Entrer dans le concept pour pouvoir en sortir

Entrer dans le concept pour pouvoir en sortir

Les mots sont des concepts, une représentation de la réalité. Ils ne sont pas La réalité.

Mes mots représentent ma réalité et peuvent vous conduire à entrapercevoir votre réalité, peut-être, si je sais vous toucher.

Un tout petit enfant voit la réalité sans concept, sans mot. Tout est émerveillement, découverte, nouveauté. Tout ce qu’il voit, touche, goûte, sent, entend n’est pas enfermé dans l’idée conceptuelle d’un mot, d’une étiquette.

Puis, petit à petit, il enferme sa réalité dans des cases, des mots. Ce qu’il serrait contre son cœur comme le plus grand des trésors consolateurs, cette chose toute douce et velue, devient par le biais d’un adulte, d’un conceptualiste, un doudou.

De cette notion un peu vague, le doudou devient un nounours. Lui aussi enfermé dans son nom, Nounours perd son pouvoir magique et rassurant en rejoignant la cohorte d’ours en peluche que l’enfant conceptualisé devra quitter un jour.

« Tu n’as plus besoin de ton doudou, tu es grand-e maintenant ».

Certes, l’enfant devenu adulte peut lâcher son nounours, mais comment remplacera-t-il la véritable réalité consolatrice dudit doudou ?

En 1880 naît en Amérique une enfant devenue sourde et aveugle à 19 mois, Helen Keller. Impossible à ses parents de la faire entrer dans des concepts : « mange », « lave-toi les mains », « dis bonjour à la dame ». Cette enfant est comme un petit animal sauvage, guidée uniquement par ses deux réalités : « j’aime », « je n’aime pas ».

A l’âge de sept ans, survient dans sa vie une éducatrice merveilleuse de patience et d’endurance : Anne Sullivan. Dans la main de la petite fille, Anne signe avec sa main chaque mot, chaque concept, dans le langage des signes. Helen prend comme un frein à ses envies innées de plaisir uniquement tout ce qu’Anne lui nomme, incapable qu’est la petite de faire le lien entre la chose et le nom, entre l’idée et le mot. Pas de communication possible.

Par un jour de grâce, Helen touche de l’eau qui coule, chose qu’elle trouve particulièrement agréable. Anne, malgré la réticence et l’énervement d’Helen lui prend la main et fait le signe « eau » en langage des signes dans la main de l’enfant, encore et encore. Le cerveau d’Helen fait enfin le lien entre le signe et ce qu’elle touche, entre l’eau et le mot « eau » signé par Anne.

Elle entre dans le concept «objet=nom».

Une grande lumière fait jour pour Helen, elle devient boulimique de tout apprendre, tout nommer, tout comprendre. En quelques mois à peine, elle apprend près de six cents mots en langage des signes, le braille ainsi que ses tables de multiplication. Devenue adulte, elle crée une fondation pour personnes handicapées*.

Quand nous parlons, nous énonçons des concepts, des idées enfermées dans des mots, qui permettent la communication.

Nous n’énonçons pas la réalité. La réalité n’est pas un concept puisqu’elle est mouvement.

Ta réalité de l’instant, à toi qui me lis, ne sera plus la même dans une minute, une heure, un jour, un an. Tu n’auras plus le même âge, peut-être plus le même travail, les mêmes amis… etc. Absolument rien n’est immuable. Tout est vibrations, en perpétuel changement.

Nous sommes obligés d’entrer dans des concepts, dans des mots, pour pouvoir communiquer. Le plus difficile est d’en sortir pour pouvoir appréhender la réalité telle qu’elle est, quoi que conditionnée par notre propre réalité unique parmi sept milliards d’individus ayant sa propre réalité.

Comment sortir du mot « Nounours », figé dans une catégorie très éloignée déjà du mot « Doudou », plus vague dans sa représentation, pour revenir alors au ressenti apporté par l’objet ?

Tout l’art d’entrer en éveil revient à faire ce chemin inverse !

Namasté

(un concept nommé 😉 ) Claudine

* En 1915, Helen fonde avec George Kessler l’organisation Helen Keller International (HKI) afin de soutenir la prévention de la cécité et la réduction de la malnutrition dans le monde. HKI est aujourd’hui présente dans 22 pays.

Le Miroir

Tout est miroir de ma réalité.

Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.

Ce principe, valable sur le plan vertical, l’est aussi sur tous les plans. Dans ma perception horizontal de la vie, passé, présent, futur, mais aussi dans toute ma réalité.

Cela veut dire que tout est moi.

Je suis ma seule réalité.

Quoi que je vive, cela m’appartient. Cela appartient à ma réalité. Il n’y a que depuis moi que je peux la transformer.

Un exemple de nos sept milliards de nos réalités (puisqu’il y a environ sept milliards d’humains sur Terre) :

Vous détestez la pluie. Trois jours de pluie vous donnent le cafard, vous devenez grognon, la vie vous paraît plus lourde, vous êtes empêché-e dans vos projets.

Ma réalité est toute autre : j’adore la pluie. Tout simplement parce que j’adore l’eau. L’eau est mon aliment premier, vital, la douche m’est un délice, un bain dans un lac ou la mer une renaissance. L’odeur de la pluie, son son cristallin, l’aspect brillant qu’elle donne à toute chose m’enchante.

Vous voyez : deux personnes et deux réalités différentes ! Demandez autour de vous comment vos connaissances perçoivent la pluie. Il y a fort à parier que pas deux personnes vous décrirons leurs ressentis de façon identique.

Sept milliards d’humains = sept milliards de réalités. Ce que j’extrapole en exemple ramène à notre intériorité.

Tout n’est que le reflet de mes ressentis, de mes perceptions, de mon niveau de conscience, de mon éveil.

A partir de cet exemple simple, je peux comprendre que je crée ma réalité en fonction de mon seul ressenti, joie ou tristesse. Je nourris l’une ou l’autre. Selon Spinoza (1632-1677), il n’y a qu’à augmenter la joie, donc nos vibrations, pour modifier toute notre réalité.

Gandhi disait la même chose : « soyez le changement que vous voulez voir pour le monde ».

Si le monde est le reflet de ma réalité, il appartient de ma responsabilité de le changer.

Mandela exprimait aussi cette même vérité en citant son poème favori du fond de son cachot : « Je suis le maître de mon destin, le capitaine de mon âme ».

Il a divorcé de Winnie, son épouse, qui restait dans une volonté de conflits. Le nom de Nelson Mandela est resté, des statues ont été érigées à son effigie, son œuvre parle au cœur de chacun partout dans le monde. Pas celle de Winnie.

Mandela a d’abord vécu intérieurement son changement de réalité avant de devenir le grand vecteur de paix reconnu du monde entier. Vingt sept années d’emprisonnement et de travaux forcés et pas une once de rancune ! Qui dit mieux ?!

Le baromètre de ma réalité est mon ressenti, mes émotions.

Apprendre à les reconnaître m’amène à modifier ma qualité de vie. Modifier ma qualité de vie apporte le changement que je désire voir pour le monde. Quand je suis en joie, calme, centré-e, tout s’apaise en moi et autour de moi. C’est le battement d’aile du papillon qui provoque un typhon d’amour à l’autre bout de l’univers, car tout est relié, tout est UN.

La difficulté se présente quand un ou des événements me mettent « hors de moi ».

Bingo ! Le but est atteint, je perds complètement pied car je suis sorti-e de ma zone de confort.

Pas de méchanceté de la part de mon âme, juste un retour à l’apprentissage, encore et encore, comme un devoir d’école mille fois revisité pour être appris.

Par la régularité, par la ténacité, par la patience, par la gentillesse et la douceur envers moi-même, par l’éveil, je reviens « dans le cœur de mon cœur, là, dans ce moment parfait, et je crée la joie de demain ».

Je vous aime.

Namasté – Claudine

Mon Empire State Building

Mon corps est composé de quelque trente milliards de cellules qui se renouvellent complètement bon an mal an tous les cinq à sept ans selon que je sois un homme ou une femme, jeune ou moins jeune. (Cela rend déjà passablement bien plus humble de se savoir un agglomérat inconstant qu’une réalité immuable et éternelle).

Et tout cela, sans douleur, sans que je n’en sois le moins du monde conscient, indépendamment de ma volonté propre. N’est-ce pas merveilleux ?!

C’est comme si des ouvriers extraordinaires œuvraient vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur l’Empire State Building sans que personne ne les voit. Les maçons sortiraient les briques les plus vieilles pour en mettre des neuves. Les électriciens remplaceraient les câbles usés par des nouveaux. Les ferrailleurs remettraient des barres nouvelles dans le béton armé. Les couvreurs changeraient les tuiles patiemment une à une selon la vétusté, les vitriers les fenêtres, les plombiers les conduites d’eau, les climatologues internes les climatisations, etc.

Nous comprenons cette image de déconstruction et de reconstruction minutieuse, quotidienne, attentive, invisible et pourtant bien réelle.

Notre corps est notre Empire State Building sans cesse renouvelé, à chaque seconde, notre tour magique, notre refuge miraculeux.

Quand nous mangeons deux cents grammes de poulet à notre déjeuner, c’est huit cents litres d’eau que nous arrachons à la planète. Ces huit cents litres d’eau auront servi à cultiver la nourriture du poulet, dans le meilleur des cas des céréales.

Quand nous consommons cent cinquante grammes de poisson d’élevage, c’est un kilo de poisson sauvage qu’il aura fallu à son élaboration.

Idem pour tout ce que nous avalons sans conscience dans la plus parfaite et naïve ignorance, qui somme toute nous arrange bien parfois.

La poussière qui régulièrement revient sous mon chiffon est composée de mes petites cellules anciennes qui se sont détachées de mon corps. Ce corps magnifique a d’autres moyens d’évacuations évidentes. Notre souffle, notre transpiration, nos battements cardiaques, tout, absolument toutes nos fonctions vitales participent à ce miraculeux renouvellement.

Et moi !? Qu’est-ce que je fais moi ?

Je donne à mes « ouvriers constructeurs» qui un peu d’huile de palme, qui un peu de goudron et nicotine, qui un peu d’OGM, qui beaucoup de pensées de peur ou de colère, qui des sodas bourrés de sucre et de produits chimiques, qui d’autres encore des muscles d’animaux n’ayant connu aucun bonheur terrestre et complètement stressés par l’Homme.

Ainsi, mon Empire State Building a bien des maux : ça se déglingue par-ci, ça grince par-là, ici il y a rupture de canalisation, là tout est bouché, encore à d’autres étages les vitres explosent, l’électricité disjoncte… et je m’en étonne !

Pff ! Pas cool mon Architecte général ! Bon d’accord, j’ai acheté les matériaux les moins chers pour m’offrir le dernier smartphone. Il aurait quand même pu faire mieux que colmater comme il pouvait avec les mauvais éléments que je lui ai fournis ! Maintenant, j’ai des pannes d’ascenseur, l’ordinateur central bug, ça saute un peu de tous les côtés, aïe ! Mais comment faire ?!

Par chance, cet Architecte général n’a pas de rancune et ne souhaite que me venir en secours. A tout instant, je peux me réveiller et marcher main dans la main avec lui. En cas de menace d’effondrement, ou même avant, ce qui est encore mieux, je peux me renseigner pour trouver les meilleurs matériaux qui me conviennent. Encore plus génial : plus la qualité est au top, moins il me faut de matériaux et plus mon Empire State Building roule comme une horloge bien huilée.

Idem avec les trente mille pensées quotidiennes qui se bousculent sous ma casquette. Je peux trier les plus affolantes et les plus stériles, voire les plus dangereuses et les remplacer par de douces et merveilleuses émotions d’amour et de gratitude.

Ah ! Bien sûr ! Cela demande un effort soutenu de ma part, un besoin d’attention et de respect.

Je ne suis plus le constructeur inconscient mais le jardinier attentif et passionné de mon jardin d’Éden.

J’écoute tous les corps de métiers présents dans mon building, je vibre à ce qu’ils me conseillent et mettent à ma lumière et je ressens dans toutes mes structures les bienfaits que cela m’apportent.

De réparateur fou et irresponsable, je deviens artiste, mon facteur Cheval qui pierre après pierre construit mon chef d’œuvre, même s’il ne plaît qu’à moi.

Dès aujourd’hui, j’habite le plus doux et le plus merveilleux endroit de la planète : mon corps unique et accompli.

Dès maintenant, je jure la main sur le cœur que je vais en prendre le plus grand soin comme du plus magnifique trésor qu’il m’ait été donné sur Terre.

Mon corps, je t’aime.

Namasté – Claudine

Une autre réalité

Il y a l’indéniable, le palpable, le pur et dur. Impossible de nier cette réalité-là. Une fleur est une fleur, une chaise est une chaise. Tous ces objets qui font notre quotidien portent un nom, une forme, une fonction, admise par tous.

Et puis, il y a un million d’autres réalités qui nous échappent, n’ont pas forcément une réponse. Qu’est-ce qui fait qu’une petite graine endormie depuis des décennies s’éveille au contact d’une simple goutte d’eau, casse sa gangue, prend vie, se déploie, grandit, se fortifie et donne à son tour d’autres graines ?

Qu’est-ce qui fait que l’oeuf qui pourrait participer à mon omelette du matin émet un « piou-piou » après dix-neuf jours au chaud sous le ventre d’une poule et que deux jours plus tard, un petit morceaux de coquille se soulève à grand peine, jusqu’à fendre l’entièreté, et qu’un tendre poussin tout humide encore ouvre les yeux à la vie ?

Qu’est-ce qui fait que la rencontre de deux cellules, dans le creuset merveilleux du ventre des femmes, engendre un humain ?

Nous pourrions en conclure tout simplement que le ventre convient à la vie et que nous avons à en prendre grand soin. Ce serait déjà un grand pas pour l’humanité, à savoir de quel aliment, de quelle émotion, de quelle douceur le nourrir, etc.

Il y a d’autres réalités qui conduisent à réflexion : l’eau qui coule dans notre gorge et nous désaltère existe depuis quinze millions d’années selon les scientifiques.

Elle tourne en vase clos sous notre atmosphère terrestre : océan, vapeur, nuages, pluie, rivières, océan, vapeur, etc. dans un cycle merveilleux qui la nettoie de ses scories à chaque fois.

Nos corps composés à quatre-vingt pour-cent d’eau participent au même cycle pluri-millénaire.

Cet amalgame d’eau, de cellules et de bactéries, c’est nous, notre corps physique qui vit, évolue, se transforme indépendamment ou presque de notre volonté.

Et puis, il y a l’énergie contenue en tout, dans le Tout.

Invisible, mais mesurable de plus en plus dans d’infimes manifestations qui échappent complètement à notre regard, mais de moins en moins à notre ressenti et à nos perceptions.

Cette énergie-là même qui permet au portable que nous tenons dans notre main de retenir toute notre attention des heures durant à divers points d’intérêt.

Cette autre énergie subtile, vivante et vibrante que beaucoup ressentent et qui ouvre à la réflexion : quelle est la Source qui a fait dire à Einstein « Je ne crois pas, je sais ! »

Namasté – Claudine

 

Aime

Beaucoup le cherche, mais très peu le trouve : ce qu’on recherche c’est l’amour.

Nous sommes tous en attente du prince charmant ou de la princesse qui viendra nourrir notre cœur et illuminer notre vie de sa douce présence aimante.

Nous attendons tous et toutes que cela arrive de l’extérieur.

Nous attendons, nous attendons … et rien n’arrive, ou tarde à arriver.

Une relation se forme, un élan du cœur, puis les difficultés commencent : ce n’est pas lui, ce n’est pas elle, mon prince ou ma princesse.

Parfois, par confort, par lassitude t’affronter la solitude, nous restons dans cette relation si peu épanouissante.

L’amour est le feu de la Vie, le feu du soleil, le feu qui brûle dans le creux de la Terre. Ce feu nourrit, réchauffe et illumine. Il est source de toute vie.

Il brûle en nous, sans quoi nous ne serions pas en vie.

Il nous nourrit par les éléments naturels que nous absorbons, par les énergies subtiles et invisibles à l’œil nu qui nous entourent.

Trop peu conscients de cela, nous laissons nos cœurs « tièdes » et oublions que dans la relation nous sommes miroirs.

Que réfléchit mon miroir ? :

« Je t’attends toi pour me porter, pour que j’existe dans ton regard, pour qu’enfin je vive cet amour de conte de fée que tu me promets ».

Rien de tel pour n’aboutir à aucune relation constructrice.

Si je veux rencontrer l’Amour, j’ai d’abord en tout premier lieu à Aimer ! Mais j’aime direz-vous !

– Aimes-tu avec passion ? Ton cœur est-il empli de gratitude , d’émerveillement, de foi ? T’aimes-tu ainsi également ?*

Ce miroir que tu présentes à l’autre est-il du feu doré de l’Amour inconditionnel envers toi et envers la vie ?

Aime le blé qui a fait ta tartine, aime l’eau qui humidifie tes lèvres, ta langue, ton palais, qui se donne à toi et te fait vivre. Aime la main qui a permis tous les objets que tu touches, aime l’enfant qui éclate de rire perdu dans son jeu, aime l’inconnu-e qui te sourit une fraction de seconde. Deviens Amour. Vis l’instant sans attente aucune, dans la seule envie de remplir ton cœur de toutes les joies de la Terre, les visibles comme les cachées.

Quand ton cœur sera plein à déborder, alors tu seras prêt-e, et tu connaîtras la joie immense d’un amour partagé.

Vos deux miroirs n’en feront qu’un seul, dans lequel d’autres aurons envie de se projeter.

Namasté – Claudine

* Si tu réponds « oui » à chacune de ces suggestions, il ne te faut qu’un peu de patience pour que la plus belle histoire de ta vie arrive.

« Le moment est parfait »

Quatre petits mots, sésame de toute une vie de recherche, offerts par un homme sage devenu mon ami.
Il n’est plus à prouver qu’il n’y a qu’une seule réalité consciente : le moment présent. Nombre d’ouvrages nous l’apprennent, nous le décortiquent et nous le conseillent. (A moins de voir les fractales, comme certains dont je ne fais pas partie).
C’est une certitude, la toute petite seconde qui passe à l’instant, de même que tout notre passé, ne reviendront plus. Donc, nous n’avons aucun pouvoir pour les modifier et les changer. Rien ne sert de les tourner dans tous les sens avec des si … j’avais pu, j’aurais dû, je n’avais pas, etc.
Tout-à-l’heure ? Demain ? Dans un mois ? Est-ce que je peux parier que mon futur va se dérouler selon mon bon vouloir ? Il y a tant d’aléatoires, tant d’imprévus potentiels, moi je ne m’y risque plus et j’accueille.
Pour résumer, il faut vivre le moment présent. Pas facile !
Ce n’est déjà pas une sinécure de faire taire le petit vélo dans ma tête qui part dans tous les sens du temps. Comment vivre chaque instant dans l’instant ? Comment être ici et maintenant ? C’est un entraînement permanent, qui s’installe progressivement par la conscience de la respiration, entre autres.
Lors d’un très long voyage, j’observais mon voisin du coin de l’œil : assis tout droit, très détendu, les deux mains sur les accoudoirs, le regard paisible, dans un calme communicatif, les secondes s’égrainaient pour cet homme sans qu’elles n’aient aucune prise sur lui.
N’y tenant plus, au bout d’une heure ou deux, je l’interpellais :
– Excusez moi, vous ne lisez pas ? Vous ne regardez pas un film ?
– Pour faire quoi ?
– … pour faire passer le temps !?
– Mais le moment est parfait !
… Je suis restée sans voix, à absorber cet inestimable cadeau.

Ensuite, à chaque instant de mon magnifique séjour, il y avait ses mots dans ma tête et tout ce que j’ai vécu était parfait.
Depuis, à chaque fois que je me perds dans des pensées improbables, je vais chercher ces petites ailes d’ange, ce ballon d’hélium qui m’élèvent au-dessus de mon ordinaire.
« Le moment est parfait ».
Comme s’il m’avait collé une baguette magique dans les mains, me voilà devenue fée. Je n’ai plus qu’à aller chercher cette étoile du berger qui me guide au seul endroit où je puisse être :
dans le moment présent.
Immédiatement, je me retrouve dans mes ressentis, dans mes émotions, dans l’instant. Je deviens spectatrice de ma vie.
Et le constat est toujours le même :
« Le moment est vraiment parfait »
quoi que je vive.
Merci l’Univers, merci Jean Joseph.

Namasté 

Je me prépare

Avec les années qui tournent plus vite que je ne l’aurais jamais imaginé, s’installe en moi une forme de révolte, d’injustice : moi je croyais que je serais toujours jeune !

Cadette de la fratrie, de mes cousins et cousines, forcément de mes oncles et tantes, j’ai toujours été considérée comme « la petite dernière », celle qui doit aller se coucher la première, qui regarde les autres partir danser et s’amuser.

Cela est même allé jusqu’à : «Ah non ! Claudine on ne la réveille pas ! Elle est trop petite ! ». Ma grâce est venue d’une grand-tante qui a jugé l’événement suffisamment important pour qu’on coupe mon sommeil : les premiers pas de l’homme sur la Lune, émission de télévision retransmise au milieu de la nuit, en juillet 1969. J’avais dix ans.

Forte de cette image de gamine, je ne me suis jamais sentie vieille.

Sauf progressivement, maintenant, dans le regard des autres. Par exemple, cette petite doctoresse tout juste émoulue de l’université :

– Comment ! À votre âge ! Vous ne prenez aucun médicament ?!

Hé bien non, mademoiselle, ce n’est ni une fatalité, ni une obligation.

Je regarde avec admiration et envie les champions de danse de rock n’roll : plus légers que des plumes, plus rapides que n’importe quel animal sur pattes. De même les danseurs de danses irlandaises ! Comme le corps humain est une mécanique merveilleuse !

Mes petits enfant évoluent autour de moi avec une énergie jamais épuisée. J’étais comme ça moi ?

Comme on oublie vite sans s’en rendre compte.

Petit-à-petit, le corps s’ankylose, se cristallise.

Pourquoi ? N’est-ce pas méchanceté gratuite ?

Pourquoi à la veille de mes soixante ans, ne pourrais-je pas danser éperdument, grimper sur une chaise d’un saut de puce, sauter d’un arbre, sans grincer comme un vieux sous-marin tout rouillé ?

Pourquoi, bien que je veille à mon alimentation, à mon hygiène de vie, à toujours rester mobile, mon corps se « solidifie » ?

Qu’est-ce que la facilité de mouvement, l’hyperactivité, m’empêche de vivre ?

Peut-être à vouloir trop courir, j’en oublie d’être.

Peut-être, vivons-nous ce ralentissement pour « grandir à l’intérieur ». La métaphore du papillon semble la clé.

Nous sommes chenilles retenues au sol, à la découverte des mille plaisirs de la matérialité, oublieux de voir l’invisible.

En grandissant, nous entrons dans une phase de construction. Nous avons à poser les jalons de notre vie, ce que nous allons en faire, trouver notre place dans la société, inconscients de la finalité, pris que nous sommes par l’importance de se bien trouver.

Puis le rythme ralentit, le corps appelle à être reconnu, entendu. La petite chenille commence à construire son cocon de fil de soie.

Me voilà pieds et mains liés ; enfin … pas tout-à-fait .

Qu’est-ce qui a changé en moi ? Qu’est-ce qui n’est pas altéré ? : ma capacité d’aimer, de penser, de réfléchir.

Que m’apporte l’immobilisme ?

Comme le bébé agité trouve l’apaisement dans l’emmaillotement, mon introspection obligatoire m’amène à l’observation, au calme, à l’émerveillement.

Ce qui en moi se referme m’oblige à une ouverture d’esprit, de conscience, à déployer les ailes de mon regard, de mes perceptions, de mes ressentis.

Toujours, ma fidèle compagne, mon amie infaillible, m’ouvre et me guide : ma respiration me ramène à l’être. Cette seconde-là, ce souffle-là ! Quel lot d’intuitions magnifiques m’apporte-t-elle ? Jusqu’où mes sens peuvent percevoir de l’imperceptible ?

Il n’y a aucune méchanceté à vieillir, juste un acte d’Amour inconditionnel : n’oublie pas de revenir à Moi de ton voyage extraordinaire, là, doucement, en ton centre, Je Suis.

Namasté – Claudine

Attendre

Combien de vies passées et perdues à attendre ?

1) Attendre que l’autre me comprenne.

2) Attendre que mes supérieurs professionnels reconnaissent mes mérites.

3) Attendre des remerciements pour tout ce que je fais (quand même, ils pourraient encenser ma gentillesse).

4) Attendre que mon médecin prenne soin de ma santé

5) Attendre que mon gouvernement me donne la manne dont j’ai droit et surtout qu’il change selon l’idée que je m’en fais.

6) Attendre que le soleil revienne, que la neige tombe, que la chaleur baisse, que les fraises poussent, que les poules aient …

A attendre, nous passons à côté de la vie.

1) La ou les personnes qui me côtoient ne seront jamais moi. Elle-s peuvent s’approcher de qui je suis mais il est impossible qu’elle-s me connaisse-nt à cent pour cent et donc devinent mes désirs, mes besoins, mes attentes. C’est à moi de nommer verbalement, avec douceur, ce que je souhaite ou ne veux pas. Je laisse l’autre libre de m’entendre et ne fais pas reposer sur lui ou elle tout le poids de mon bonheur.

2) Je fais mon travail au plus près de ma conscience et au mieux de mes tâches attribuées. Si j’en fais trop ou que je m’épuise, c’est dans l’attente d’une récompense verbale ou financière (ou parce que mon égo me veut parfait-e en toute chose).

La perfection n’existe pas. La vie est aléatoire et souple. La rigidité et la rigueur ne se trouve que dans une représentation de mon esprit.

A faire toujours plus, je m’épuise et ne me respecte pas. J’en oublie que me vie passe sans que j’en apprécie la moindre minute.

3) Je me donne bonne conscience et gonfle mon peu d’estime que j’ai de moi en faisant des cadeaux ou en aidant à outrance. Je vais rechercher dans le regard de l’autre la valeur que je ne me donne pas. Et si l’autre oublie de m’être reconnaissant-e, malheur ! Mais quel-le ingrat-e, indigne de ma gentillesse ! Les Grands de ce monde ont donné leur vie pour leur propre conviction, en tout état de conscience éveillée, jamais au grand jamais dans l’attente de reconnaissance ou de pouvoir : Mère Teresa, Soeur Emmanuelle, Gandhi, Martin Luther King, etc. C’est même ce qui a valu à Nelson Mandela de divorcer à l’âge de 78 ans, en complète opposition avec sa femme avide de vengeance et de pouvoir.

4) Il n’appartient qu’à moi de prendre soin de moi. Si je sais écouter mon corps, je sais ce qui lui convient ou non. Fumer, boire, manger en excès ou mal entraîne des conséquences obligatoires. Penser que je vais passer entre les gouttes est pure folie. Mon médecin n’est là que pour rattraper les erreurs et abus qui m’ont rendu-e malade. Le mal-a-dit. Qu’est-ce qu’il me dit mon mal ? Mon médecin est un secouriste, un garagiste. Il survient « aux pannes ». Il n’est en aucun cas responsable de ma santé. J’ai à veiller en propre au véhicule terrestre qu’il m’a été offert d’investir. C’est le plus beau, le plus parfait que j’ai choisi, quoi que j’en pense. C’est à moi d’en prendre soin et de veiller à son bon fonctionnement.

5) Nos dirigeants sont ce qu’ils sont. Avons-nous vraiment le choix ? N’est-ce pas une volonté édictée qui met en place ce qui lui convient ? Y a-t-il encore en ce monde un dirigeant élu par amour de son pays et de ses concitoyens ? Qui ne soit pas avide de pouvoir ou manipulé par des groupes financiers ? Au fin fond de la forêt amazonienne, dans ses dernières tribus peut-être .

6) Le rythme des saisons, des floraisons, appartient en propre à Dame Nature. A vouloir toujours que le temps se prête à nos envies, nous passons à côté de la perfection du moment présent. Composer avec ce qui nous est donné dans l’instant ne correspond pas à nos caprices de petits enfants qui tapaient du pied pour obtenir ce qu’ils voulaient, et tout de suite s’il vous plaît. Il est peut-être temps de grandir.

A attendre, j’en oublie d’être, là, maintenant, dans la perfection de l’instant, dans ma perfection.

Je suis bien avec moi-même, en paix avec tout. Cela est, stop. Je ne peux le changer, je ne peux que changer mon regard sur ce qui est et l’accueillir à bras ouverts.

Ainsi je permets l’évolution.

Namasté

Claudine

Résistons

A chaque fois que nous payons avec une carte de crédit, avec le système sans contact, avec notre téléphone ou sur internet, que nous tendons notre carte de fidélité pour gagner quelques miséreux cadeaux, nous rentrons dans une banque de données et permettons à un énorme système de contrôle de tout connaître de nous.

Dans notre innocence, cela nous importe peu qu’un quidam sache quelle marque de papier wc ou quelle lessive nous achetons.

Au-delà de ce simple fait gentillet, nous informons dans l’instant où nous sommes, quel est notre pouvoir d’achat, quelles sont nos habitudes de consommateurs.

Ce n’est pas notre petite personne qui intéresse le gouvernement mondial, c’est notre potentiel financier.

Ce gouvernement mondial veut nous contraindre aux règlements dématérialisés. Ainsi, nous ne pourrons échanger un seul centime sans que cela soit fiché et contrôlé.

Comment donner des étrennes à nos enfants ? Mettre une pièce sous l’oreiller pour la petite souris ? Offrir une aumône à un mendiant ? Ou simplement nous accorder un petit extra sans être redevable d’une explication ?

Certaines églises acceptent déjà le denier du culte avec le sans contact !

Laisser plein pouvoir à la haute finance c’est se retrouver comme la personne irresponsable mise sous tutelle. Nous aurons à rendre compte du moindre centime gagné ou dépensé.

Les Japonais acceptent déjà de régler avec l’empreinte unique de leur pupille : un simple regard et c’est payé !

Nous accorderons également de ne plus pouvoir consommer en cas de panne informatique (cela s’est produit à Pontarlier la semaine de Noël 2017 : panique générale) ou à un « hacker » (surdoué-e du net qui videra notre compte d’un clic) de disposer de nos économies de toute une vie.

Ma comptable était tout récemment surprise que ma banque accepte encore la petite monnaie avec laquelle mes clients me règlent… Il est grand temps de réagir !

Indépendamment de ces considérations, la contre-valeur or n’existera plus : libre au sommet d’éditer des valeurs virtuelles à leur guise. Ce ne sera sûrement pas pour nous en faire bénéficier.

Wake up ! Réveillons-nous alors qu’il est encore temps ! Résistons ! Non aux paiements dématérialisés.

Claudine

PS : si cela résonne pour vous, merci de partager au maximum

La confiance absolue …

  … en qui nous sommes.

Il y a tout d’abord à retrouver prioritairement l’acceptation et l’amour de soi dans son entier : je suis tel-le que mon âme m’a voulu-e, tel-le que l’univers avait besoin que je sois, comme le rocher, l’arbre et l’oiseau qui croisent ma route sans se poser de question.

Ils sont. Je suis.

Je suis le pixel nécessaire et irremplaçable de l’image synthétique.

Le Tout ne saurait être si je n’étais tel-le que je suis. Mon physique, mon caractère, mes aptitudes, mes forces et mes faiblesses font partie d’un dessein dont je ne peux appréhender l’ampleur.

De cet immense plan divin inimaginable, je peux comprendre toutefois que je suis un prototype parmi sept milliards de prototypes (prof. Albert Jaccard). Même si je peux envisager croiser un ou plusieurs sosies, ma chaîne d’ADN est unique.

Cela redore notre blason tout de même ! Non ?

Cette réflexion concerne l’image que je me fais de moi et de ce que les autres peuvent penser de moi. Ce n’est qu’une image mentale, une représentation, cela n’est pas moi.

Mon Moi peut tout.

Il peut décider d’apprendre à piloter, de sauter en parachute, de faire le tour du monde à pied, de devenir ascète, acteur ou funambule, sans limite pour l’imagination.

Il n’y a que mon mental qui me limite, que mes croyances en mes capacités.

Je peux devenir l’observateur de qui je suis en me regardant avec bienveillance et humour comme le ferait un parent attendri.

Cet observateur est mon vrai moi et sait tout de moi. Il est mon intuition, mon ressenti, la seconde qui m’inspire et que mon mental fait taire d’une grande claque avec des « il faut », « il ne faut pas », « je dois », « je ne peux pas », toute une panoplie de freins, de préjugés et de conditionnements pour le museler.

La limite est grande avant de tomber dans la schizophrénie ; avançons sans crainte.

C’est juste le « connais toi toi-même » sagement préconisé par Socrate.

Ce moi qui voit derrière mon miroir sait mieux que quiconque extérieur à mes deux moi (le grand et le petit ) ce qui est bon pour mon petit moi. Quand je fais une erreur alimentaire, le grand moi se manifeste par mon corps. Quand je fais une erreur de pensée, il se manifeste par mes émotions. Quand je fais une erreur de jugement, il se manifeste par un recadrage constant et patient.

Je peux mettre des années pour comprendre sa guidance, ou enfin accepter de lui faire pleinement, totalement, entièrement confiance et enfin arrêter de me fourvoyer.

Je n’ai plus à écouter tous ces conseilleurs qui ne sont pas les payeurs, tous ces vendeurs de peur qui n’ont que pour but de m’asservir, tous ces renards qui n’en veulent qu’à mon fromage.

Dans ma confiance absolue en ma « petite voix » derrière le brouhaha de mes pensées, je retrouve mon plus fidèle et aimant conseiller.

Je suis « le maître de mon destin, le capitaine de mon âme»*.

Namasté

Claudine

*Invictus – William Ernest Henley (1843-1903)