Une autre forme de « Marseillaise »

L’état encourage à la dépendance pour nous soumettre.

Personne ne voudrait mordre la main qui donne le su-sucre, n’est-ce pas ?!

En apportant une aide substantielle, dans un état d’esprit qui peut paraître altruiste, et qui l’est dans certains cas seulement, de la part de certaines personnes bien précises, nous sommes conditionnés de telle façon que nous ne trouvions pas nos propres solutions.

Le fait de nous envoyer de la poudre aux yeux donne tout le loisir aux nantis d’augmenter encore plus leurs avoirs en nous ôtant tout esprit de révolte.

De grands lobbyistes agricoles nous ont fait croire que, par la modification génétique, on viendrait à bout de tous les fléaux : famines dues aux maladies des céréales ou invasions d’insectes. Le but caché s’avère bien moins noble : il ne s’agissait que d’avoir la main mise sur la production mondiale.

De grands lobbyistes pharmaceutiques et médicaux nous protègent de dangereux malfaiteurs : les praticiens de médecines parallèles et toutes les poudres de perlimpinpin qui risquent de nous guérir !

En interdisant toutes pratiques non recensées et autorisées par l’état, on nous prive de la liberté de trouver nos propres solutions. Pire, on nous instille la peur d’une maladie potentielle afin de nous soumettre à des examens obligatoires, sous le couvert perfide de la bienveillance, comme dans les cas de vaccinations massives, afin d’augmenter de façon tout-à-fait légale les profits de l’industrie, ô combien florissante, des produits pharmaceutiques et médicaux, incluant les appareils de détection.

Ignorer les avertissements nous condamnent à un odieux chantage : « vos soins ne seront pas pris en charge par la société si le crabe vient frapper à votre porte ! »

Entre autres également, on nous convainc que sans petits boîtiers électroniques, il nous sera bientôt impossible de communiquer. Comment faisaient nos mères pour faire leurs courses sans internet ?! Comment résoudre l’énorme dilemme de choisir une plaquette de beurre devant un étal, sans téléphone portable, pour demander au référant son avis, afin qu’il ne soit pas dans une colère noire à notre retour, suite à un mauvais choix ?! ☺

On veut nous couper de notre simple bon sens à regarder le ciel pour savoir s’il faut prendre un parapluie ! En demandant le bulletin météo à notre tablette, c’est quelques centimes qui partent dans l’escarcelle des lobbyistes téléphoniques, mais multipliés par des millions de personnes et des millions de situations, c’est des milliards qu’ils empochent.

Il en est de même du milieu professionnel : en encourageant la paresse chez les tout jeunes (vous travaillerez pour un salaire de misère ! Restez chez vous, nous vous donnerons un revenu minimum pour vos loisirs) les industriels de tout poil s’autorisent ainsi la délocalisation à moindre coût, sous prétexte qu’il n’y a plus de main d’œuvre qualifiée, empochant des bénéfices colossaux distribués aux actionnaires.

De quel droit décide-t-on pour nous ? Qui nous endort ? Qui nous embobine ?

Qui veut être endormi ? Qui veut être embobiné ?

Reprenons notre bon sens ! Prenons soin de notre santé par des comportements adaptés, observons la Nature, revenons à l’essentiel, réapprenons à vivre sainement, apprenons à nos enfants la joie simple de l’amitié, des loisirs immuables d’une forêt, d’un ruisseau…

Réveillons-nous !

Tu n’as pas besoin d’arme citoyen ! Juste de reprendre ta vie en main, les yeux, le cœur et la logique tout grand ouverts !

PS : Trouve TES solutions ! Je ne veux pas te soumettre, car je t’aime

L’envol du papillon

Nos souffrances émotionnelles prouvent que nous sommes coincés dans le carcan de notre égo.

Le stade où la chrysalide s’ouvre est très douloureux, car il nous faut abandonner l’idée que nous pouvons (ou nous devons) changer l’autre (les autres) afin qu’il(s) soi(en)t conforme(s) à l’idée qu’on en a.

Les ailes se déploient quand nous acceptons les êtres et les événements tels qu’ils sont.

L’envol survient quand nous arrivons, sans préjugés, à aimer inconditionnellement les êtres et les événements tels qu’ils sont.

Cela s’appelle « éveil » ou « pleine conscience ».

Comme par magie, notre changement intérieur crée le changement extérieur, mais pas avant !

C’est le battement d’ailes du papillon au pôle sud qui provoque une tornade au pôle nord, si ce n’est que dans le cas où nous avons vaincu notre égo, c’est une vague d’Amour qui se propage.

La « cerise sur le gâteau » c’est qu’en libérant l’autre (les autres) je me libère moi également : j’agis par amour et respect pour moi et les autres et non plus pour correspondre à l’image que j’ai de moi.

Si aucun changement ne survient, c’est que nous sommes dans le mental alors que l’élan doit venir du cœur! 

« Comme le ver à soie, tu as tissé un cocon autour de toi. Qui peut te sauver ? Brise ton cocon et sors-en tel un magnifique papillon, telle une âme libre. »

Swami Vivekananda

Je ne suis pas ce que l’on pense de moi

Pour une petite personne toute fine, mes soixante-dix kilos lui paraîtront énormes, mais pour une personne souffrant d’obésité, je serais une allumette à laquelle elle souhaiterait ressembler.

Suis-je pour autant maigre ou grosse ? Non, je suis !

Notre époque donne l’exemple de personnes filiformes, proches de l’inanition tant elles recherchent la maigreur. Pourtant, il y a deux siècles, ou dans certains pays africains, une personne plantureuse est belle et enviée car elle représente la richesse.

Faut-il absolument rejoindre une image donnée ou puis-je être seulement moi ?

Dans un cas, je dois me contraindre à un régime draconien proche de la psychose, dans l’autre, je dois enfler telle la grenouille qui voulait ressembler à un bœuf.

Et si, par amour pour moi, par respect pour ma nature, j’écoutais tout simplement les besoins de mon corps ?! Et si, tout simplement, j’étais en phase avec moi-même, n’écoutant que moi ?!

J’ai besoin de croquer toute une tablette de chocolat ? Je m’autorise une tablette de chocolat. L’état nauséeux qui risque de survenir me dira que j’étais dans l’excès.

Je n’ai besoin que d’un verre d’eau ? Je me satisfais d’un verre d’eau. La baisse de tension qui risque de survenir me dira qu’il m’aurait fallu quelque chose de plus consistant.

Je reste en phase avec moi seule, plus envers une image imposée.

Un jour, une jeune femme très en colère de ce que la vie avait lié nos destins me jeta en plein cœur :

– Sale pute !

Cette flèche empoisonnée me conduisit au bord d’un précipice appelé dépression. Je m’endormais en entendant ses mots, je mangeais en entendant ces mots, je me regardais dans un miroir et j’y voyais… une sale pute !

Des jours durant, j’ai porté ce jugement extrême, jusqu’à l’instant merveilleux de l’Éveil : ces mots sont ce qu’elle pense de moi, ils ne sont pas moi !

Un pas après l’autre, j’ai avancé au-delà de cette prison qui venait de tomber ; ces murs, je les avais construits seule : si tu fais cela, que va-t-on penser de toi ? Si tu dis cela, quelle critique vas-tu recevoir ? Je ne vivais pas ma vie. Je vivais selon un code édicté par le regard des autres.

Et je me suis régalée à satiété, malgré les :

– tu te ressers encore !

sans prendre un gramme. ☺

Et je me suis baignée nue dans la mer, loin des regards, mais l’info est quand même parvenue à certaines oreilles :

– tu n’es pas un peu bringue-zingue toi ?

Et j’ai vécu une communion avec la mer comme personne ne m’avait jamais appris, dans une extase proche de l’illumination.

Et j’ai dansé seule sur une piste de danse, à en perdre le souffle et l’équilibre, sous les regards désapprobateurs, et j’ai découvert ce que vivent les derviches tourneurs.

Devrais-je remercier cette jeune femme qui a permis à mes ailes de pousser ? Je ne le pense pas.

Mais je remercie le destin qui m’a amenée à me casser le nez sur CE mur !

Car maintenant je sais que derrière chaque mur qui se présente se cache un trésor.

Quand tout va bien, je ne me remets pas en question.

Quand je suis dans l’erreur, une petite voix, mon petit Jiminy Cricket me dit : attention ! danger ! … que je m’empresse de ne pas écouter.

Alors un obstacle me fait trébucher, mais obstinée, je persiste dans mon erreur. Alors la porte se referme sur mes doigts et je hurle « au scandale ! ô !injustice ! comme je souffre … »

Je me pose enfin et analyse la situation : ah oui ! Là, il y avait matière à apprendre, alors ?! que m’enseigne cette cuisante expérience ? Étais-je en phase avec moi ? Étais-je à l’écoute de mon moi profond ?! Ou étais-je à la page 33 de mon « Guide du Routard »* du parfait petit humain ?

* Ne cherchez pas la nouvelle édition en librairie : nous l’écrivons tous les jours !☺

La goutte d’eau ne survit pas sans l’océan

Si le but recherché de la maturité est l’autonomie, ce n’est que prétention de se vouloir tel Robinson Crusoé : autodidacte.

Même le plus haut des dignitaires ne survit pas sans le petit peuple des anonymes : pour la pérennité de la ruche, la ruche a viscéralement besoin de sa reine ET de ses ouvrières.

Plusieurs philosophies et religions l’enseignent dans le « tout est un », il faut entendre : tout est interactif. La trame est composée de milliards de particules infinitésimales et indissociables.

Dans le précepte « la nature a horreur du vide » il y a lieu d’interpréter : le vide n’existe pas ! Tout est remplacé, transformé.

Qui n’a rêvé dans des moments de grand énervement ou de dépit, de s’autosuffire, voire de s’isoler ? ☺

Moi la première, combien de fois n’ai-je rêvé de faire la Robinsonne : « chéri construis-moi une cabane au fond des bois pour ne plus voir personne ! »

Même dans ces moments-là, j’avoue ma dépendance, dans le « chéri, construis-moi … » j’ai besoin de l’autre. A moins d’empoigner moi-même hache, scie et marteau (tiens ! ☺ si j’avais un marteau ♫ … et si j’avais une cloche ♫ … je serais le plus heureux ! … dixit Claude François*) afin de construire seule ma cabane, chose envisageable mais ô combien contraignante, ma survie ne saurait être sans une multitude d’éléments… élémentaires : les particules d’oxygène et autres gaz nécessaires à ma respiration ; les particules d’hydrogène et oxygène indispensables afin que je puisse boire, et toutes la gamme des vitamines, protéines, oligo-éléments, et j’en passe, de ce qui doit composer une alimentation équilibrée pour le maintien de ma bonne santé.

Dans le cas ultime de ma mort physique, ma chair deviendrait compost, récupérée par la nature afin de nourrir tout un petit peuple animal, végétal et minéral (brrr ! Le plus tard possible).

Dans ma prétention de suprématie et d’être isolé, j’avoue ma dépendance dans les gestes les plus basiques, par exemple le pain que je mange : combien de mains pour labourer la terre, semer les graines, récolter et moudre le blé, pétrir la pâte, cuire le pain dans un four… construit par combien de maçons, ingénieurs, électriciens… et combien d’intervenants pour acheminer l’électricité au four, etc. etc. etc. … ?

Dans cette action toute simple accomplie des milliers de fois, avec ou sans conscience, mais majoritairement sans, se cache la vertigineuse chaîne de la vie : j’ai besoin de l’autre ! La concentration d’atomes qui constitue ma petite personne ne peut être sans la trame de l’infini.

Ce besoin de l’autre ne se retrouve-t-il que dans le plan matériel ? Saurais-je grandir seule ?

En me frictionnant à d’épineux congénères, ai-je quelque chose à apprendre et à comprendre de moi-même ? Et dans le plaisir de rencontres épanouissantes et constructives, n’y a-t-il pas à voir une récompense de la leçon apprise ?

Un début de réponse apparaît dans la genèse : pourquoi a-t-il fallu ôter une côte à Adam et par la présence d’Eve, lui apporter une kyrielle de problèmes qu’il n’aurait pas rencontrer seul ? ☺

* « Si j’avais un marteau » – 1963

Paroles: Vine Buggy – Claude François, musique: Lee Hays – Pete Seeger

Si j’avais un marteau
Je cognerais le jour
Je cognerais la nuit
J’y mettrais tout mon coeœur
Je bâtirais une ferme
Une grange et une barrière
Et j’y mettrais mon père
Ma mère, mes frères et mes soeœurs
Oh oh, ce serait le bonheur

Si j’avais une cloche
Je sonnerais le jour
Je sonnerais la nuit
J’y mettrais tout mon coeœur,
Pour le travail à l’aube
Et le soir pour la soupe
J’appellerais mon père
Ma mère, mes frères et mes soeœurs
Oh oh, ce serait le bonheur

Si j’avais une chanson
J’la chanterais le jour
J’la chanterais la nuit
J’y mettrais tout mon coeœur

En retournant la terre
Pour alléger nos peines
J’la chanterais à mon père
Ma mère, mes frères et mes sœoeurs
Oh oh, ce serait le bonheur

Si j’avais un marteau
Et si j’avais une cloche
Puis si j’avais une chanson à chanter
Je serais le plus heureux
Je ne voudrais rien d’autre
Qu’un marteau, une cloche et une chanson
Pour l’amour de mon père
Ma mère, mes frères et mes soeurs
Oh oh, ce serait le bonheur

C’est le marteau du courage
C’est la cloche de la liberté
Mais la chanson c’est pour mon père
Ma mère, mes frères et mes sœoeurs
Oh oh, pour moi c’est le bonheur
C’est ça le vrai bonheur
Si j’avais un marteau
Si j’avais un marteau

J’apprivoise mes pensées

Avant de comprendre que nos pensées sont créatrices, il y a lieu de prendre conscience de nos pensées. Tout un programme !

L’exercice n’est pas simple, car je ne me souviens pas qu’aucun de mes enseignants, parents ou professeurs, ne m’aient parlé de cette possibilité.

Certaines cours peut-être, ou lectures, auraient pu me mettre sur la voie, mais mon manque d’assiduité ne m’a pas permis de toucher la rive de cette île magique.

Quel éminent scientifique a défini cela ? : il paraît que trente mille pensées traversent notre esprit par jour. Wouahou ! Quel cinéma !

La première phase et non pas des moindres est de se poser un instant afin de se donner le temps. Le plus facile, quand on débute, est quand le monde est calme, le soir au moment du coucher, ou à l’aube quand les activités quotidiennes n’ont pas encore repris, ou dans un moment d’absolue tranquillité, quand « le bruit du dehors » nous permet d’entendre « le bruit du dedans ».

Après quelque temps de pratique, et/ou instantanément dès qu’on en a saisi l’essence (cela est propre à chacun), on parvient aisément à la conscience de ce cinéma intérieur, dans n’importe quelle circonstance, tout simplement en faisant « on » / « off » par notre seule volonté.

Pour en revenir à nos trente mille pensées, dans les états d’extrêmes émotions, inquiétude, peur, etc., ou quand on « tombe en amour », une seule pensée dominante chapeaute toutes les autres.

Qui n’a jamais eu la tête prise par une pensée lancinante et récurrente ? Dans l’amour passionnel, pour parler d’une émotion agréable, « l’autre » apparaît sans cesse sur cette toile de cinéma permanent que constitue ma pensée

Je nettoie ma salade, son visage se colle à la batavia, je change une pièce sous le capot de ma voiture, son sourire se superpose au tuyau du radiateur. Homme ou femme, l’amour a ceci de merveilleux qu’il peut facilement nous transporter auprès de l’autre en pensée, jusqu’à nous faire perdre le fil de la réalité, au point où cela devient dérangeant parfois.

Le début de l’apprentissage pour apprivoiser ses pensées ne convient pas à ces états d’extrêmes émotions. « Le cinéma » est tout entier pris par ces pensées intenses, et même une personne très aguerrie peut se laisser piéger à nouveau, avant même de s’en être rendue compte.

Les arts, le sport, le contact avec la nature, l’attention sur la respiration, et tant d’autres occupations ont ceci de merveilleux que, par l’application qu’on leur porte, investis en entier à ce que l’on fait, la « machine à penser » perd en puissance, laissant la place à un semblant de sérénité. L’idéal est d’arriver à cette sérénité sans aucun support !☺

Un moyen moderne et expéditif y parvient très facilement, avec un risque majeur dès la première fois, d’addiction et de dépendance immédiate, soit tout ce qui nécessite un écran, téléviseur, ordinateur, téléphone portable, tablette, etc.

Je soupçonne d’ailleurs qu’un tel engouement pour ces appareils, quels qu’ils soient, soit une irrépressible fuite afin de faire taire le cinéma intérieur que nous portons tous en nous.

Revenons donc à une manière plus douce et plus naturelle d’apprivoiser ce grand film incessant projeté dans nos têtes.

Comme il arrive que nous nous souvenions de nos rêves, dans lesquels nous sommes acteurs ET spectateurs, l’état de spectateur permettant de nous visualiser lors du rêve, nous essayons ainsi de prendre cette position de spectateur envers nos pensées.

D’abord quelques secondes, pour arriver à une habitude très simple par un peu d’entraînement, il s’agit de prendre un peu de recul, ou de hauteur, et de s’observer en train de penser : cette pensée qui était là était-elle agréable ? étais-je attentif-ve à ce que je faisais ? ou mon esprit était-il « ailleurs » ?

Un peu comme un dédoublement interne, je me dis : tiens ! je viens de penser à … (mon chien, mon patron, mon week-end, ma voisine, etc… décortiquer les trente-mille pensées quotidiennes ouvre un large éventail de possibles !☺)

Ensuite, le baromètre intérieur, qui se trouve être mes émotions, m’indique si cette pensée est agréable et bonne pour moi, ou affole et agresse tous les petits capteurs inter-reliés que sont les cellules qui composent mon corps.

C’est ce déclic qu’il faut chercher une première fois : là ! à l’instant ! à quoi je pensais ?! Quelle que soit l’image ou l’émotion, juste en prendre conscience !

Cette clé acquise permet d’ouvrir ensuite tous les états, jusqu’aux plus extrêmes, et apporte un peu d’oxygène aux situations les plus étouffantes. En « prenant de la distance » par rapport à notre écran mental, le film perd de son pouvoir obsessionnel et permet au quotidien de reprendre sa place humble et pourtant très importante pour notre équilibre.

Ce que nous recherchons tous, je l’imagine et l’espère, est un état de quiétude et de tranquillité. Donc les pensées négatives et perturbantes, une fois reconnues comme telles (comme des images violentes sur l’écran de cinéma) je ne cherche surtout pas à les combattre, ce qui les renforcerait, mais je les laisse glisser comme sur un tapis roulant.

Pour que ce tapis avance plus vite, je vais alors chercher dans ma « bibliothèque » de pensées positives, un souvenir agréable, une image apaisante, le souvenir d’un état heureux qui m’a marquée, et je l’installe sur mon écran mental.

La pensée, ainsi reconnue, va résister quelque temps : « comment ! comment ! ce n’est plus moi qui décide du film ?! »

Le petit projecteur qui tournait, libre, dans ma tête, n’apprécie pas vraiment d’être dirigé tout à coup. C’est à ce moment-là qu’il faut insister, avec beaucoup de douceur, et reprendre les rênes de ce cheval fou qui partait dans toutes les directions.

Et comme je prends conscience que mon alimentation m’apporte le bien-être ou l’inconfort selon qu’elle soit légère ou indigeste, je prends conscience que mes pensées m’apportent le calme ou le désordre selon leur contenu.

Je deviens très vigilant-e à ce qu’il se passe « en-haut » dans ma tête et qui vibre plus vite que l’éclair dans mon corps (la salive arrive en même temps dans ma bouche que j’ai pensé et visualisé la pâtisserie qui constituera mon dessert). Les messieurs comprendront encore plus les réactions quasi immédiates du corps face aux pensées.

Je surveille et préviens d’autant mieux la peur qu’on veut distiller dans mes pensées par le biais des médias et qui n’a qu’un seul but, celui de me manipuler.

Tout en douceur, mais fermement, je décide seule de ce que je veux bien accueillir dans mes pensées.

L’autonomie

« Je n’attends rien d’autre d’un écrivain que ce que j’ai reçu de mes parents : qu’il me console, m’éclaire, m’aide à grandir et à me séparer de lui. » 1

Ainsi va le cycle de la vie :

  • qu’il me console : la graine tombe au creux de la terre. Elle est recouverte, entourée, réchauffée.

  • m’éclaire : la fusion des quatre éléments lui donne l’énergie de la croissance, eau, terre, air et feu (lumière).

  • m’aide à grandir : par la force qu’elle contient, la graine devient plante, le gland devient chêne.

  • et à me séparer de lui : le cycle recommence, la plante génère des fruits, les fruits relâchent la graine, le lâcher prise permet la continuité de la vie.

Quelles paroles magnifiques, quelle ligne de conduite pour tout être éveillé : maître, gourou, sage, enseignant, dirigeant, aidant, parent, adulte, médecin, thérapeute… humain.

Que de légèreté et de bonheur à vivre, si, tous, nous suivions cette sagesse !

Nous n’aurions plus ce rôle si lourd, dont certains se réjouissent pour en assumer la plus haute tâche, afin d’en retirer la récompense suprême : le Pouvoir.

Quel bonheur de n’être plus « celui qui nourrit », mais « celui qui apprend à pêcher ».

Plus de conflit, plus de guerre, plus de jalousie.

Ce que j’ai, je te le donne, avec toi je le partage ; de la plus petite étincelle de lumière à la plus grande des sagesses. Je ne suis plus l’élu, je suis le miroir, ton frère jumeau, la source fraîche où tu t’abreuves.

Je suis l’exemple qui te montre tous les possibles. Ensemble et individuellement, nous atteignons les sommets. Il n’y a plus de maître ni d’élève ; nous avançons main dans la main. Nos faiblesses nous conduisent à nos forces.

Je suis né nu. Je repartirai nu. Ce qu’il y a entre les deux n’a plus d’importance. Seul l’amour m’habille de sa lumière. Je ne suis plus responsable de toi, pas plus que tu ne l’es de moi. Seul l’amour reste.

Par amour pour moi, je tends la main que tu cherches.

Tous les cycles n’ont qu’un seul but : relier le point de fusion où naît l’immortel, l’amour.

« Peut-être que le véritable enjeu des guerres ce sont les cœurs. On dirait que le monde se bat pour qu’il n’y ait plus aucun cœur. » 2

La dépendance est le nerf de la guerre. En te gardant sous ma coupe, je t’asservis et mon importance grandit.

Il en va d’une nation comme d’une famille, comme d’un ami. Il en est de même à l’échelle planétaire comme au plus petit relationnel : deux personnes face à face.

Tu n’as plus à te nourrir à ma sève, tu reconnais la sève en toi. Tu n’attends plus de ton président qu’il te porte, tu sais la force en toi. Tu ne cherches plus Dieu à l’extérieur, car enfin, tu le découvres à l’intérieur.

« Ce qui est douloureux, c’est qu’il est impossible d’expliquer quelque chose à quelqu’un qui ne l’a pas déjà compris. On peut seulement parler à quelqu’un qui en a le pressentiment et qui souffre de ne pas avoir de lumières là-dessus. » 3

1, 2, 3 La lumière du monde – Christian Bobin – Éditions Gallimard 2001

La non dualité

L’homme est yang, la femme yin (et inversement ☺).

Tout dans le plan matériel est dualité, le froid et le chaud, le jour et la nuit, l’hiver et l’été, la lune et le soleil, l’ombre et la lumière.

Nous portons cette dualité dans notre chair, deux poumons, deux reins, deux yeux, deux lobes dans notre cœur, deux hémisphères dans notre cerveau, le gauche correspond schématiquement au matériel, le droit au spirituel.

Un seul chemin pour transcender cette dualité : l’amour inconditionnel.

L’homme a cet immense privilège de la conscience de l’amour.

La nature « coule de soi » et offre des instants de non dualité, des fondus-enchaînés : l’aube et l’aurore, le printemps et l’automne, l’instant fugace où l’insecte couvert de pollen se pose sur la fleur femelle, où la graine essaimée par le vent va se poser et prendre racine. Nos yeux et notre cerveau peuvent témoigner de millions de ces instants merveilleux et magiques.

Ce qu’il y a de plus sacré sur terre a été souillé intentionnellement par l’industrie commerciale : l’union du féminin et du masculin.

Par le biais des multi-médias, l’éveil des sens des jeunes gens est sali par des images dramatiquement ignobles de la « pollinisation de la vie ».

Les corps magnifiques de perfection des hommes et des femmes servent à des fins publicitaires pour vendre tout et n’importe quoi.

Qui, de l’ancienne génération qui en porte encore le souvenir, a la nostalgie de l’émoi créé à la vue d’un poignet ou d’une cheville ?

Sans tomber dans la pruderie et la pudibonderie, nous avons à retrouver le sens du merveilleux dans toutes les créations de la nature, notre corps y compris.

La violence des images, asservie par les plus vils instincts de ceux-là mêmes capables de tuer à des fins mercantiles, a radicalement faussé la notion de sacré entre l’homme et la femme.

Opposer la peur et la veulerie à l’amour est le plus sûr moyen d’asservir le plus grand nombre possible d’humains, et ceci depuis la plus tendre enfance.

Une multitude de personnes cherchent comment transcender la dualité.

Certains y parviennent après de longues et pénibles postures de méditation, d’autres ne font plus qu’un avec leur instrument de musique et engendrent des mélodies divines, d’autres encore se noient dans les couleurs et créent des tableaux paradisiaques.

Aucun moyen n’est à négliger ni à juger quant à la recherche du prodigieux en nous.

Chacun pourtant a reçu à l’heure de sa naissance une faculté unique de non-dualité : en élevant son cœur par la force de son âme à un amour très pur, la nature nous a offert la fonction physiologique dans l’union du masculin au féminin afin de rejoindre l’extase.

Par le biais merveilleux du toucher, nous nous projetons au cœur de nos cellules, là où les deux hémisphères de notre cerveau se rejoignent, et rien n’est plus puissant pour parvenir sans aucune difficulté à la seule réalité terrestre qui nous élève : la puissance du moment présent.

De la poule et des poussins

Une poule née d’un oeuf incubé dans une couveuse électrique ne sait plus couver. Directement, en une seule génération, elle perd l’instinct maternel.

Un poussin femelle, né sous la mère, saura parfaitement gérer la couvaison arrivé à l’âge adulte. La poule sait viscéralement retourner les œufs quotidiennement pendant vingt-et-un jours afin que ces petits soient bien formés. Dès l’éclosion, elle les protège et leur montre dans l’heure comment picorer et s’abreuver. Elle les protège de tout danger jusqu’à une autonomie complète, où elle ne s’en souciera plus, tout simplement.

Dans les années soixante-dix, les parents se sont déresponsabilisés de leur devoir d’enseignants et de modèles envers leurs chérubins.

L’enfant roi a pris place dans la société, sans repères, sans valeurs, avec son seul sens de l’observation pour mètre étalon, rejetant la plupart du temps tout ce qui s’apparente à une contrainte.

Ce maillon de la chaîne générationnelle a grandi, avec ses forces, mais surtout ses faiblesses. Le problème aurait pu ne pas empirer alors, car les anciens et leur savoir-faire étaient encore là pour « redresser la barre ».

Pour en revenir à notre poulette « mécanique », la génération « enfants-rois » a procréé à son tour sans grande difficulté, le plus ardu n’étant pas dans la conception, mais bien dans le suivi éducatif.

Amputés de structures transmises dès leur petite enfance, ces nouveaux parents ne savent plus comment éduquer leur descendance.

Et comment s’y prendre quand notre route ne comprend pratiquement aucun panneau de signalisation ? Où trouver les notions telles que : respect, empathie, solidarité, sens des responsabilités, courage, ténacité, etc. ?

Quelques anciens tentent de réintroduire ces valeurs « phares », alors que le seul mot « autorité » provoque des crises d’urticaire !

Sans retomber dans l’apprentissage à coups de bleus en tout genre, nous avons à réapprendre une ligne de conduite en résonance avec nous-mêmes.

(Re)découvrir le respect envers moi-même me permet de reprendre ma responsabilité envers ma vie. Ce que je n’accepte plus pour moi : violence, irrespect, maltraitance, je ne le tolère plus pour l’autre non plus.

Retrouver le sens des valeurs dans l’exemple de la nature reprend toute sa place : un animal tue pour se nourrir, jamais par jeu. Un animal mord par peur ou pour sa défense, jamais par plaisir.

Nous naissons tous avec un « capital bonheur » identique : le tout petit enfant, quel qu’il soit, « sourit aux anges » avant qu’il n’ait appris quoi que ce soit.

Il gigote, agite bras et jambes à la simple vue d’un visage connu penché au-dessus de lui. L’odeur de sa mère le propulse dans les plus purs délices, même seulement reconnu sur un vêtement porté par elle.

Chacun se construit selon les messages de son entourage : comme une petite éponge, le bébé s’imprègne du monde émotionnel qui l’entoure. Aucun état d’âme ne lui échappe, aucune situation, même cachée, ne le laisse indifférent.

Sa propension au bonheur, lié à sa personnalité propre de « petit prototype humain » au milieu de milliards d’individus, va influer à un « heureux caractère » ou à son opposé, avec toute une gamme intermédiaire de dièses et bémols.

Toute sa vie, sa véritable nature va dominer, de cette fameuse résilience qui en fait rêver plus d’un, à un abattement total face à l’adversité.

Il est de moins en moins délivré comme message aux jeunes parents qu’au-delà des besoins vitaux et élémentaires : amour, nourriture, propreté, respect, il y a à apprendre aux tout petits la joie de vivre.

Rien n’est vraiment mis en place dans les médias pour nous y encourager.

Le funambule

Nous avançons, tous, sur le fil de nos destins.

Quelle conscience nous conduit : personnelle ou universelle ?! personnelle et universelle.
A l’image de l’astrologie, régie par des mathématiques immuables permettant de prévoir l’itinéraire de telle planète ou étoile, il en va de l’immensément grand comme de l’infiniment petit, la cellule.

L’emplacement de la cellule est prédéfini, son chemin de vie tracé du début à la fin, dans une organisation gigantesque. Celui qui en touche l’immensité ne peut qu’être pris de vertige.

J’avance, un pas après l’autre, sur le rail de la trajectoire. Dans une main, une jolie ombrelle ou un long balancier, selon le degré de romantisme souhaité, maintient mon équilibre.

Je crois sauter sur le fil de l’autre, quand nos destins se croisent. En fait, je ne fais que suivre mon fil d’Ariane qui me colle à la peau comme la soie diaphane et merveilleusement solide sécrétée par les arachnides.

Mon libre arbitre me laisse croire que je choisis, allez ?… le rythme au moins ?!

Et bien non ! Même pas ! La partition est écrite depuis longtemps que tel geste va apporter telle conséquence. Lent ou rapide, le métronome ne s’arrête jamais. Jamais !…

Tic, tac, la petite aiguille poursuit sa ronde infernale. Même elle avance sur son fil : que la pile soit en bout de course ou que la main de l’horloger ait oublié de remonter le mécanisme et elle s’arrêtera… La mise en mouvements peut reprendre pour elle. Effectuera-t-elle la même danse ? Mon œil et mon oreille me disent que oui, ma conscience me dit non, chaque seconde est unique.

Pied gauche, tic, pied droit, tac. Je monte sur une échelle pour la dernière fois. La chute me fait basculer dans une autre dimension immatérielle.

Un petit pourcentage d’humains, dotés de plus ou moins de sensibilité, voulue par leur fil d’Ariane, entrevoient chez les autres leur passé et (ou) leur avenir. Comment cela se pourrait-il si le livre n’était déjà écrit depuis longtemps ?

Une pensée surgit, décryptée par mon cerveau. C’est le début d’une folle histoire : cette pensée va engendrer un mot, un geste, un acte, un projet, une finalité. Je « devais » aller là ! Je devais créer telle merveille (ou telle horreur), je devais jouer « ma » note  de « la » partition pour que l’Oeuvre se réalise.

L’éveil, toutefois, demande une vigilance de chaque instant : où va me conduire cette pensée surgie si abruptement ? Quelle est ma part de responsabilité dans la composition du Livre d’Histoires ? Y a-t-il une baguette de chef d’orchestre dans ma main ?

Comme pour la trajectoire de la planète, l’Oeuvre existe déjà. Notre conscience nous permet d’en saisir une micro-particule qui contient déjà l’Ensemble, le seul, l’unique sur notre plan terrestre : l’instant présent.

J’en suis là sur mon fil, sur mon « maintenant ». Je retiens mon souffle pour maintenir le balancier dans un semblant d’équilibre. Chaque « toc », « toc », « toc » de mon cœur me dit « avance », « avance », « avance » ; n’aie pas peur, tu fais partie de la grande Œuvre, dans la seconde et pour les siècles des siècles.

Mon fil, mon ombrelle et mon phare ont la même couleur : celle de l’Amour-qui-ne-meurt jamais.

Et vous, quelle est la couleur de votre fil d’Ariane ? ☺

L’esprit de compétition encourage la dualité

et nous éloigne du « Un », dont nous sommes tous, sans exception, partie intégrante.

Dès le plus jeune âge, on nous enseigne cet esprit de compétition, identique à l’esprit sportif. Être le premier, en tout : le premier à l’école, le plus heureux en amour, le plus beau (la plus belle) possible, le plus intelligent, le plus riche, une maison toujours plus belle, une voiture toujours plus grosse… plus… plus… plus !!!

Stop ! Et si notre malaise général n’était qu’une forme de vertige ? Comment oublier que je ne corresponds pas à mon seul jugement du « pas assez » sans tomber dans les illusions paravents de l’alcool, des drogues et des addictions en tout genre. La plus récente, qui court comme une contagion, est l’addiction aux écrans électroniques : je peux m’y cacher et être à la fois héros de milliers d’aventures, enfin identique à un stéréotype bien ancré dans mon esprit.

Oublier ce « toujours plus », c’est enfin être moi-même, tel-le que la nature m’a fait naître, tel-le que mon destin m’a construit-e, minuscule point d’une trame gigantesque qui n’aurait plus la même raison d’être sans ma simple et modeste personne.

Tout simplement vivre dans la présence, avec les données qui me sont proposées, au mieux de mon propre équilibre.

Être centré-e pour rayonner !

Quand je suis moi, solidement ancré-e sur mes deux pieds, le cœur gonflé de gratitude pour qui je suis, je peux tendre la main et élever sans tomber.

Si je suis le-la premier-ère à avoir compris, je peux expliquer ; si je suis le-la premier-ère à y être arrivé, je peux montrer le chemin. De champion-ne, je deviens exemple.

Je n’ai plus besoin de récompense. Ma récompense, c’est de m’être retourné-e et d’avoir attendu qu’on me rejoigne.

Ma récompense, ce n’est plus d’y être arrivé seul-e, mais d’être arrivés Ensemble !

Je quitte la dualité et retrouve l’unité du Tout qui me porte, mais qui ne saurait être vraiment « Tout » sans ce tout petit moi !

☺ Un nouveau vertige ?!…