et remercié pour cette chance immense qui a béni notre naissance, nous pouvons alors seulement nous pencher sur cette souris folle qui court dans notre tête à la recherche du bonheur illusoire.

Je suis qui je suis, ma vie n’est pas et ne sera jamais la tienne, je m’aime et j’aime ma vie car ce sont toutes mes joies et toutes mes peines qui ont fait qui je suis aujourd’hui.

Personne ne m’a appris dans ma prime enfance que moi seul-e savait ce qui me convenait. J’ai remis ma vie entre les mains de mon conjoint, de mon patron, de mon médecin, de mon gouvernement.

De la dépendance naturelle envers mes parents, je suis passé-e à une dépendance choisie envers l’autre.

J’ai tout bonnement oublié ma suprématie.

Mes rêves de preux chevalier ou de princesse de mon enfance sont enfouis sous des tonnes de « il faut », « il ne faut pas », « je dois », « je ne dois pas », « je peux », « je ne peux pas », etc.

Mais moi je peux  😉

Parce que je le pense, je le peux.

Je suis le chat qui a lâché sa queue.

Je croyais que je ne le pouvais pas, alors je n’y pensais même pas.

À la seconde où je pense que je le peux, le mécanisme se met en place et se déroule à sa réalisation.

Je pense le but possible et le but arrive.

Il ne s’agit surtout pas de pouvoir (nom et verbe), mais d’amour.

Que je doive batailler, galérer, forcer, m’éloigne du but. Mes attentes également.

Tout ce sur quoi je pose ma pensée avec un sentiment sincère d’amour inconditionnel se réalise.

Ma pensée et mon coeur sont en adéquation. J’ai confiance et je lâche prise…
…et tout arrive de ce qui devait arriver.

Namasté