Le coeur a ses raisons que la raison ignore 1)

Toute la sagesse que nous pouvons acquérir au cours d’une vie s’effondre comme neige au soleil quand il s’agit d’amour.

L’amour inconditionnel est relativement facile à mettre en place lorsqu’il s’agit de notre relation au reste du monde, pour qui nous pouvons éprouver de l’empathie, mais qui demeure néanmoins un agglomérat d’inconnus, pour le peu que nous en connaissions d’eux : une image médiatique, un récit journalistique, une représentation très personnelle que nous nous en faisons.

Quand nous sommes impliqués culturellement, le chemin de la compassion se trouve facilité d’autant que nous ne considérions nos propres valeurs comme une règle absolue.

La philosophie, étymologiquement « aimer la sagesse » conduit à faire grandir la sagesse en nous par le seul amour qu’on lui porte.

Mais comme la langue française est pernicieuse !

Il y a déjà ici cette notion d’amour, qui dans le présent cas ouvre l’âme et la conscience, donnant à l’humain la possibilité de se changer et de changer le monde (soyez le changement que vous voulez voir dans le monde – Gandhi).

C’est d’une autre forme d’amour dont je veux disserter, de celui qui se transforme en rayon laser et se focalise sur une seule personne, mais que le mot « fourre-tout » -aimer- ne différencie pas : j’aime le chocolat, j’aime mon chien, j’aime courir, etc. ; un seul et même mot pour toute la gamme d’un diapason géant.

Cet autre amour merveilleux à vivre, qui nous projette dans une dimension quantique (je ne suis plus qu’un-e avec l’autre et avec la vie quelle qu’elle soit) peut-il nous enseigner la sagesse ?

Sommes-nous sages quand nous sommes « en amour » ?

Le plus difficile dans cet état de grâce est justement de ne pas s’éloigner de la réalité, qui nous rattrape toujours un jour ou l’autre.

L’amour-éros peut nous précipiter dans la spirale ascendante, puis descendante de la passion, s’il n’est pas solidement ancré à la sagesse.

Il a ce pouvoir extraordinaire de peindre toutes nos sensations en rose, de mettre du velours sur toutes les situations, mais gare ! coquin ! de nous faire aussi oublier notre chemin d’évolution.

Si nous considérons que le but de la vie est notre seule et propre évolution, pour peu qu’elle ait un but bien sûr, alors le risque est grand que nous nous comportions comme un ballon fou gonflé d’hélium, libéré de ses amarres.

Par ma seule et très modeste expérience, je pourrais presque affirmer que l’« amour-quantique » (puisque le vocabulaire ne m’offre pas d’autre mot pour le désigner) est offert aux personnes de « bonne volonté »  ou à fort potentiel, quel que soit l’âge, sans pour autant devenir allié de la philosophie.

Je m’en explique : il y a schématiquement deux positions face à la vie.

La première : je vis, je mange et je respire pour parcourir une ligne droite de la vie à la mort.

Mes douleurs comme mes bonheurs sont inhérents à mon chemin de vie et je les subis avec rancune ou indifférence selon que je me sente bien ou dans l’inconfort.

Dans la seconde, je suis acteur et réalisateur : cette vie que j’ai à vivre, qui m’est propre et m’appartient vraiment au regard des sept milliards que j’aurais pu choisir, dans la mesure et l’acceptation où je l’ai choisie, me serre de fil conducteur à la finalité de l’acquisition d’un maximum de sagesse (bien qu’il ne s’agisse pas là d’un défit ou d’une compétition, mais d’un délicieux bien-être qui ne s’installe pas sans réflexion).

Le piège de l’amour-laser est de nous éloigner du sens de la vie plutôt qu’il nous serve de tremplin comme le fait l’ « amour-quantique ».

Dans la gestuelle, qui parlera au moins à une personne, dans le cas présent très chère à mon cœur, je referme mes bras autour de cet amour, alors que j’avais à les ouvrir de la plus grande envergure possible, pour y englober ce que j’ai de plus précieux :

…………. ?     réponse en bas de page 2)

1) Blaise Pascal 1623 – 1662

2) ma vie  !

Le poids de l’âme

Qu’est-ce qui fait que certains chemins de vie ressemblent à des manteaux de plomb, alors que d’autres se retrouvent avec un voile de duvet ?

Si chacun n’avait sa part d’ « évolution », l’éducation parentale amènerait tous les enfants d’une même fratrie aux mêmes résultats, soit à construire des personnalités au caractère, au mode de fonctionner en toute circonstance, voire au destin identiques.

Nous en sommes bien loin.

Nous retrouvons un maximum de points communs chez certains jumeaux monozygotes, mais il reste encore et malgré les ressemblances les plus sensibles des destinées différentes. Pourtant, l’éducation parentale dans ce cas présent peut être la plus similaire qui soit. Quoique … demandez à la maman de reconnaître son enfant jumeau, elle répondra sans se tromper dans la majorité des cas, si elle se fie à son ressenti plutôt qu’à sa vision.

A la première seconde de vie du nourrisson, peut-être avant, pendant la vie fœtale, il y a comme une forme de contrat entre l’enfant, le père, la mère, qui s’étend ensuite en circonvolutions à la fratrie, la famille, les amis, les collègues, puis à toutes les rencontres (et même au-delà, qui sait ?)

Ce contrat induit que l’enfant conduira ses parents à une certaine attitude face à lui, qu’ils n’auront pas face à un frère ou à une sœur, leur apportant un apprentissage récurrent presque incontournable.

Dans la même dynamique inversée, l’attitude particulière du parent portera l’enfant à sa seule réalité, avec ses propres perceptions.

Cette alchimie mise en place conduira à sept milliards de résultats différents.

Se greffe ensuite la destinée propre à chacun-e.

Pourquoi tel humain souffrira-t-il mille maux alors que tel autre traversera la vie sans égratignure ?!

La notion de karma appartenant aux cultures orientales apporte une réponse plausible (l’âme qui se réincarne plusieurs fois se voit punie ou récompensée pour ses action lors de vies antérieures).

Cette notion tout à fait respectable est peut-être une vérité. Mais elle ne laisse aucune place au libre-arbitre.

Puisque je n’ai aucun souvenir de mes vies passées, il me semble payer pour les bêtises commises par un inconnu. Pour rattraper une erreur, encore faut-il en prendre conscience. Alors pourquoi revenir amnésique ?

Cette pensée de karma pourrait apporter une solution beaucoup plus subtile : je suis né-e dans la caste des « intouchables ». Mon sort n’est guère plus enviable que celui d’un insecte rampant. Ma personnalité très docile et ma programmation sociétale me guident dans une vie linéaire à laquelle je ne chercherai pas à échapper. Je traverserai la vie épaules courbées et yeux baissés dans une totale abnégation.

Ceci est schématiquement un exemple concret, peut-être pas tout-à-fait précis, cité avec beaucoup de respect pour cette croyance, pour la compréhension d’une certaine déduction qui n’engage que moi.

La réflexion qui me porte à une forme d’analyse différente prend cette autre vision d’un choix de l’âme : qui que je sois et quel que soit l’endroit où je suis né-e, j’ai pour mission de « transformer » le monde et de me transformer.

Mes échecs et mes écueils sont le résultat de mon manque de discernement. Comme un mouvement accompli en souplesse et en conscience se pare de grâce, mon attitude à me « fondre » dans les données de ma vie m’amène à la fluidité.

L’acceptation de ce qui est me centre dans ma vie. La quiétude me conforte dans mes réflexions.

J’accueille toutes les expériences sans jugement, avec cette seule notion de ne pas perdre la finalité.

Nous sommes tous interconnectés. Ce qui déchire ma trame lorsque je fonctionne en vase clos dans la résignation stérile, avec cette notion de karma inéluctable, résonne à l’infini. Alors que ce qui nourrit ma trame et la construit amorce cette fluidité qui manque cruellement au monde.

Dans ce sentiment d’individualité et d’unicité, j’accepte chaque choix comme une mission ayant pour but de me tenir en éveil et d’éveiller le Tout.

Je ne suis plus passif-ve mais actif-ve en toute forme.

J’honore mon contrat comme le chêne, le lion ou la souris.

L’odeur de la peur

Nos émotions influencent notre organisme, qu’on en ait conscience ou non.

Chacun a déjà fait l’expérience face à un chien inconnu. L’ignorer du regard n’affecte en rien son ressenti envers nous. Une personne totalement en confiance ne courra aucun risque, à moins que l’animal ne soit maladivement agressif.

Quant à une personne ayant eu une mauvaise expérience avec un chien, souvent dans la petite enfance, mais expérience à jamais gravée dans ses cellules, celle-là aura un sentiment de crainte immédiat, traduit par un imperceptible pincement au creux du plexus.

Cette personne va ralentir le pas pour retarder la confrontation, peut-être faire un écart, elle va redresser le torse et son regard va se porter loin devant comme pour ignorer l’obstacle, avec une envie certaine que le chien ne s’aperçoive de rien.

Trop tard ! Le chien a perçu la peur avant même que la personne en ait elle-même pris conscience.

Cet énoncé pour comprendre que nos émotions se traduisent par une réaction chimique imperceptible de notre corps, dont nous ne nous apercevons pas toujours. Mais le chien, lui, a senti l’odeur de la peur.

Tous les peuples guerriers ont ces mêmes réflexes du corps : tête rentrée dans les épaules, muscles bandés, poings fermés, regard noir dans une attitude d’agressivité faite pour impressionner et prévenir l’autre de l’intention de prise de pouvoir.

À l’inverse, les peuples pacifiques gardent la souplesse du corps, la tranquillité du souffle, la bonté, la sagesse et la douceur du regard.

Tout est fait sous notre culture pour nous soumettre à la peur : peur du lendemain, peur de l’autre, peur de se mal nourrir, peur de l’économie, peur de vieillir, peur de la maladie, etc.

Bien sage celui-celle qui peut rester serein-e face à un écran d’ordinateur ou de télévision, ou à toute forme de médiatisation.

Il serait pourtant peut-être temps, enfin ! d’ouvrir les yeux et notre discernement sur cette volonté évidente de nous instiller la peur à des fins de domination.

De même face à ce brave toutou que nous ne connaissions pas, mais qui a fait vibrer notre corps de mille pulsations électriques et chimiques, de même l’information extérieure va immanquablement produire des réactions dans notre pensée transmises à notre système hormonal mis à rude épreuve.

S’ensuivront une cascade de maux que nous attribuerons à la fatalité : baisse du système immunitaire, baisse du moral, perte d’envies (d’en vie?), etc.

STOP  !

Où est-il notre petit grain de moutarde* préconisé par les livres religieux ?

La plupart d’entre nous bénéficions tous du confort matériel minimum : vêtements chauds ou légers, nourriture, …, téléphones portables, projets de vacances ! (les deux derniers sont ironiques bien évidemment)

Les jours passent, et les saisons, et notre vie, et nous passons à côté d’elle : la vie !

Retrouvons les plaisirs simples et les joies enfantines, alors que notre programme « inquiétudes » n’était pas encore formaté. Tout ce qui est de l’ordre de la nature, l’amitié, l’amour, l’humour, la confiance nous y conduit (liste non exhaustive).

Reprenons les rênes de nos émotions avec courage et volonté :

« Hé ! Touche pas à ma joie ! »

Si vous aviez la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : transporte-toi d’ici là, et elle se transporterait ; rien ne vous serait impossible. Matthieu 17.20

La Chine produit des Chinois, l’Angleterre des Anglais

(Si la Chine produit des Chinois et l’Angleterre des Anglais, il doit bien y avoir quelque raison) * 1)

Même si la tolérance est la base essentielle et incontournable de la paix, il est utopique de penser pouvoir gommer toutes les différences par la simple volonté, voire une volonté extérieure prétendue supérieure.

Depuis moult générations, nos cellules portent en elles les mémoires ancestrales de nos ascendants.

Quel que soit l’endroit du monde où nous naissons, nos premières stimulations sont celles de notre culture familiale.

Les premiers sons émis par les bébés occidentaux sont souvent (mais ce n’est pas une règle absolue) les « areu » entendus et reconnus par une majorité d’adultes attendris. Les bébés asiatiques produisent une autre mélodie. Il serait intéressant de comparer cette toute première vocalisation des petits de toutes les nations.

Les mamans apprennent involontairement à l’enfant, déjà in-utéro, les saveurs de ce qu’elle ingère, les sons des musiques qu’elles écoutent ; les odeurs imprègnent leurs sens de sentiments que l’enfant perçoit ; les intonations de la langue maternelle parviennent au cerveau du fœtus, puis du bébé, alors que ses circuits neuronaux sont en pleine construction.

Mis au monde, l’enfant est pénétré par son histoire familiale et nationale. Ses pensées sont conditionnées par ses parents, ses proches, ses enseignants et tout un mode culturel aussi vaste qu’il y a d’humains sur terre.

Convaincu que « son » mode culturel est le seul juste, le dictateur conduit par la parole au génocide. 2)

Effrayant et subjuguant pouvoir de la parole ! 3)

Qui n’a pas eu une petite montée d’émotion en entendant l’hymne national qui lui est propre (environ trois minutes d’une mélodie composée par un seul être et choisie par des millions) ou n’est pas fier-ère des couleurs de son drapeau, prêt-e à les défendre en une seconde ?

Un ou deux stimuli et nous voilà proches d’une transe collective produite par la programmation lointaine de notre cerveau. L’aspect positif du revers de cette médaille, et j’en suis à peu près convaincue, c’est que pendant l’écoute de ces notes de musique, nous parvenons, plus ou moins, enfin !  à interdire la progression de notre pensée.

Les multiculturels-elles (et j’en suis pour trois nations) vibrent à chacune des stimulations qui lui sont propres autant de fois qu’il y a de « racines ». Pour ma part, peut-être avec moins de passion car je suis une femme … ! et ma priorité génétique est ma cellule familiale avant la nationale.

J’énonce volontairement ma différence de genre afin de faire monter au créneau certains persuadés de pouvoir faire fi de nos différences naturelles et génétiques.

Culture et nature, il suffit de s’intéresser un tant soit peu au fonctionnement des deux lobes de notre cerveau, perçu comme l’ordinateur central et décideur incontournable de ma petite personne, pour comprendre que nos différences sont une richesse et non pas une tare !

* Salvador de Madariaga :
1) Préface de « Anglais, Français, Espagnols » Gallimard, Paris, 1930
Conclusion du même livre de M. De Madariaga : « La variété admirable des caractères nationaux dont le monde fait preuve est l’une des manifestations de la richesse spirituelle de la Création. Comme donc, les hommes doivent au Créateur de la respecter en tant que spectacle, ils se doivent à eux-mêmes d’en jouir avec intelligence. »
2) « Le langage fut donné aux hommes, comme on l’a dit, pour mentir »
Lucien Israël « Cerveau droit Cerveau gauche » Plon – 1995
3) « Le verbe contre la barbarie – Apprendre à nos enfants à vivre ensemble »
Alain Bentolila – Odile Jacob – 2007

C’était le paradis et je ne le savais pas

C’est l’hiver, le mois de janvier. Il fait froid, le temps est bas et les feuilles mortes volent autour de nous.

Maman a offert à papa une tronçonneuse, reçue en avance pour la St-Valentin. « Valentine » est rouge, brillante, toute neuve. Elle démarre au quart de tour dans les mains de papa.

Je dépose les bouts de bois et les fais avancer sur le tréteau pendant que papa actionne méthodiquement et précautionneusement « Valentine », tous les trente-trois centimètres.

Nous sommes face à face tous les deux.

Un espace-temps s’ouvre : nous ne ressentons plus ni le froid, ni le vent, ni les heures qui s’écoulent. Nos regards et nos sourires se fondent l’un dans l’autre comme la scie dans le bois qui paraît tendre.

Les mots ont perdu leur importance.

C’était le paradis et je ne le savais pas.

Le 22 février, papa mourrait d’un brutal et dévastateur accident cardiaque.

Nous avons tous dans nos boîtes à souvenirs de ces instants merveilleux gravés à jamais dans nos mémoires. Pas de flon-flons, pas de tapis rouges ni de trompettes. Un banal et insignifiant instant du quotidien, qui retient notre attention un peu, mais pas trop.

Et puis le temps s’écoule sur cet instant, le libérant de toutes les scories du « normal somme toute » et nous nous apercevons (trop tard?) que c’était un instant de paradis.

Instinctivement ou par hasard, la vie m’a amenée à découvrir un cadeau merveilleux : « le pouvoir du moment présent »*. Un livre qui me tombe dans les mains et ne quitte plus mon chevet depuis des lustres. Une pensée qui s’insinue et prend vie dans mon esprit. Une habitude qui s’installe pas à pas, sans réel grand effort, il me semble.

De même, mon amie Angélique, coach sportive, a ouvert des grands yeux étonnés quand je lui ai soumis mon idée de courir avec son aide pour me faire (refaire) une santé :

– Tu veux courir !!? … Depuis combien de temps n’as-tu pas couru ? Dix ans ? Vingt ans ? Ne cherche pas à courir, marche tout d’abord. Régulièrement, à ton rythme, doucement, sans forcer pour ne pas te décourager. Une fois par semaine, ou deux fois, puis trois, comme tu le ressens, jamais plus.

De même, l’habitude s’est installée sans peine.

Sans le savoir, j’ai mis en pratique une saine habitude comme si j’avais anticipé les sages conseils de mon amie.

Cette idée de « moment présent » m’a vraiment interpellée. Mais comme un drap de soie glisse au pied du lit, dix fois, cent fois, mille fois, dix fois, cent fois, mille fois il m’a fallu aller le rechercher ce moment présent et tirer dessus pour m’y lover dans un bonheur indescriptible, torturée et apeurée inutilement que j’étais, sur mon matelas de passé et futur.

Pas à pas, un instant après l’autre, je l’ai attrapé « mon moment présent », à bras-le-coeur.

Sans effort, sans m’essouffler, sans me décourager, avec une infinie patience pour mes « rechutes », j’ai trouvé le chemin, mon chemin.

Là maintenant, à chacun des instants extraordinaires (mais pas tant que ça penseriez-vous) qu’il m’est donné de vivre et il y en a de plus en plus, à chacun de ces instants qui peuvent paraître banals, mes regards, intérieur et extérieur, sourient et la Lumière s’allume :

c’est le paradis, mais maintenant je le sais !

* Le pouvoir du moment présent – Eckart Tolle

Comme s’il y avait un peu de craie dans l’encrier*

Par l’annihilation d’un mot dans le vocabulaire, il semble que l’on puisse bouleverser toutes les règles.

Le déni agit comme une gomme : plus de petite fille ou de petit garçon, juste un petit humain.

– Tu veux être qui aujourd’hui, mon ange ? Tu veux ton pantalon rose ou ta jupe bleue ?

Idem pour les origines géographiques : plus de race noire, rouge, jaune, verte. En supprimant le mot « race » de la langue française, tous ou toutes (ha ! non ! plus de genre on a dit !) enfin, « bidules » deviennent identiques… aux autres.

Je suis un humain asexué, qui peut s’unir à un autre humain asexué, et nous pouvons bâtir une famille en achetant des bébés éprouvettes au supermarché du coin !

Autant dire, il n’y a plus ni jour ni nuit, ni été ni hiver. Dans le déni des règles naturelles, il y a une forte volonté d’aplanir toutes les différences sociales, humaines, déontologiques, etc., édictée par ceux qui se veulent le dessus du panier, et plus fermement attachés à leurs valeurs qu’un naufragé du Titanic à sa bouée de sauvetage.

Mais enfin ! Où nous conduisent ces inepties ?!

Quelle est cette volonté politique insensée ?!

Dans un livre religieux, que les lecteurs dudit livre reconnaîtront, il est dit :
« Au commencement, il y eût le verbe ».

Si tant est que l’on adhère à l’idée de Dieu, ou d’une énergie créatrice selon nos convictions, il est aisé de comprendre qu’un objet existe par son nom : si je vous dis « chaise » cela ne vous renvoie pas à un truc énorme avec deux grandes oreilles et une trompe. De même une situation, une émotion, un sentiment… etc. tout ce qui se nomme porte en lui son concept.

Ôter, rayer, gommer, ignorer, interdire un mot n’annule en rien son existence.

Je ne suis plus une femme, je suis. Pourtant, si je baisse mon regard, je vois une différence importante avec mon mari.

J’ai envie de devenir … ? maçon, tiens ! J’éprouve une fascination pour ces bâtisseurs du monde ! Mais là où le collègue soulèvera cinquante kilos sans faiblir, ma musculature d’androgyne sera-t-elle capable d’autant ?

Je comprends bien qu’il pourrait y avoir un but très noble derrière cette idée de polissage.

Mais comme elle paraît irréaliste face au naturel capable de générer un typhon, ou de soulever un tsunami gigantesque, alors que nous, petits humains, avons juste un cerveau capable de manipuler les atomes et les virus, donc des concepts existants.

Ne serait-il pas plus simple de prendre le problème à la source, que chacun apprenne ou retrouve le respect de l’autre ?

Je suis un homme-une femme, mais je te respecte, toi, la femme-l’homme, car tu es le pendant de mon équilibre.

Tu es né-e sous un soleil de plomb et la nature t’a offert une protection naturelle par un épiderme foncé, comme tu es beau-belle, aussi belle-beau que moi, née sur la banquise, avec ma peau blanche comme neige.

Ta vie privée t’appartient. Tes goûts vestimentaires comme sexuels font de toi cet être unique qui n’a à rendre de comptes qu’à sa propre conscience.

Tes rides ou ta douce peau de bébé éveillent en moi le même respect pour cet humain que tu es, de ton premier à ton dernier souffle, de même ces poils et ces plumes recouvrent la même énergie de vie qui me permet de penser, respirer, expérimenter la planète Terre.

Tout ce qui vit en moi coule en toi, en lui, en elle, puissance sept milliards, plus tout le reste.

Tout ce qui vit en elle et par elle, ma mère la Terre, fait que je peux être moi.

Plus d’eau, plus de nourriture ou plus d’oxygène et pffft ! plus de Claudine, mais de vous non plus là-haut, les décideurs.

Alors réapprenons un seul mot s’il en est un pour sauver le monde :

respect
respect
respect !

Je te respecte dans tes différences pour qui tu es, sans condition.

Respecte-moi dans mes différences pour qui je suis, sans condition.

* Chanson interprétée par Catherine Lara, paroles de Daniel Boublil

La communication non verbale

Cette terrible histoire est malheureusement bien réelle et porte à la réflexion de plusieurs sujets.

Je me permets de vous la raconter car la fin est heureuse et elle ouvre un extraordinaire champ de possibles et d’observations.

Un paysan a enterré vivants cinq chatons sous le regard de la mère qui observait du haut d’un arbre. Son terrible méfait accompli, il est retourné à ses occupations sans état d’âme (1).

La chatte s’empressa de voler au secours de ses petits et tenta de creuser la terre de ses petites pattes inadaptées à ce travail de terrassier (2).

Elle bondit alors auprès du chien de ferme (3) paisiblement endormi devant sa niche et par quel miracle celui-ci comprit qu’elle avait besoin d’aide ?! Ses grosses pattes eurent tôt fait de ramener les chatons à l’air libre et aux bons soins de leur maman. Par chance, les cinq petits étaient encore vivants. Après les avoir ragaillardis à grand coup de langue, la chatte les a ramenés un par un dans le nid (4).

Le fermier leur laissa alors la vie sauve, sans doute dans un élan de compassion et une étincelle de conscience (5).

La personne narratrice de ce fait divers est un jeune commis de ferme (6) qui observa la scène jusqu’à son heureuse issue. Gageons que ce jeune homme, s’il devient exploitant agricole, trouvera une autre solution plus humaine pour ne pas voir son domaine envahi de chats.

La question principale de ce récit est :

« comment la chatte est-elle parvenue à faire comprendre son problème au chien afin qu’il quitte sa sieste au soleil et se porte à son secours ?! »

Y a-t-il plus bel exemple que la communication non verbale existe ? Et si les cerveaux d’une chatte et d’un chien peuvent être télépathes, pourquoi un cerveau humain ne le serait-il pas aussi ?

Qui n’a jamais pensé à un ami perdu de vue et que cet ami téléphone dans les minutes qui suivent ? Ou qu’il survienne dans un jour proche ?

Tous ces actes qui paraissent anodins nous ouvrent des petites portes sur une probable réalité gigantesque : nos pensées ont une portée insoupçonnée. En prendre conscience reviendrait à changer l’ordre du monde.

Si j’envoie une pensée d’amour à telle personne, se pourrait-il qu’elle le ressente inconsciemment ? si j’envoie une pensée de colère ou de mépris la recevra-t-elle alors également ?

Tous les faits rapportés par les médias engagent notre jugement « bourreau-victime » (serait-ce un but caché ?). Impossible à notre pensée de rester neutre. Une pensée de haine, de colère voire de révolte, s’envole alors vers une personne ou tout un peuple.

Et si cette pensée, et si toutes nos pensées identiques se réunissaient comme une onde électromagnétique et allaient amplifier l’agressivité du-des bourreau-x ?

Et si la pensée d’injustice envers la-les victime-s se muait en confiance inconditionnelle envers sa-leur capacité de résilience ?

Et si nous parvenions à un sentiment de compassion exempt de tout jugement envers une situation donnée, qui serait comme un baume apaisant sur une brûlure…

Quels changements surviendraient alors ?!

(1) Quel niveau de conscience peut permettre un tel acte exempt de pitié ?
(2) Merveilleux instinct maternel qui protège la vie à tout prix.
(3) « S’entendre comme chien et chat » : bel exemple de deux préjugés ennemis qui deviennent complices.
(4) Absence totale de rancune et de préméditation des animaux.
(5) « La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher mais qu’on ne peut jamais éteindre » Nelson Mandela. Ce fermier a agit certainement comme ont procédé les générations avant lui, sans réelle méchanceté, juste de la bêtise.
(6) La sagesse ne vient pas toujours avec la maturité. Quelles peurs ont empêché ce jeune homme de se mettre en travers des desseins de fermier ? Son jeune âge ? Sa position sociale ? La peur de perdre son emploi ?

Ce qui me construit perdure et s’amplifie … ce qui me détruit aussi.

Toute personne en phase avec ses ressentis peut en témoigner : commencez par choisir une nourriture « vivante », portez des vêtements en fibres naturelles ou ressentez le besoin quasi quotidien de vous oxygéner en pleine forêt et coupez-vous de ces petits bonheurs à priori bien innocents.*

Très vite, votre estomac se contractera à la seule ingestion d’un produit industriel, vous vous sentirez vêtu-e d’un sachet plastique dans un vêtement synthétique ou tout votre être criera son mal-être de ne pouvoir se ressourcer en pleine nature.

La question est : est-ce que mes bonnes habitudes vont tenir la route ?

Tout fumeur repenti le sait : s’il rallume une seule cigarette, c’est le paquet tout entier qui va y passer. De même pour un verre de boisson alcoolisée ou n’importe quel autre comportement addictif. Notre cerveau est ainsi programmé : si la zone « récompense » est à peine sollicitée, c’est un tsunami qui s’y engouffre.

A moins de …

A moins d’être très à l’écoute de ce que mes cellules me disent. Sans savoir que je mettais le pied sur un chemin ascensionnel, j’ai oublié les rayons des supermarchés pour les étals des maraîchers, j’ai choisi inconsciemment des vêtements de coton, je n’ai plus pris garde aux informations visuelles ou sur papier, émerveillée et toute entière absorbée par la magie des cycles de la nature : le lever du soleil, la rosée sur les brins d’herbe, une nuit étoilée, le chant d’un merle aux premières lueurs du jour, la naissance d’une pomme, la transformation d’une tomate qui vire du vert au rouge, un oeuf d’où sort un « cui-cui » un jour avant l’éclosion, toute une kyrielle d’observations plus extraordinaires les unes que les autres et qui font mes journées bien trop courtes.

Ouvrir une page de faits divers revient alors pour moi à sauter dans une piscine « d’eau morte » après un bain en rivière. Si je mange un produit industriel, mon estomac se ferme et je me tortille comme si j’avais à digérer un caillou. Une personne avec laquelle j’échangeais à ce propos m’a fait cette remarque « c’est étrange, pourtant, car deux heures après on a de nouveau faim ».

Heureux les estomacs qui engloutissent tout sans effets secondaires ?! Pas si sûre ! …

Le sentiment de satiété quand on a l’estomac plein de n’importe quoi arrive après vingt minutes. Mais ce qui nous construit de manière microscopique, les vitamines, les acides aminés, les oligoéléments (et j’en passe d’aussi importants), tout un petit peuple autre que les protéines, glucides et lipides discernables à l’œil nu, sont exempts de tous les plats préparés, surtout conditionnés par des machines ou des mains complètement stressées.

Se couper de nos ressentis nous conduit droit dans un mur à plus ou moins longue échéance.

Par respect pour ce corps merveilleux qu’il m’a été donné d’habiter, sans lequel je ne serais que pur esprit (… ou quoi d’autre à votre avis !? Néant dites-vous ?! Tss, tss, mais alors qui pense et qui rêve ? … ), je veille à son bon fonctionnement en étant très à l’écoute de ce qu’il me dit.

Pour être très attentif-ve à ses murmures et éviter qu’il ne crie pour se faire entendre, j’ai aussi à faire taire ce petit vélo qui est mon ego et qui pédale dans ma tête à toute vitesse, comme un insecte pris dans une lampe cherche une issue de secours.

Il peut sembler que l’un suffise sans l’autre : un esprit apaisé ou une nourriture saine, trois pas de course en guise de sport ou une pomme en lieu et place d’une viennoiserie, et me voilà en paix face à ma bonne conscience.

C’est sans compter sur la complexité de tout ce qui constitue mon modeste petit moi, qui s’avère en fait être un magnifique prototype dont je suis le-la micro mécanicien-ne.

Prendre le recul nécessaire pour observer l’effet d’un aliment, d’une pensée, d’une attitude, d’une information, sur mon organisme n’est peut-être pas du possible de tout un chacun, et pourtant, une seule fois suffit, un tout petit premier pas, et déjà je ne peux plus faire la sourde oreille : me voilà ami-e à vie avec moi.

Impossible de reculer sans une réaction de ce nouvel ami !

* comme si une main bienveillante nous regardait évoluer et nous remettait sur le bon chemin tout en douceur.

Je suis une fée … un enchanteur

Quand on a tellement souffert, quel que soit l’âge, au point que la seule idée de la mort apparaît bien plus douce que la vie, et qu’on a réussi à sortir la tête hors de l’eau, chaque petit moment de bonheur prend une saveur incomparable.

Si on nous annonçait aujourd’hui :

– Demain, dans quelques jours, vous allez perdre la vue.

ou

– Demain, dans quelques jours, vous allez perdre l’ouïe.

Quelle serait ma réaction ?

Quelle serait votre réaction ?

Tout comme moi, auriez-vous une boulimie inextinguible de vous imprégner d’un maximum de beauté, de couleurs, ou de mélodies, de sons, de bruissements et de gazouillis pour l’ouïe ?!

Personnellement, je ne joue pas à : « comme si … ».

Mon expérience merveilleuse m’a prouvé la puissance de la pensée : chaque pensée est créatrice.

Jouer à « comme si je devais perdre la vue » ou à « comme si je devais perdre le bonheur » revient pour moi à mettre en place toutes les conditions pour attirer un manque de quelque chose.

Par contre, jouer aux petits miracles me sied bien mieux  :

« Je ne voyais pas bien. Une baguette magique a amplifié ma vue »

« Je n’entendais pas bien. Une fée a caressé mes cheveux et maintenant j’entends des sons merveilleux »

« Je trouvais ma vie un peu « fadasse » mais tout à coup chaque petit bonheur se transforme en diamant et illumine toutes mes journées ! »

J’entrouvre un œil, la lune toute ronde me souhaite le bonjour dans son halo de princesse.

La pluie tintinnabule sur mes carreaux et le son cristallin joue une mélodie toujours nouvelle. Mes pieds glissent de ma couette bien chaude à mes pantoufles toutes douces. J’étire mes bras de chaque côté de mon corps et je me ressens papillon déployant ses ailes pour quelques secondes.

Mon estomac gronde doucement sa faim. Rien que l’idée de mon petit déjeuner me donne l’eau à la bouche.

Je découvre la félicité d’un chat doucement alangui au coin du feu qui s’étire et s’en va d’un pas indolent tremper ses moustaches dans un bol de lait.

Chaque sens à l’affût, tout devient perles et diamants, chargé à son maximum de la puissance du moment présent.

Un souci demande mon attention ?! J’y consacre l’instant nécessaire à l’étudier sous toutes ses faces et je cherche comment mettre en place la solution la mieux adaptée. Ensuite, je me replonge dans la félicité de mes sens et la seule réalité du moment présent, confiante en mes capacités et en la vie.

S’il me faut me mettre en route, je ferai un pas, puis un autre, et encore un autre. J’ai le choix de ma liberté d’agir ou non, j’ai aussi la conscience que mes choix bâtissent mon chemin.

Mes sens deviennent les baguettes magiques qui me rendent fée … ou enchanteur * .

* désolée, madame Pompili et monsieur Peillon, qui luttez pour la loi du genre .

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme (Antoine Laurent de Lavoisier 1743 – 1794)

(Le 10 septembre 2013 – 4h30 du matin)
– Si j’étais toi, j’essayerais de sauver la planète !

– … ? ! ? ! …  (mais qui parle ? )

– Si j’étais toi, j’essayerais de sauver la planète !

– … ? ! ? ! … oui, mais comment ?!

– Commence par te sauver toi-même

– Me sauver moi-même !!! … et comment je fais ça !?

– Fuis le négativisme. Je ne sais pas qui a dit : « il vaut mieux mettre des pantoufles que de vouloir mettre de la moquette sur la terre entière. »

Mettre des pantoufles, c’est commencer par changer soi-même. C’est prendre conscience de la haine qui germe en son cœur et ne pas la laisser permuter en colère et en agressivité. Toute pensée génère une action. Rien ne se perd, rien ne se crée.

La pensée que tu crois avoir générée dans la solitude de ton cerveau est peut-être née de toi. Elle est peut-être née d’ailleurs et tu as capté sa charge négative.

Quoi qu’il en soit, il t’appartient de ne pas la laisser se saisir de toute ta personne, de ne pas la faire vivre par tes cellules.

Mettre des pantoufles, c’est aussi savoir t’entourer de douceur et de petits moments de joie, jusqu’à percevoir l’essence du bonheur.

Vouloir mettre de la moquette sur la terre entière, c’est vouloir aplanir tous les conflits, c’est vouloir annihiler toutes les guerres de pouvoir.

La haine et l’agressivité surviennent d’une part de l’incompréhension ou d’une trop grande souffrance, et d’autre part de vouloir voir l’autre ou les autres se soumettre à notre seule vision du monde.

Chacun a à vivre l’éveil de sa seule conscience.

Mettre des pantoufles, c’est reconnaître ses manques, ses souffrances, ses faiblesses et les accepter sans jugement. C’est aussi reconnaître ses qualités et le caractère unique de chacun. C’est comprendre que nos différences sont notre force, la preuve de notre origine divine, au même titre qu’aucun flocon de neige ne ressemble à un autre flocon de neige. Quel géomètre fabuleux serait capable d’une telle prouesse : dessiner sept milliards de flocons différents ?

Seul l’humain a cette volonté de faire plier l’autre à son image, à ses normes, à ses critères.
L’animal a deux priorités : se nourrir et procréer. S’il mesure sa force à ses congénères, c’est pour l’une ou pour l’autre, toujours dans l’unique but de la survie de son espèce. Le plus fort pérennise ses gènes et renforce sa race. Il ne cherche pas à ce que telle couleur de poil ou de plume domine, ni à contraindre ses semblables à son rythme ou à sa façon d’être lui.

L’humain a la malchance d’avoir un cerveau qui réfléchit et de ne pas savoir qu’il peut le conditionner à la paix absolue.

Se regarder penser n’est pas du nombrilisme, mais une saine habitude à adopter. C’est dénicher les travers qui vont nous faire glisser sur des peaux de banane et reprendre en main la direction de notre mental.

Mettre des pantoufles, c’est aussi ne plus vouloir se laisser conditionner par les médias de tout ordre qui cherchent à nous vendre du stress.

C’est ne plus être dupes et fermer ses écoutilles aux vagues de malheur contre lesquelles nous n’avons aucun poids.

Retrouver la douceur pour soi et en soi permet d’envoyer de l’Amour sur toute situation, connue ou inconnue, c’est se saisir de la seule « arme » qui peut modifier l’ordre du monde : la compassion inconditionnelle.