Tout donner, ne rien attendre … et tout recevoir !

Tout donner :

Il ne nous est pas demandé de déshabiller Paul pour habiller Pierre, encore moins de faire « à la place de ».

Notre naissance résulte du choix de notre âme. Un enfant n’a pas choisi sciemment, dans son incarnation sur Terre, de naître nanti ou miséreux. Il est des nantis dont la vie est un enfer et des « miséreux » éclatants de bonheur. Il est peut-être temps d’admettre que les biens matériels ne sont pas synonymes ni garantie de joie éternelle. Tout réside dans notre pensée : nous pouvons nous torturer les méninges à l’idée rémanente de toujours tout perdre, de même au bas de l’échelle matérielle, crever de jalousie à l’envie de gadgets électroniques au point d’oublier la nature luxuriante qui nous nourrit, nous abreuve et veille à notre nécessaire vital. Combien de tribus éloignées de toute civilisation vivaient parfaitement heureuses en autarcie, avant que l’homme « moderne » ne vienne répandre sa propre notion du bonheur ?

Une conscience éveillée ne peut plus capitaliser et thésauriser sans notion de partage. Je ne parle pas de personnalités connues qui s’investissent dans des œuvres charitables à des fins publicitaires et mercantiles* ; pourvu qu’elles soient vues ! Sans jugement, nous les laissons face à elles-mêmes.

Je connais des réussites professionnelles grandes ou petites, qui amènent à un altruisme exceptionnel : il n’y a plus la seule idée de rendement au rouleau compresseur (qui écrase tout et tous sur son passage), mais qui se construit dans le respect mutuel du travail consciencieux, dans l’échange d’idées, la répartition des gains et l’investissement dans des « constructions » nobles et humanitaires (nul besoin d’aller construire une école à l’autre bout du monde si je ne sais pas porter secours à mon voisin âgé, soulagé que je lui porte ses courses sur la hauteur de trois marches !)

La tendance et le piège également est de vouloir porter secours à qui ne demande rien. Est-ce pour me donner bonne conscience que j’agis ainsi ? N’ai-je pas tout d’abord et prioritairement à faire mon chemin avant de vouloir faire celui des autres ?

Le second piège justement est que l’autre attende que je fasse à sa place. Il se positionne en victime afin d’éveiller ma compassion, voire ma pitié, mais ne désire surtout pas que je lui « apprenne à pêcher ».

Aider vraiment n’est pas du ressort de tout le monde, si cette aide a un autre but caché que la seule idée de hisser l’autre à la joie de vivre.

Tout donner, c’est aussi donner son pardon. Encore une fois, il ne nous est pas demander de serrer sur notre cœur celui-celle qui vient de planter un poignard dans notre dos.

Donner son pardon c’est chercher à comprendre quelle souffrance, souvent logée dans la plus tendre enfance, a conduit à tel comportement ?!

Donner son pardon c’est ne pas alimenter l’agressivité, à petite ou grande échelle, en jugeant et étiquetant tel comportement qui nous échappe.

L’agressivité prend racine dans mon cœur et mes pensées. Qui peut m’assurer que la paix pourrait et devrait se répandre si je ne peux même pas l’installer en moi ? Est-ce que ma quiétude peut changer l’ordre du monde ?! …

Je ne porte plus que la seule responsabilité de ma propre vie, et ce n’est déjà pas une mince affaire … . Je fais pour moi ce que j’aimerais voir arriver pour l’autre. N’y a-t-il pas dans le seul exemple toute la promesse du changement ?!

Comment remplir d’autres verres si le mien est vide ? S’il y a un champ de batailles dans mes pensées ? une culture d’épines dans mon cœur ?!

Quand j’aurai amené la lumière sur ma vie, je pourrai apporter la lumière sur la vie.

Cela conduit à :
ne rien attendre

Tout ce que je fais, c’est pour moi que je le fais. Si je tends la main, c’est pour la joie que cela m’apporte. Si je passe le relais, c’est parce que j’ai pris conscience que la vie m’en tend régulièrement. Je n’avais pu, jusqu’alors, les saisir, endormi-e que j’étais. Maintenant je sais.

Je vois le bonheur rejaillir autour de moi. Quelle plus grande joie, quand on aime, de voir l’être (ou les êtres) aimé-s heureux ?

Ma sérénité se répand comme des ronds à la surface de l’eau. Mes tout proches en sont les premiers bénéficiaires.

Je n’attends plus ni merci, ni reconnaissance de l’autre ou de la vie.

Ce que je fais, je le fais sans attente aucune. Cela est, point ! L’instant nécessitait telle action.

Pas d’attente, pas de regret, pas de remord, ni de gloire encore moins.

… et tout recevoir

Se libérer de toute attente apporte une saveur inouïe à la vie.

Un sourire, une accolade, une attention, des retrouvailles sans langue de vipère :

– ha ! Je te croyais mort-e !

– tu pourrais m’appeler plus souvent ! (mais pourquoi je ne le fais pas moi, si j’ai ce désir de t’entendre?!)

La gratitude envers les tout petits plaisirs de la vie (un coucher de soleil, la rosée sur un pétale, une odeur vivifiante d’ondée … + un milliard d’autres d’exemples au moins ) ouvre la porte à une vague d’émotions inattendues. Chaque rencontre devient une fête, chaque échange un cadeau.

Je suis dans la félicité de ce que porte l’instant présent et il n’est nul bonheur plus grand.

* L’adjectif mercantile est utilisé pour qualifier une activité économique dont le but est d’obtenir un gain d’argent unilatéral au bénéfice d’actionnaires sans fournir une utilité suffisante pour certaines des autres parties prenantes. (source : Wikipedia)

Le cent-unième singe

Connaissez-vous cette histoire, véridique et vérifiable, du cent-unième singe ?

Il y a, sur une île totalement isolée, des singes qui mangent des fruits tombés dans le sable.

Un jour, un singe a cette idée extraordinaire de prendre le fruit et d’aller le laver dans l’eau de mer afin de le rendre plus agréable à manger sans le sable qui colle à la peau.

Ses congénères qui l’observent, imitent alors son comportement, ayant très vite compris l’intérêt de la chose.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Mais, ce qui a tout d’abord interpellé le monde scientifique, pour se répandre comme une traînée de poudre dans la recherche quantique, puis spirituelle, c’est que d’autres singes, sur le continent, sans aucun lien avec l’île en question, se sont mis à imiter ce comportement !

Comment une idée, issue d’un cerveau simiesque, a-t-elle pu traverser l’océan sans support visible, et atteindre la conscience du cerveau des mêmes singes du continent ?

Cette histoire a pour but de démontrer une réalité * : plus nous seront ouverts à la conscience d’une humanité interdépendante et plus nous approchons du point merveilleux que nous souhaitons en majorité, soit voir la paix et l’équilibre en toute chose gagner toute la planète.

Qui sera le cent-unième singe ?!

Impossible ! me direz-vous !

Peut-être … peut-être pas

Le mur de Berlin est tombé sans une seule effusion de sang. Par quel miracle des hommes ont-ils enfin jugé de son inutilité ? N’avez-vous pas été interpellé-e ?!

Pfuit ! On a vu un jour aux informations et dans les journaux la première pierre enlevée dans la liesse générale, puis une autre, et une autre encore. Mais qui a pris la peine d’expliquer par quelles réflexions ce mur de souffrance a-t-il pu tomber ? Qui était le cent-unième décideur qui a réussi à influer le cours de l’Histoire par ce tour de force en douceur ?

Plus fort encore : le régime communiste ! Je suis d’une génération qui a connu et côtoyé d’un œil effrayé ce qui aurait pu gagner la terre entière (quoi que, à l’heure d’aujourd’hui, est-ce qu’on ne retombe pas dans cette folie ? Mais là n’est pas la question).

Donc, cette U.R.S.S., bien en place, qui inquiétait nombre de gouvernements par ses menaces, est soudainement retombée comme un soufflé (ne m’en voulez-pas, s’il vous plaît, historiens, politiciens et puristes de schématiser à l’extrême).

Trop de déséquilibre entraîne une chute irrémédiable, encore une fois, dans une relative douceur (je demande humblement pardon à tous les révolutionnaires, torturés ou morts pour la Liberté, de ne pas les mentionner. Mon cœur et mon âme leur envoient tout la gratitude, la reconnaissance et l’amour dont ils sont capables).

Coucou, là-haut ! Vous qui exploitez à outrance toutes les ressources terrestres, vous qui réduisez à un esclavagisme moderne bon nombre d’humains à des fins matérialistes et de pouvoir, n’avez-vous pas un seul petit frisson de peur à l’idée du basculement qui ne saurait tarder ?

Que vous n’ayez pas une seule petite once de conscience pourrait presque m’impressionner, mais pas au point de vous admirer, loin de là !

Peut-être avez-vous un noble et terrible rôle à jouer, que je ne vous envie certes pas, celui de nous réveiller et de nous serrer enfin les coudes, celui de nous comprendre unis et liés comme les nœuds d’une même trame, et qui revient à cette constatation :

« ce que je te fais, c’est à moi que je le fais ».

S’il vous plaît, si comme moi vous êtes le quatre-vingt-dix-neuvième singe, parlez, témoignez, osez ! afin que ce cent-unième singe fasse enfin basculer nos consciences !

* et une autre réalité aussi : êtes-vous sûr-e et certain-e que vos pensées n’appartiennent qu’à vous … ?!

Pourquoi le côté plat du pain n’a-t-il pas le même goût que la partie bombée ?

Vous êtes-vous déjà posé cette question ?

En avez-vous fait la remarque, tout comme moi ?

Pourquoi, depuis une bonne cinquantaine d’années, je me dépêche de manger la partie plate de ma tartine, pour ensuite me délecter de la partie bombée ?

Ce matin, pour la première fois, je me suis posée calmement en me disant : « attends, Claudine, c’est la même pâte, la même cuisson ! le même pain ! Il ne peut y avoir de différence de goût !? »

Hé bien, si !

La partie qui repose sur la sole du four est plus dense, plus compacte, plus acide. Ce n’est pas un effet de mon imagination.

Par contre, la partie bombée chante sur la langue. La croûte craque et pétille sous la dent. Les bulles aérées par le levain et figées par la chaleur du four à pain sont un pur délice de par leur complexité éthérée… étrange ! C’est le même pain !

Et si il en était de même de la vie ?!
Il y a une partie incontournable faite de contraintes et d’obligations auxquelles on ne peut échapper : s’instruire, grandir, se vêtir, veiller à son hygiène et à son alimentation ; à peu près sept milliards de bases identiques mais toutefois différentes selon la partie du globe où on a été parachuté-e ! …

Rien que cette idée-là laisse songeur-euse, non ?!

Pas vous ?

Il me vient en même temps une grande bouffée de reconnaissance : je sens bon la savonnette car je sors de ma douche ; j’ai sur le dos des habits tout propres et colorés que j’ai pu choisir selon mon humeur ; je pars travailler, certes, mais j’ai la chance inestimable d’adorer faire ce que je fais. Toute la journée, dans mes échanges humains et ce soir, dans mes bouquins, je vais saisir le fil rouge de ma vie qui me fait grandir et qui rend chacun de mes pas de plus en plus facile.

Tout comme pour la partie plate de ma tartine, qui m’a tout de même bien fait saliver, je l’avoue, voilà les bases de ma vie posées.

Et la partie bombée alors ! Qu’en est-elle ?!

Rien que d’y penser, je bois du petit lait …

(Tiens, c’est quoi cette expression ? Est-ce en référence au chat au regard épicurien qui se pourlèche les babines et lustre ses moustaches après avoir bu son bol de petit lait que la fermière vient de lui concéder?!)

MA partie bombée est faite toute d’Amour et de tendresse, de Lumière et de couleurs, de pépiements et de bruissements, de parfums et de goûts, de toucher, de caresses, d’échanges tactiles et invisibles.

MA partie bombée chapeaute mon quotidien comme la chantilly sur une crème glacée, comme la soie sur ma peau, comme le soleil brille, toujours présent, au-dessus des nuages.

Et votre partie bombée, à vous, elle est comment !?

p.s. : il n’appartient qu’à moi et à moi seul-e de mettre du levain
dans ma vie … ou pas.

Regarde, je marche !

– Tu sais marcher ! Pourquoi est-ce que tu rampes ?

– J’ai peur de tomber.

– Peut-être… et alors !? Tu as deux jambes solides, mais marche donc !

– Oui mais …
… celui-là est tombé malade
… et celle-là vient de mourir
… ça peut m’arriver !

– Peut-être ! Et alors ! Là maintenant tu vas bien, tu n’as rien. Lève-toi et marche. Il n’est pas temps de penser aux bleus et aux bosses qui pourraient survenir si tu tombais. Sûr ! Si tu continues à ramper, tes genoux râpés ne vont plus te porter, et tes mains crispées vont faire souffrir tes bras, ton dos, ton ventre ! Tu sais marcher. Regarde-moi ! Je suis droit-e sur mes jambes. Bien sûr que je pourrais tomber, la belle affaire ! Maintenant je marche et je me sens bien, tout-e léger-ère.

Hier est derrière moi, je ne peux plus le changer. Pourquoi le porter ? Pourquoi chercher à le refaire avec des « si… » ? RIEN, plus rien ne peut le changer. Il était parfait tel qu’il était, même s’il me paraît injuste, dur, horrible, inacceptable. Je n’ai aucun pouvoir pour changer ne serait-ce que ce qui était la seconde qui vient de passer.

– Oui mais demain !

– Demain est plein de promesses, plein de risques aussi. Tu peux essayer de le prévoir, de le diriger, de le contraindre. Demain sera ce qu’il doit être. Tes peurs d’avancer n’empêcheront pas que la vie soit, bien au contraire.

Tu connais le dicton « on ne prête qu’aux riches » ? Tu es riche du moment présent, le seul que tu puisses changer, mais tu ne le vois même pas, perdu-e dans tes peurs du lendemain et tes regrets pour hier.

Regarde-toi, là maintenant ! À cette seconde ! Comment es-tu habillé-e ? as-tu chaud, ou froid ? Es-tu assis-e ou debout ? Confortablement ? Comment est ta respiration ? Es-tu bien dans ton corps ?

– J’ai tellement mal là !

– Tout le temps ?

– Non, quand je suis détendu-e je n’ai plus mal.

– Connais-tu un moyen pour retrouver cette détente ? Un moyen simple et pas addictif ?

– Oui, mais je n’ai pas le temps !

– N’est-ce pas important pour toi d’aller bien !?

– Si, mais il faut faire un effort. Je ne sais pas si je pourrais, j’ai peur d’avancer.

– Fais un pas, un tout petit. Ressens-toi dans le moment présent, dans la seconde, là ! Maintenant ! Pense au ciel, immuable au-dessus de ta tête. Il est partout à disposition. … Prends le temps …

Voilà tu y arrives ! Maintenant, pense au sol en dessous de tes pieds, toujours présent… Tu le ressens ?! Concentre ta pensée sur l’espace que tu occupes, une seconde, allez ! Encore une, puis une autre … oui, c’est bien ! Tu es debout !!! juste là, maintenant !

Tu vois, les secondes se sont écoulées et il ne s’est rien passé ! Avance, un pas, une seconde, un autre pas, une autre seconde,
MAIS TU MARCHES ! *

Tu es riche du plus grand et du plus précieux des trésors :
le moment présent !

Ah ! J’ai oublié de te dire : tes deux jambes ne peuvent porter que toi. Chacun se doit de faire les pas qui lui appartiennent. Tu peux guider, montrer, être présent à l’autre, tu ne peux marcher à sa place. C’est dur, ou dommage, mais c’est ainsi.

Allons ! Debout maintenant !

* … il y en a des très forts !… qui ne marchent que dans leur tête …

On ne prête qu’aux riches

Qui n’a jamais entendu cette maxime sans éprouver un sentiment de parfaite injustice !?

En prenant de la hauteur pour s’éloigner des biens matériels, sans nier qu’un minimum vital propre à chacun est nécessaire, on peut transposer ce dicton à notre état émotionnel.

Une personne inquiète, peureuse, manquant de confiance, ne pourra attirer à elle que des situations lui donnant raison d’être inquiète, d’avoir peur et de manquer de confiance en la vie.

Combien de fois, en écoutant les récits de vie, ou en vivant des épreuves, nous nous disons : c’est vraiment pas de chance ! Pourquoi est-ce que ça lui arrive ? Pourquoi est-ce que ça m’arrive ?

Si nous ne prenons pas garde à notre « dialogue intérieur » (la petite voix toujours présente dans nos pensées, qui suggère souvent les pires des horreurs, jusqu’à ce que, lassés de nos déboires et de notre mal-être, nous lui tordions le cou), cette pensée de peur ou d’inquiétude, qui a habité notre mental quelques secondes ou plusieurs heures, voire toute une vie, a enclenché une énergie, proche d’une pulsion électrique, générant tout un champ de possibles parfaitement incontrôlable et incontrôlé.

Dans la science quantique, tout est énergie.

L’univers entier n’est composé que d’une seule trame, de matière solide, liquide ou gazeuse (peut-être quelque autre qui m’est inconnue).

Le vide n’est pas le vide : sur terre, ce qui n’est pas liquide ou solide a pour nom atmosphère, ou plus simplement, l’air que nous respirons.

Cette notion, touchée du doigt, ou parfaitement acquise, nous apprend donc que le vide n’existe pas.

Cette pensée de peur, ou d’inquiétude, nous l’avons peut-être « mise au monde », mais peut-être aussi l’avons nous « captée » d’un climat général d’incertitudes, très tendance à notre époque.

Nous voilà dans cette catégorie des « pauvres » à qui la vie ne fait aucun cadeau !

Mais comme la vie est comme une grande école, il ne tient qu’à nous de devenir « riches » en essayant d’apprendre la leçon une fois pour toute !

Je suis riche de ma joie, de mon optimisme, de ma confiance, de ma foi de la grosseur d’un grain de sénevé !

Ma pensée devient un immense générateur de pensées positives. Le premier à en bénéficier, c’est mon corps : mes muscles se relâchent, mon sternum s’ouvre, je respire mieux, je digère mieux ; toutes mes « béquilles » médicamenteuses me deviennent inutiles.

Mon urine ne pollue plus les cours d’eau, chargée qu’elle était d’anxiolytiques, d’antidépresseurs, d’anti-inflammatoires, de laxatifs … et de mille autres substances chimiques sensées détendre et ouvrir mon corps à de bonnes énergies.

Deuxième bénéficiaire : ma chère et magnifique planète bleue*, ma chère terre nourricière, la « Pachamama », qui me régale de tous ses bienfaits et me désaltère de sa lymphe.

Du troisième au « sept-milliardième » bénéficiaire, tous mes congénères, qui font partie tout comme moi de cette gigantesque et inmesurable trame, qui, de même qu’ils respireront à un certain moment l’air que je viens d’expulser, capteront à leur tour la merveilleuse pensée que j’ai laissée s’envoler, comme un divin papillon posé au creux de ma main.

Dans cette loi de cause à effet, la vie qui me reconnaît « riche » de joie et de confiance, me prête mille bonheurs sans hypothèque autre que celle de veiller à ne plus me laisser prendre au piège de mes pensées négatives !

* (écouter ou ré-écouter le témoignage de Bertrand Picard, alors qu’il venait de mettre pied à terre, après son tour du monde sans escale à bord du ballon Breitling Orbiter 3, en 1999)

On ne peut bien parler que de ce qu’on vit

Le premier homme à s’être brûlé a dû émettre un borborygme qui ressemblait à « ouille-ouille-ouille » ! Ensuite, il a inventé le mot « chaud » pour décrire la situation qu’il venait de vivre.

Bien intentionné, il a voulu prévenir ses congénères que le feu était « chaud ».

Ceux-ci l’ont regardé, perplexes, en se demandant ce que voulait dire « chaud ». Ils ont haussé les épaules et saisi à pleine main le tison brûlant, en hurlant  « ouille-ouille-ouille » ! pendant que notre premier homme s’agitait en répétant « chaud » ! « chaud » !

Ainsi est né le langage.

Ainsi est né la réflexion.

Ainsi est née l’expérimentation.

Ainsi est née l’étude de l’expérimentation appelée philosophie.

Le philosophe décortique une situation donnée avec ses mots de vocabulaire, avec ses perceptions, avec son savoir acquis et inné. Il essaie d’ouvrir une fenêtre dans la compréhension de ses auditeurs, avec plus ou moins de succès selon qu’il ait pleinement vécu et-ou conscientisé cette situation.

A-t-il tort ? A-t-il raison ? Il y a autant d’échelles d’appréciation qu’il y a d’humains sur terre.
Pour en revenir au mot « chaud » inventé au tout début de l’expérience humaine, ce qui nous apparaît intolérable pour nos pieds fragiles d’occidentaux pose un moindre souci à un yogi habitué à marcher pieds nus sur un tapis de braises.

De même, je vous décris ce que j’ai vécu et assimilé de ma propre expérience, avec mes mots à moi. Mais de quel droit vous agresserais-je en vous certifiant que je détiens la science infuse ? Que moi seule ai raison ? Que vous devez absolument rejoindre mon point de vue ?

Si chacun se ralliait à son propre vécu, à son propre ressenti en se faisant confiance, combien les rapports humains s’en trouveraient améliorés ?!

Mais ainsi est la nature : pour chaque meute, il faut un chef de meute, pour chaque troupeau, il faut un berger.

Combien s’égarent dans la grande école de la vie ? Combien se heurtent aux murs d’une prison qu’ils ont construite eux-mêmes en prenant pour argent comptant ce qui leur apparaissait comme une vérité absolue ?

Changer son regard sur l’autre en (re)découvrant que ses vérités n’appartiennent qu’à son seul chemin de vie revient à l’accepter tel qu’il est.

Probablement qu’avec la même « distribution de cartes » nous aurions joué le même jeu.
Ce que j’accepte pour toi, accepte-le pour moi, rends-moi ma liberté d’être.

Bien sûr, si je risque un faux pas, signale-le moi, sans contrainte, sans attente. Peut-être t’écouterai-je, peut-être que non, car j’avais besoin de ce faux pas pour apprendre ce que voulait dire « chaud ».

Laisse-moi être qui je suis, comme je te laisse être qui tu es.

Je garde ma liberté de m’éloigner de toi si ton expérience s’éloigne de mon expérience, sans animosité, sans colère, centrés que nous sommes toi et moi dans cette situation qui porte le nom de « tolérance ».

L’attirance des affinités me conduira vers d’autres merveilleuses rencontres.
ps : surtout ne prenez pas ces paroles pour « argent comptant » !

La Parenthèse

Quelle main merveilleuse et attentionnée a guidé la mienne ?

Quel chef d’orchestre génial a écrit cette partition à quatre lignes pour trois instruments ?

Une envie d’évasion, de faire plaisir, une envie de se tricoter des souvenirs communs, gravés dans nos cœurs à jamais, qui se transforme en une parenthèse d’exception.

Trois personnes qui embarquent pour une plongée de quatre jours dans l’inconnu, un inconnu qui rentre dans le cœur à la première seconde, des images plein la tête, des senteurs plein les poumons, des sensations plein les cellules.

Tel Hercule pour ses douze travaux, notre hôte a empoigné sa pioche, son courage et ses muscles pour redonner vie à un coin de paradis abandonné.

Reconnaît-on la valeur d’un homme au nombre de ses amis fidèles ? Fidèles jusqu’à l’épuisement ? Cet homme qui nous reçoit et nous fait partager son joyau a le cœur aussi accueillant que ses chambres sont chaleureuses.

Aurait-il réussi son pari sans le soutien d’un amour hors du commun ? L’amour de ses proches, d’un ami véritable, et d’une femme surtout ? J’ai l’intime conviction que pour que l’alchimie fonctionne, il ne faut écarter aucun élément. Même le chien a sa place dans cette belle histoire.

Ce chien, dans tous les cas, a guidé mon propre choix.

Notre hôtesse est toute discrète et effacée, mais elle est le ciment du mas.

L’air de ne pas y toucher, elle attrape dans les discussions une phrase, un mot, et s’en sert pour distribuer du plaisir, dans une nourriture qui ravit les papilles et les sens, Amour rendu visible.

L’ami, aussi effacé que nos deux hôtes, gravite dans cette danse étoilée et contribue à des découvertes mirifiques, comme un magicien faisant sortir une colombe de son chapeau.

A leur contact, le mot « Nature » prend toute sa dimension. Tel le bouquet final d’un feu d’artifice, la nature explose sous nos yeux ébahis. Ne dit-on pas que nous devrions tout regarder, à chaque instant, avec l’œil d’un touriste !?

Ô mon regard ! Deviens habitude dans cet émerveillement !

Fallait-il leur note d’humilité et de simplicité pour que la partition devienne chef-d’œuvre ?

Certes ! Elle est la petite marche insignifiante qui permet à la main tendue de déposer l’étoile au sommet du sapin de Noël.

Cette splendeur aurait pu nous suffire.

C’était sans compter sur les cadeaux au pied du sapin : notre route devait également croiser celle de deux êtres adorables.

Cette parenthèse aurait été incomplète sans leur lumineuse présence.

Un désir commun de retour aux sources, de retrouver les vraies valeurs, d’échanges sans jugement, sans prise de pouvoir, a tissé un ruban de soie entre nos vies.

Pas d’hypocrisie dans cette constatation :

Merveille de la modernité de pouvoir se dire  « Je peux te contacter quand je le veux. Sais-tu que tu me manques !? »

Par ordre de citation : Frédéric, Jérôme, Sardine, Lassa, Claudia et Samuel
les « instruments »  : Mamy, Denis et Claudine

Ondulations, oscillations et équilibre

La vie est énergie. Comme les ondes radio, notre corps émet des oscillations mesurables : qui n’a pas assisté au doux mais un peu angoissant chant rythmé d’un électrocardiogramme ? L’électroencéphalogramme produit lui aussi des creux et des pics et le monitoring s’élève comme l’Everest à la joie d’une naissance.

Que le tracé devienne une ligne droite et c’est la panique à bord : une horde de blouses blanches rentre en action comme une ruche assaillie.

Le contraire n’est pas mieux. Quand les pics deviennent ingérables, ou le tracé disparate, une barre apparaît sur le front du soignant qui n’augure rien de bon.

Notre corps est de cette énergie-là, mais l’ensemble de la création également : on peut mettre des capteurs sur les végétaux, dans l’air, dans l’eau, la lumière, le son sont ondulations, même la terre a sa propre vibration.

Quelle que soit la mesure oscillante, la quiétude demande l’équilibre. Comme le funambule sur son fil, le balancier bouge doucement à gauche et à droite. Si les mouvements deviennent désordonnés et prennent de l’amplitude, c’est la chute assurée.

A quoi peuvent nous servir ces constatations ?

D’une part, à prendre conscience d’une réalité invisible, mais néanmoins palpable, et d’autre part à rechercher et à trouver notre propre point d’équilibre.

La vie est tristesse et joie, larmes et rires, diète et agape, tempête et calme.

Dans notre réalité sociale et occidentale, le monde des médias tende à nous tirer vers le bas.

‘exercice est d’autant plus périlleux qu’à trop vouloir reprendre le point d’équilibre, on peut « décrocher vers le haut », à l’aide de dépendances majoritairement illicites ou faisant l’objet de prescriptions.  (vive la langue française et ses multiples interprétations!)

A chacun d’écouter son ressenti, sa « petite voix », ce qui n’est pas une évidence pour tout le monde. Un bon baromètre nous y aide toutefois : nos émotions et notre état de santé.

Pour y être attentif-ve, il est primordial de se trouver une petite plage de calme absolu. Mais là encore, combien vivent cela comme une source d’angoisse : du silence, quelle horreur !

Dès le point du jour, le radio-réveil fait son office et nous tire des bras de Morphée, mettant immédiatement notre cerveau en mode « interdiction de penser ».

Il se tait pour passer le relais à la radio de la voiture, ou à la télévision allumée dès le matin de la ménagère, ou aux écouteurs scotchés sur les oreilles pour les plus jeunes (ou non), pour ensuite passer à l’écran d’ordinateur, voire du téléphone portable ou de la tablette et ensuite achever cette banale et quotidienne journée par le doigt inexorablement attiré par le bouton de la télécommande du téléviseur, resté sagement sous tension dans l’attente de notre retour.

Une information saisie au hasard d’une bribe radiophonique m’a soulevé le coeur hier : les vacanciers choisissent leur destination en fonction de la possibilité d’accès au wifi, avant toute considération de destination !

STOP !

C’est moi qui dirige la petite voix dans ma tête ! Elle veut me parler « catastrophe », je lui envoie « soleil et mer calme ». Elle veut me parler « amertume et colère », je lui chante dans une grande respiration « amour et détente » …

Ce petit jeu mis en place ne dure que quelque temps, car la coquine petite voix négative se lasse très vite de ne plus tenir le haut du pavé : « grrr ! ta bonne humeur et ton optimisme m’énerve, je m’en vais trouver une autre victime ! »

Comme dans toute reprise d’équilibre, moral, alimentaire, sportif, émotionnel, il faut un peu de constance au début, qui demande un effort certain et volontaire.

Mais quelle merveille quand cet effort se transforme en habitude ! Je n’ai plus à me forcer à une attitude positive, je suis optimiste.

Je n’ai plus à me forcer à manger fruits et légumes, je ne me régale plus que d’eux (j’ai appris qu’il faut quinze jours pour changer une habitude alimentaire, qu’est-ce que quinze jours dans une vie?!)

Je n’ai plus à me forcer à chausser mes baskets, mes jambes fourmillent à la seule idée de la joie de marcher … et ainsi de suite.

Le but en lui-même n’est surtout pas la ligne droite, nous le comprenons avec l’exemple de l’électrocardiogramme, mais cette recherche de douces ondulations en toute chose.

Je me saisis du balancier dans l’instant !

Pow-Wow – suite – Chef Seatle

En 1894, le chef indien Seatle déclarait ceci au général qui lui achetait sa terre :

« Comment peut-on acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre ? L’idée nous semble étrange. »

« Si la fraîcheur de l’air et le murmure de l’eau ne nous appartiennent pas, comment peut-on les vendre ? Pour mon peuple, il n’y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère au milieu des bois sombres, tout est saint aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple. »

« La sève qui monte dans l’arbre porte en elle la mémoire des Peau-Rouges, chaque clairière et chaque insecte bourdonnant est sacré dans la mémoire et la conscience de mon peuple. »

« Les morts des Blancs oublient le pays natal quand ils s’en vont dans les étoiles. Nos morts n’oublient jamais cette terre si belle, puisque c’est la mère des Peaux-Rouges. Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos sœurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères; les crêtes rocailleuses, l’humidité des prairies, la chaleur du corps des poneys et l’homme appartiennent à la même famille. »

« Cette terre est sacrée pour nous. Cette eau scintillant qui descend dans les ruisseaux et les rivières, ce n’est pas seulement de l’eau, c’est le sang de nos ancêtres. »

« Si nous vendons notre terre, vous ne devez jamais oublier qu’elle est sacrée. Vous devez apprendre à vos enfants qu’elle est sacrée, que chaque image qui se reflète dans l’eau claire des lacs est comme un fantôme qui raconte des événements, des souvenirs de la vie de ceux de mon peuple. Le murmure de l’eau est la voix du père de mon père. »

« Les rivières sont nos sœurs, elle étanchent notre soif; ces rivières portent nos canoës, nourrissent nos enfants. Si nous vendons notre terre, vous devez vous rappeler tout cela et apprendre à vos enfants que les rivières sont nos sœurs et les vôtres et que, par conséquent, vous devez les traiter avec le même amour que celui donné à vos frères. »

« Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas notre façon de voir. Un coin de terre pour lui en vaut un autre, puisqu’il est un étranger qui arrive dans la nuit et tire de la terre ce dont il a besoin. La terre n’est pas sa sœur mais son ennemie; après tout cela, il s’en va. Il laisse la tombe de son père derrière lui. En quelque sorte il prive ses enfants de la terre et cela lui est égal. La tombe de son père et les droits de ses enfants sont oubliés. Il traite sa mère la terre et son père le ciel comme des choses qu’on peut acheter, piller et vendre comme des moutons ou des perles colorées. Son appétit va dévorer la terre et ne laisser qu’un désert. »

« Je ne sais rien, nos façons sont différentes des vôtres. »

« La vue des villes fait mal aux yeux des Peaux-Rouges. »

« Peut-être parce que le Peau-Rouge est un sauvage et qu’il ne comprend pas. »

« Il n’y a pas de coin paisible dans les villes de l’homme blanc. Nulle part on n’entend la poussée des feuilles au printemps ou le frottement de l’aile des insectes. »

« Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage que je ne comprends pas. »

« Dans les villes le tintamarre semble seulement insulter les oreilles. Que reste-t-il de la vie si on ne peut entendre le cri de l’engoulevent et le coassement des grenouilles autour de l’étang pendant la nuit ? »

« Mais peut-être est-ce parce que je suis un sauvage que je ne comprends pas. »

« L’indien préfère le son si doux du vent qui frôle la surface de l’étang et l’odeur du vent, elle-même, purifiée par la pluie du milieu du jour ou parfumée par les pins. »

« L’air est précieux à l’homme rouge car tous partagent le même souffle. La bête, l’arbre, l’homme, tous respirent de la même manière. L’homme blanc ne semble pas percevoir l’air qu’il respire. Comme un mourant, il ne reconnaît plus les odeurs. Mais si nous vous vendons notre terre, vous devez vous rappeler que l’air est infiniment précieux et que l’esprit de l’air est le même dans toute chose qui vit. Le vent qui a donné à notre ancêtre sont premier souffle reçoit aussi son dernier regard. Et si nous vous vendons notre terre, vous devez la garder intacte et sacrée comme un lieu ou même l’homme peut aller percevoir le goût du vent et la douceur d’une prairie en fleurs. »

« Je prendrai donc votre offre d’achat en considération. Si nous nous décidons à l’accepter, j’y mettrai une condition : l’homme blanc doit traiter les bêtes de cette terre comme ses frères et sœurs. »

« Je suis un sauvage et je ne comprends pas une autre façon de vivre. »

« J’ai vu des milliers de bisons qui pourrissaient dans la prairie, laissés là par l’homme blanc qui les avait tués d’un train qui passait. »

« Je suis un sauvage et je ne comprends pas comment ce cheval de fer qui fume peut être plus important que le bison que nous ne tuons que pour les besoins de la vie, de notre vie. »

« Qu’est-ce que l’homme sans les bêtes ? Si toutes les bêtes avaient disparu, l’homme mourrait complètement solitaire car ce qui arrive aux bêtes bientôt arrive à l’homme. »

« Toutes les choses sont reliées entre elles. »

« Vous devez apprendre à vos enfants que la terre sous leurs pieds, n’est autre que la cendre de nos ancêtres. Ainsi, ils respecteront la terre. Dites-leur aussi que la terre est riche de la vie de nos proches. Apprenez à vos enfants ce que nous avons appris de la terre, aux nôtres : que la terre est notre mère et que tout ce qui arrive à la terre nous arrive et arrive aux enfants de la terre. Si l’homme crache sur la terre, c’est qu’il crache sur lui-même. »

« Ceci, nous le savons; la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. »

« Ceci nous le savons : toutes les choses sont reliées entre elles comme le sang est le lien entre les membre d’une même famille. »

« Toutes les choses sont reliées entre elles; tout ce qui arrive à la terre arrive aux enfants de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la terre : il en est simplement le fil. Tout ce qu’il fait à la toile de la terre, c’est à lui qu’il le fait. L’homme blanc lui-même, qui a un Dieu qui parle et qui marche avec lui comme un ami avec un ami, ne peut être exempté de cette destinées commune. »

« Quand le dernier homme aura disparu de la terre et que sa mémoire ne sera plus l’ombre d’une image traversant la prairie, les rivages et les forêts garderont les esprits de mes frères car ils aiment cette terre comme le nouveau-né aime les battements du cœur de sa mère. Si nous vous vendons notre terre, aimez-la comme comme nous l’avons aimée, prenez-en soin comme nous l’avons fait et traitez les bêtes de ce pays comme vos sœurs. Car si tout disparaissait, l’homme mourrait d’une grande solitude spirituelle. »

« Après tout nous sommes peut-être frères et sœurs, nous aussi. Il n’y a qu’une chose que nous savons bien et que l’homme découvrira peut-être un jour, c’est que notre Dieu est le même Dieu. Vous semblez croire qu’il vous appartient comme vous voudriez que notre terre vous appartienne. C’est impossible. Il est le Dieu de l’homme et il a la même compassion pour tous les hommes, blancs ou rouges. »

« La terre lui est précieuse, et maltraiter la terre, c’est mépriser son créateur. Les blancs aussi passeront; peut-être plus rapidement que les autres tribus. »

« Celui qui souille son lit périt un jour étouffé sous ses propres odeurs. Mais pendant que nous périssons, vous allez briller, illuminés par la force de Dieu qui vous a conduits sur cette terre qui, dans un but spécial, vous a permis de dominer les Peaux-Rouges. »

« Cette destinée est mystérieuse pour nous. Nous ne comprenons pas pourquoi les bisons sont tous massacrés, pourquoi les chevaux sauvages sont domestiqués ni pourquoi les lieux les plus secrets des forêts sont lourds de l’odeur des hommes, ni pourquoi encore la vue des belles collines est gardée par les fils qui parlent. »

« Que sont devenus les fourrés profonds ? Ils ont disparu. »

« Qu’est devenu le grand aigle ? Il a disparu aussi. »

« C’est la fin de la vie et le commencement de la survivance. »

page 14 à 18
« DE L’HOMME CANCER A L’HOMME DIEU »
Docteur Bernard Woestelandt
ISBN 2-84454-151-8

nombreuses sources également sur Internet

Pow-Wow Oranans 2013

J’écoute Esteban nous parler de la condition des indiens, dans le cadre du Pow-Wow à Ornans. (Un pow-wow est un rassemblement d’Indiens d’Amérique du Nord).

Il raconte l’histoire du peuple premier d’Amérique et de leur extermination quasi totale par les colons.

Certains, comme Esteban, ont toujours habité en ville. Son père, revenu de la guerre de 39-45 à laquelle il a activement participé, a renoncé à sa culture pour l’intégration de ses fils dans le monde dit « civilisé ». Esteban est premier assistant au bloc opératoire depuis plus de 36 ans mais n’en a pas pour autant renié ses racines.

Il raconte toutes les interdictions d’être qui ils sont par les colons, l’obligation de vivre selon leurs règles et de croire en leur dieu. Le mot « camp de concentration » est lancé par un auditeur.

Les hommes dans les réserves indiennes ont une espérance de vie de 50 ans. Ils sont sous la tutelle de l’état, n’ont pas accès à un travail et dépensent la mince aide sociale en alcool, qui est un véritable fléau. Les jeunes sont les plus touchés, qui n’ont aucun espoir d’avenir.
Les maladies de la civilisation telles que obésité, sédentarité, oisiveté, dépendance à l’alcool et aux drogues, grignotent sans ménagement ces hommes fiers et libres comme le vent, mais dans leur cœur seulement.

Esteban évoque un génocide et appelle à l’aide*. Soudain, il se lève et gronde son nom véritable : Roy Two Bears (Roy deux ours). Deux ours, parce qu’il a traversé deux guerres : il est né en 1945 et est revenu du Vietnam avec des cauchemars quotidiens.

*  : oui mais comment !?

Il élève ses fils dans le respect de leurs ancêtres et donne le mot clé de leur survie : éducation !

La seconde conférence est donnée par Denis Yellow Thunder, responsable des gardes forestiers indiens et des hectares de forêt sur le territoire indien. Il parle de son combat contre la déforestation et de la survie de l’arbre sacré : le grand cotonnier, qui prend vingt à trente ans pour grandir à maturité et est absolument nécessaire pour tous les rituels.

Leur terre est transformée en Emmental géant, par 2500 trous (sorte de puits) creusés pour l’exploitation de l’uranium. 5000 autres sont prévus, sans aucune considération écologique, archéologique ou sociale : les ouvriers viennent du Canada, les privant ainsi et aussi de la fierté d’avoir un emploi.

L’eau sacrée est polluée par l’uranium et les enfants naissent avec des malformations car ils n’ont d’autre choix que de boire cette eau.

L’énoncé de toutes ces catastrophes fait vibrer mon cœur de petite sœur humaine. Pourquoi ? Quel est le message ? Que peut-on faire contre la cupidité, la stupidité ?

Une idée me vient derrière mon rideau de larmes : « the mind is free ! », l’esprit est libre, toujours, en toutes circonstances.

Je regarde autour de moi et j’y vois les mêmes problèmes, en France, mais aussi en Afrique, en Amérique latine, en Grèce… etc. Le taux de chômage augmente, les terres agricoles sont séquestrées pour la production d’éthanol ou de palmiers à huile, l’eau de la Loue est polluée, et combien d’autres sources partout dans le monde ? Les gens de tout âge se font piéger dans des dépendances : drogues ou médicaments, cigarettes, alcool, mais aussi télévision, téléphones portables (n’est-ce pas monsieur mon voisin de conférence, 60 ans environ, qui jouez avec le vôtre depuis une heure ? Une seule parole de ces deux hommes merveilleux a-t-elle atteint votre cerveau ou votre cœur?!)

Mais qui va ouvrir les yeux ? Qui va voir qu’on nous soumet, qu’on nous attriste et nous effraie pour mieux nous asservir, nous assujettir ? Qui est ce on aux sinistres desseins, assez bête pour couper la branche sur laquelle il est assis, comme nous tous ?

Qui va ouvrir les yeux, reprendre les rênes de sa vie et s’ébrouer comme un jeune poulain qui se sait déjà pur-sang et indomptable ?

La terre est magnifique, la nature est notre mère nourricière, à tous sans exception, la vie est un don sacré qu’il faut respecter : celle des autres, mais la nôtre avant tout.

L’énergie qui se dégage des danseurs du Pow-wow me donne foi en l’avenir. Leur joie de vivre, malgré tout, leur désir de partager, les couleurs des costumes qui explosent disent le chemin :

– mes frères, mes frères, hommes de toutes « races *» notre âme est libre ! Ce sont eux les prisonniers ! Ils sont prisonniers de l’avidité, du pouvoir, du désir de posséder, de la peur de perdre. Leur vie est un enfer ! Moi je n’ai besoin que du soleil et de la pluie, de l’amour dans mon cœur, et de la joie de me sentir « une » avec vous, frères humains. Vous qui avez tant de joie à partager. C’est cela la liberté : joie et amour. Ouvrons ! Ouvrons notre cœur à l’amour et à la joie, apprenons l’essentiel aux enfants ! Je n’ai que ce moyen pour changer l’énergie du monde. C’est Gandhi qui a raison : « soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ».

Une honorable dame âgée Apache termine sur ces mots :
« moins de technologie, plus d’humanité ! »

*mot supprimé de la législation française depuis quinze jours. Belle hypocrisie !

« L’abus de bonne humeur est bon pour la santé !   »