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De Saint-Thomas à Lazare

De la réalité de ce papier, de ce crayon, de ces mots, à l’essence qu’ils portent.

Quel immense parcours s’étend de l’un à l’autre ?

Jusqu’à l’instant de grâce où la porte s’ouvre, où la Lumière jaillit.

De la réalité palpable de St-Thomas à l’éveil miraculeux et instantané de Lazare.

Chance ou poison dans un monde de plus en plus matière ?!

Combien d’hommes célèbres connurent cet instant de grâce ? De Bouddha assis sept longues années au pied de son arbre à la main de Jésus posée sur les yeux de l’Aveugle ou ouvrant le sépulcre de Lazare, à Gandhi, Mandela, plus proches de nous dans l’histoire pavée de milliers d’êtres éveillés ?

Combien d’exemples décortiqués, remontés, remaillés, portés de langue en langue, de feuille en feuille, d’esprit en esprit, combien de sueur et de migraines pour faire comprendre l’incompréhensible ?

La magie de l’éveil ne peut se vivre que dans le ressenti.

L’escalade rapportée d’une montagne ne peut que s’imaginer, se construire d’images ! Pour en saisir l’Essence, il faut sentir ses orteils glissés dans les grosses chaussettes de marche, le cœur bondissant d’attente et d’espoir, la tête penchée et appliquée sur le laçage d’impressionnantes godasses qui porteront les pas vers le Sommet.

Là commence le vécu ! Là commence le ressenti !

Le roulement des cailloux sous les pas, la sueur dégoulinant le long de l’échine, le regard porté haut dans le ciel, deviennent déjà l’Éveil !

Qui est en marche et comprend la féerie de l’instant ?

Qui comprend que le premier, tout premier souffle correspond au contact de la laine autour des pieds ?

Qui comprend que les méandres de la vie, joies et chagrins, bonheurs et tristesses, ne sont que l’escalade vers le sommet que nous portons en nous ?

Qui se perd aux griffures des ronces ou à la fraîcheur de la source désaltérante et oublie l’ivresse qui nous conduit pas à pas pour se révéler bientôt dans une explosion ?

La vie nous porte ou nous secoue selon qu’on la comprend ou qu’on la contre.

Chacun arrive avec son itinéraire, sa carte fléchée et sa boussole. Les documents de l’autre ne sont que charabia si nous n’avons pas le même décodeur.

Combien de flots de salive inutile, d’encre écoulée, pour tous les St-Thomas que nous sommes, prisonniers de la réalité matérielle ?

Combien de soleils, combien de phares, combien de petites lanternes disséminées partout de par le monde parviendront à poser la main sur les yeux des aveugles ?

Minuscule luciole cachée dans une boîte noire, ou immense rayonnement lumineux, chacun des sept milliards d’humains que porte la terre a en lui la goutte d’eau qui contient l’océan.

De même le minéral, le végétal et l’animal, si ce n’est qu’eux sont partie intégrante de la conscience et n’ont pas à se le prouver.

Le libre arbitre a ceci de merveilleux qu’on peut à l’envi ignorer le chemin, au risque malgré tout d’écorchures multiples, ou ouvrir les milliards de cellules qui nous composent à un début de compréhension que la matière cherche à nous cacher … ☺

Essaye de planter une fleur au milieu d’une tempête !

La colère est un typhon qui emporte tout, qui casse, détruit, déchire. Le vent amplifié gonfle et se nourrit de lui-même, idem pour la colère.

Le chagrin est une pluie diluvienne. Les larmes coulent à l’extérieur et recouvre la terre où tout se noie. Que les larmes coulent à l’intérieur ni change rien, c’est la même désolation.

La passion émotionnelle est un feu ardent qui assèche jusqu’à la brûlure.

Le jardinier sait très bien ce qu’il faut à ses plantons. Il les protège du froid dans une serre, mais si le soleil donne trop au travers du verre, il court ouvrir portes et fenêtres.

Il arrose avec parcimonie : point trop n’en faut, la juste mesure.

L’ingrédient principal reste l’amour qu’il apporte à son projet. Mais il se sait l’instrument : seul, il ne produit qu’un fac-similé. Le pendant à toute réussite ne lui appartient pas. Il n’est que la nourrice, le surveillant principal.

Sa main agit librement, souple et dirigée : d’une grande envolée, il sème. Ou d’une minutie d’horloger, il repique avec extase la tige vert tendre parée de feuilles timides sorties comme par magie d’une graine minuscule.

Il en est ainsi de toute la vie.

Sans mesure, nous bousculons, massacrons, piétinons.

Confiance, conscience, lâcher-prise et sérénité apporte la réussite tant souhaitée sur le chemin de nos destins.

Ma pensée est un hôtel

Notre conscience en est le portier, le réceptionniste, le majordome, la femme de chambre, le veilleur de nuit et le directeur !

S’éveiller, c’est être conscient des « visiteurs » qui s’installent dans une chambre, pour une seconde, une heure ou une vie.

Cela entendu, nous avons à veiller avec bienveillance à l’accueil de nos hôtes, mais à refouler avec détermination les fauteurs de troubles reconnus comme tels.

La tâche est continue, la vigilance est de mise.

Le portier filtre dans un premier temps : est-ce un client intéressant ? Apporte-t-il joie et lumière dans ses bagages? A-t-il l’intention de s’installer ?

Le réceptionniste détermine la chambre à louer : angoisse, survie, logique, bonheur, lâcher-prise … l’hôtel est un palace aux chambres multiples !

Le majordome s’affaire continuellement comme un chef d’orchestre à l’affût de la fausse note ou de l’erreur de rythme.

La femme de chambre balaie scories en tout genre une fois l’hôte indésirable démasqué et maintient en tout temps une propreté impeccable en tout lieu.

Le veilleur de nuit reste toujours vigilant, même et surtout lorsque tous paraissent dormir. Rien n’échappe à son attention nocturne. Son œil et son ouïe aguerris ne laissent aucune chance aux prédateurs.

Le directeur bombe le torse et se réjouit du ballet qui se joue : son hôtel tourne comme une horloge suisse, sa réputation dépasse les frontières. Au début, il a dû faire ses preuves, comme en toute entreprise nouvellement créée, il s’est laissé grugé par le chant de trop belles sirènes, il n’a pas vu de suite que tout ce qui brille n’est pas d’or.

Mais la confiance sereine en toute son équipe a fait son œuvre : badauds malveillants passent leur chemin, il n’y a plus de place dans cet hôtel de Lumière, les chambres sombres ont été repeintes en diaphane.

D’ailleurs, plusieurs de ces hôtels fleurissent la ville maintenant, encouragés par ce bel exemple de réussite.

Une seule règle pour souhaiter intégrer une chambre : élever ses vibrations pour quitter la fange ! :

  • Ouvrir tous ses sens à l’amour et à la joie.

  • Veiller à une nourriture riche d’éléments nutritifs nobles, tant dans la matière que dans l’énergie.

  • Renvoyer la peur aux pourvoyeurs de peur, leur malveillance aux manipulateurs.

  • … et laisser chacun libre de ses choix et de leur(s) conséquence(s) !

Mon hôtel s’appelle « Sérénité »

mais il pourrait aussi s’appeler « Paix » ou « Quiétude »

Quelle enseigne brille au-dessus du vôtre ? ☺

En-Haut

Il n’y a pas d’en-haut, ni d’en-bas. L’énergie est. Elle est partout, sans notion de temps ni d’espace.

La mort, changement d’énergie, ne nous envoie pas « en-haut », mais de l’autre côté du voile, dans une forme invisible pour les yeux, mais non moins très puissante.

Nos vibrations énergétiques « s’élèvent » (en intensité) alors pour rejoindre un autre niveau vibratoire. L’amour est vibrations. Nos chers défunts ont rejoint ce champ de vibrations que nous appelons « au-delà ». Mais l’au-delà est en nous, dans le grand tout dont nous sommes, dans l’amour qui vibre dans nos cœurs.

Nous les imaginons revêtus de robes blanches, tels des fantômes éthérés, ou dotés d’ailes d’anges et nous survolant comme des hirondelles élégantes.

Il n’en est rien. Le changement de vibration qu’est la mort ne projette ni n’annule ces vibrations. Bien au contraire. Comme les ondes sur l’eau autour d’un caillou lancé se propagent en cercles, puis semblent disparaître, l’énergie alors produite s’est seulement diffusée au grand tout qu’est le plan d’eau. Il y a eu changement, pas disparition. L’énergie alors produite apporte une vibration différente à l’eau, que des êtres hypersensibles comme les dauphins captent à des centaines de mètres très loin du point d’impact.

Il existe des humains à la sensibilité accrue qui perçoivent ces champs vibratoires modifiés.

Malheureusement, ils sont souvent moqués ou décriés car leur talent les isole du commun des mortels.

Rien ne peut vous étonner des capacités de vos appareils électroniques. Ils ont pourtant exactement le même mode de fonctionnement, d’émission et de réception, mais dans l’ordre du matériel.

Vous rejetez l’ordre spirituel, car il n’existe pas encore à ce jour de preuves scientifiques ou de machines suffisamment sensibles pour enregistrer, calculer, mesurer ces autres vibrations.

Une possibilité s’entrouvre toutefois : scanner, IRM et autres technologies commencent à percevoir les modifications du cerveau à certains moments donnés. Le cerveau ! émetteur et récepteur ultra-puissant ! Vous reconnaissez, vos scientifiques reconnaissent, n’en être qu’aux balbutiements des découvertes des possibilités du merveilleux outil électronique que vous véhiculez dans vos boîtes crâniennes.

Le message de ce jour est : gagnez du temps sur les recherches scientifiques, levez vos doutes, faites-vous confiance : TOUTES les énergies sont une réalité, servez-vous en à bon escient, ouvrez vos capteurs, laissez tomber votre logique, faites confiance à votre ressenti.

Les bouffées d’amour qui gonflent votre cœur quand vous pensez à vos chers disparus sont une preuve que votre cœur reçoit leur énergie de plein fouet, et qu’ils ne vivent pas « en-haut », mais au-dedans et autour de vous.

La matière nous éloigne de la Lumière

Cela a commencé il y a 17 milliards d’années lorsque l’univers tenait dans un petit pois.

Le big bang est la désolidarisation matière-lumière. Le principe d’expansion matérielle a fait et fait ce que nous sommes.

Pour quoi ? Par qui le big bang a-t-il été voulu ?

La lumière du soleil qui nous réchauffe dans cette minute a été émise il y a huit minutes, preuve scientifique à l’appui.

Sans tablettes de calculs savants et incompréhensibles pour nos humbles cerveaux, que peut-on en déduire ?

Notre monde matériel est devenu fou. Il existe une catégorie d’incarnés convaincus de maîtriser la matière, faisant fi de la Lumière.

Il en ressort des fruits et légumes « hors-sol », des céréales transgéniques, modifiés génétiquement pour soi-disant résister aux fléaux genre sauterelles ou mildiou, alors que la véritable raison est bien moins noble : la fin de la germination naturelle. Privées du cycle de la vie, privées de Lumière, elles sont objets morts au-delà de la mort. La mort humaine contient encore la Sur-Vie. La mort céréalière, la main-mise sur toute notre nourriture terrestre, va au-delà de ce que nous appelons « mort », elle contient un vide incommensurable dont seul un mot rapproche de l’idée que l’on peut s’en faire : NEANT !

Dans l’esprit le plus matérialiste possible, des êtres surgis de la noirceur la plus noire ont imaginé comment tuer la Vie, en soustrayant la Lumière de la matière.

Légumes hors-sol, fraises chimiques n’ayant plus que l’aspect d’une fraise en plastique, bœufs « clownés » et clonés, volailles, cochons, etc., engraissés et surproduits de végétaux morts : lesdits êtres sans conscience nous font absorber le NEANT afin de nous y renvoyer.

Privés de Lumière contenue dans notre nourriture, privés de Lumière dans nos maisons, blocs de bétons et blocs de champs électromagnétiques, privés de Lumière dans nos rapports humains (nous nous parlons, nous nous sourions, nous nous écrivons par l’intermédiaire de milliards de petites mais extrêmement puissantes – et de plus en plus – boîtes électroniques, noires de préférence) nous ne nous rechargeons plus à la Lumière d’un regard attendri, à la caresse d’une accolade, à l’ingestion d’une nourriture saine issue d’un sol sain et vivant.

La perfidie va jusqu’à nous effrayer du soleil : attention ! Couche d’ozone ! Lunettes à soleil ! Vêtements anti-UV ! A quand la combinaison spatiale reliée à un tube nourricier d’où jaillira dans nos gosiers une bouillie immonde crée par nos chers (et chers) lobbyistes ?

Pour reprendre une invective devenue célèbre

indignons-nous !

Recherchons, demandons, exigeons, créons nous-mêmes de la Lumière : je te sers dans mes bras, je te vois pour te parler, je prends ma plume si je dois t’écrire, je t’invite à ma table pour un repas simple mais savoureux (tant qu’il est encore temps) : légumes du maraîcher, œufs de mon poulailler, vin de mon vigneron respectueux, et si tu en ressens encore le besoin, viande de mon éleveur local qui sait encore ce que veut dire : brouter !

Rions ensemble, retrouvons la Joie ensemble, respirons ensemble !

Vivons notre big bang ! : retrouvons partout la Lumière, celle qui existe dans l’infiniment petit comme dans l’infiniment grand, dans le visible comme dans l’invisible, et qu’on reconnaît à tout ce qui s’appelle Vie et Amour ! Fuyons le NEANT !

Conscience ! Conscience ! Conscience !

(tient : coupé en deux, ce mot en devient hilarant

au vu de ce qui précède  ☺ !)

Éveillons-nous alors qu’il est, n’en doutons surtout pas, encore temps !

Toujours plus…

Serions-nous malades du « mais … » (mais points de suspension) ?!

  • J’ai une voiture, d’accord, mais… elle a des kilomètres au compteur ! si je pouvais avoir ce nouveau modèle présenté au salon, je serais tellement plus heureux(se) !

  • Ma maison est sympa, mais… les fenêtres prennent l’air. Quand mon budget le permettra, j’en achèterai des toutes modernes, je perdrai moins de temps à les nettoyer.

  • Je pense partir en vacances. Oui c’est sympa par là-bas ! Mais… ce n’est pas les plages de cette île paradisiaque !

  • Je suis seul(e), c’est génial, je fais ce que je veux, quand je le veux. Vive la liberté ! Mais… ce serait quand même chouette de partager mes bons moments avec quelqu’un.

  • Mon armoire est pleine de vêtements, mais… qu’est-ce que je pourrais bien porter à cette soirée ?

  • Mon portable est le top de l’électronique, mais… avec cet autre modèle, je pourrais tout gérer, mes rendez-vous, mon travail, ma famille, mes amis, mes loisirs, (  ), etc.

  • Quel bon repas ! Wouahou ! Je ne peux plus rien avaler, mais… ce chariot de desserts, mmmh ! Et je peux en choisir trois !

  • Oui, j’ai une bonne santé, mais… je ne digère plus aussi bien qu’avant !  (voir ci-dessus)

  • J’ai un(e) conjoint(e), mais … il (elle) a des kilom… NON !!!  … il (elle) ne me dit plus des mots d’amour comme avant, ce n’est plus pareil qu’au début.

  • Etc. etc. etc.

Il y en a à citer ainsi des pages de dictionnaires, dans tous les domaines de notre vie, sans exception.

D’où vient cette attitude du « toujours plus », ou du « oui mais … » ?

Il y a des millénaires, quand nous étions en phase avec les cycles de la nature, telle l’hirondelle ou la grenouille, nous vivions dans la seule conscience de la subsistance du jour, voire du lendemain.

Et puis la peur du manque s’est emparée de nous. Alors nous avons commencé à stocker, engranger, bien plus que ce qui nous était nécessaire.

Un système d’échanges s’est mis en place, très vite remplacé par le commerce et l’industrie.

L’ère du « toujours plus » est survenue, avec le toujours plus en quantité, le toujours plus en qualité de vie (vite rejoint par son opposé), le toujours plus en rapidité. Et de toujours plus, nous sommes tombés dans le « trop », qui étouffe tout, sans plus de considération, ni pour les humains, ni pour notre environnement.

Quelle est la motivation de notre inconscient dans cette phase de « sur-consommation » ?

A observer les peuples dits « primitifs », nous avons peut-être à trouver un début de solution et surtout de remise en question toute personnelle.

Les indiens d’Amérique ne tuaient que pour se nourrir ou se vêtir. Ils ne menaçaient pas l’ordre des bisons, exterminés en un rien de temps par les colons.

Les aborigènes d’Australie vivaient il y a peu en parfaite harmonie dans leur environnement naturel. Le gouvernement, réalisant qu’il les avait spoliés de leur culture et de leur terre, compensa la destruction de leur équilibre par le don de maisons, voitures, et confort moderne dont les aborigènes ne savent que faire encore aujourd’hui, à mi-chemin qu’ils se retrouvent de leur vie instinctive et d’une vie dite civilisée.

Le plus pathétique de ces histoires, c’est qu’à les vouloir identiques à nous, nous avons transmis nos « tares » à ces êtres merveilleux de simplicité : alcool et drogue les ont complètement éloignés de leur savoir ancestral.

Et si nous sur-consommions en réaction à notre mal-être grandissant du tout-avoir et toujours plus ? Si nous observions ce qui nous différencie de nos ancêtres lointains de ce que nous sommes devenus ? Quelle est la différence de comportement qui nous a amenés à cet état ? Que se passait-il dans la tête des sages primitifs que nous ne pouvons plus saisir ? Est-ce à dire que lutter pour sa survie prévalait à toutes nos déviances ?

Notre part d’inconscience est en partie seulement responsable, car qui a conscience de la puissance de la pensée parvient à dominer le monde : en insinuant perfidement que notre vie serait bien plus belle avec plus de … (tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute – La Fontaine 1621-1695), les manipulateurs de tout poil ont la part belle

Nous confondons alors besoin et envie, persuadés que nous ne pouvons pas vivre sans plus de …

A regarder la nature évoluer autour de nous, quoi que nous vivions, la Vie est la plus forte, avec ou sans … points de suspension, comme cette appellation porte bien son nom : devons-nous suspendre notre énergie de vie à nos désirs inaccomplis ? Ou reprendre notre liberté et ne plus, voire moins si possible, écouter le chant des sirènes de la surconsommation ?

Des millions de petites gouttes d’eau d’éveil deviendraient très rapidement un grand fleuve de conscience pour la planète et pour tous les êtres vivants !

Douleur et souffrance

Douleur :

J’ai un cor au pied. La douleur survient, lancinante. Il est là, sur mon orteil, à me regarder de son petit œil noir. La pluie menace et il me réveille. La douleur grimpe jusque dans ma jambe : il faudrait que je le soigne.

Souffrance :

Aïe ! Comme mon cor au pied me fait mal ! Impossible de mettre mes chaussures de marche. Et dire que demain je devais faire cette merveilleuse promenade que j’attends depuis un mois ! Pas de chance : en plus, ils annoncent un soleil magnifique. Si, au moins, il pleuvait, j’aurais moins de regret !

Et puis, Philomène va jubiler, elle qui me traite toujours de paresseuse. Je ne peux pas marcher, mais elle va croire que je renonce à la balade volontairement. Je crois qu’elle ne m’aime pas. De toute façon, Oscar, lui, va s’en réjouir : il ne me supporte pas ! Il court toujours en tête du groupe et se retourne en me regardant d’un œil critique et narquois pour voir si je suis le rythme.

Et puis, tous ! Ils seront sûrement contents que je ne puisse y aller : parfois, ils interrompent leur conversation quand je m’approche. Je suis sûre qu’ils disent du mal dans mon dos…

Etc., etc., etc. …

La douleur est une réalité du corps physique. Une pathologie s’installe à un endroit précis et génère une interférence dans le flux nerveux qui monte cerveau. Il s’agit d’y donner suite, selon nos convictions, soit en prenant un inhibiteur qui calmera la douleur, soit en recherchant la cause afin de la traiter et peut-être de résoudre le problème afin qu’il disparaisse.

La souffrance est une projection du mental. Elle fait feu de tout bois. Tel un fil d’Ariane déroulé patiemment, une idée « prend vie » dans notre lobe gauche et devient notre « réalité » du moment, par une suite de mécanismes aussi bien réglés qu’une montre suisse.

Il suffit d’un dixième de seconde d’inattention et la machine se met en marche, telle que monsieur Tinguely l’a si bien mis en pratique : cette pensée engendre telle autre pensée, qui débouche sur telle idée, et avant d’avoir pu dire « ouf » nous voilà avec dans la tête un périphérique parisien aux heures de pointes !

Tout l’art et la leçon maintenant réside à dénouer cet écheveau, qui, soyons-en sûrs, s’il n’est pas pris à temps, générera à n’en point douter ce nœud douloureux dans notre corps, jusqu’à la pathologie.

Inutile de citer les réflexes classiques très prisés, bien appris et assimilés afin de calmer notre mental fou comme :

  • manger une tablette de chocolat

  • allumer une cigarette

  • se river au poste de télévision ou à l’écran de l’ordinateur

  • etc…

Pourquoi apprend-on de tels comportements depuis la toute petite enfance plutôt que d’enseigner au plus tôt à se reconnecter à notre corps et à notre âme ? Probablement parce que toute une part de l’industrie deviendrait inutile.

Aussi complexe que cela puisse paraître, il en est pourtant d’une simplicité enfantine de ne pas laisser le train de nos pensées s’emballer : un état de conscience éveillée permet de saisir la pensée racine dès son arrivée, pour autant qu’on s’y entraîne un tant soit peu et qu’on s’y tienne.

Il est permis à chacun d’y arriver, pour autant qu’on en ait le désir et qu’on s’y penche avec bienveillance envers nous-même.

Ensuite, à chacun de trouver sa méthode pour calmer le mental; dans la plus abordable immédiatement, il y a la relation au souffle et au moment présent, de même la prise de conscience des fonctions du corps : je ressens mes pieds fermement posés sur le sol, bien au chaud dans leurs chaussettes, telles des racines ancrées dans la seule réalité, le moment présent.

J’ouvre mes narines et mes poumons et inspire une grande bouffée de ce moment présent. J’expire une à une ces visiteuses indésirables que sont mes pensées négatives par mes narines et ressens doucement mon plexus s’ouvrir, tel une fleur de lotus.

Je n’ai pas à combattre quoi que ce soit, juste à rester très vigilant(e) pour garder mes pensées centrées sur cette seconde-même et cette respiration-même.

Le mental va bien sûr se débattre un peu :

  • Hé ! Là-haut ! Qu’est-ce que tu fais ? C’est moi qui commande ! Attends ! Pense à cela …

  • Hé bien non ! Mon p’tit père ! À partir de maintenant, je reprends le gouvernail de mes pensées, de mon corps, de ma santé, de ma paix intérieure ! Je deviens magicien(ne) dans « l’âme agit », la magie c’est cela :

« Je suis le capitaine de mon âme,

le maître de mon destin ! » (Invictus)

La liberté c’est cela : choisir en toute connaissance de causes … et d’effets …

ps : mes rechutes ne me découragent pas ! Je suis tombée trois mille fois avant de savoir marcher ☺

Ombre et Lumière

Un enfant qui naîtrait à l’âge de dix ans, en Islande, pendant les six mois de jour, ne saurait pas que la nuit existe et inversement.

Pour que nous prenions conscience de notre Lumière, il faut qu’elle se confronte à l’ombre.

La lumière du soleil qui inonde le monde entoure chaque chose de sa propre ombre. Seul l’espace d’une seconde, centré dans la verticalité absolue, l’ombre se cache sous nos pieds, pour glisser inexorablement d’est en ouest, du sud au nord.

La lumière éternelle n’est pas dans l’ordre du vivant, puisque toute vie est régie par les cycles « jour-nuit », dans une régularité de métronome, prouvée par le monde scientifique et le simple bon sens.

Sur les cycles annuels, il y a quatre points reliés : deux en bascule qui s’inversent totalement, deux complètement en équilibre. Le 21 décembre, la nuit est plus longue que le jour.

Le 21 juin, le jour est plus long que la nuit.

Les 21 mars et 21 septembre, jour et nuit sont sur la ligne horizontale de l’équilibre.

Ce qui régit du plus grand régit du plus petit : nos états de conscience oscillent entre bien-être et angoisse, selon qu’on se situe à l’équateur ou aux pôles de notre éveil.

Notre liberté et nos choix de vie conduisent selon cet éveil à glisser de bas en haut ou de gauche à droite, dans une recherche constante du point le plus lumineux.

Comprenons et acceptons que l’ombre ne peut être fuie ni niée, car elle est le pendant du balancier qui évite le « décrochage » et l’annihilation totale du point d’équilibre, sans lequel on chuterait comme un caillou dans une crevasse sans fond, ou on s’élèverait comme un ballon fou, décroché de ses amarres, vers

le feu brûlant du soleil.

Ainsi en est-il de notre vie terrestre.

Ainsi en est-il de notre condition d’humain en adéquation de ce moment présent, de cette seconde même.

La paix sur Terre

Quand je dors, je ne sais pas que je dors !

– Pourquoi mon âme attire-t-elle encore la même situation ?

– Pourquoi je me piège toute seule dans la colère ?

– Passe et repasse ! La pression du déjà vu m’oblige à reconnaître qu’il n’y a pas de coupable extérieur.

– Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets.

– Que faut-il parfaire pour ne plus refaire ?

– Quelle faiblesse puis-je transformer en mieux faire ?

« Si une cause nous éloigne de notre lignée de sang, elle procède d’une confusion entre prendre sa place dans le monde et s’affirmer contre. De l’importance d’honorer ses ancêtres » (sagesse africaine)

– Quelle terreur le moment présent cherche à guérir de mes incompréhensions enfantines ?

– Toutes nos épreuves sont nos leçons. Les accueillir et les dédramatiser, les libérer du carcan émotionnel apporte la compréhension.

– La compréhension de la tension présente ne libère pas totalement des futures leçons, jusqu’à devenir un nouvel état d’être libéré de cet enseignement-là …

… afin de poursuivre par l’enseignement suivant.

– Ainsi est le Chemin.

– Ainsi arrive la lumière du merci sur les vicissitudes du destin, ainsi les enfants de Lumière illuminent les  difficultés du monde.

– Ainsi le changement survient dans la douceur de la compréhension.

– Ainsi la Paix prend toute son amplitude dans les cœurs et sur la terre.

– Ainsi soit-il de la difficulté comme de la facilité.

Tout est Un

Mais sans dualité, la vie n’est pas possible

Pour que la graine germe, il lui faut la terre et la lumière, l’eau et le soleil. Pour que la chlorophylle se synthétise, il lui faut le jour et la nuit.

Mâle ET femelle : deux cellules ! Chacune issue de l’un et de l’autre, unie dans un « tube » de vie : végétal, animal, humain, pour que, dans une union sacrée, l’énergie de vie puisse avancer.

Je suis nourriture terrestre et nourriture céleste. J’ai besoin d’un peu de terre et d’un peu d’air, tout comme la salade, ma sœur.

J’ai l’illusion de diriger ma vie. Mais n’est-ce pas mes poumons qui absorbent l’air, mon cœur qui pulse mon sang, qui me portent, me poussent et m’obligent vaille que vaille !?

Mes fonctions cognitives, issues de l’énergie ancestrale, immortelles, portent ma vie. Tant bien que mal, je tiens le gouvernail, sur cet immense océan en mouvance perpétuelle. Que je coule, que je nage ou que je fende l’eau comme une frégate, toutes voiles dehors, est sans importance : l’océan demeure.

Un choix m’incombe : dessous ou dessus !

Dualité : à vouloir TOUT diriger, l’humain crée le monde dit « civilisé ». Il méprise l’océan qui le porte. Il ne voit pas qu’à pourfendre les flots sans conscience, il érige des murs qui menacent de l’absorber.

Heureusement, il existe une catégorie d’humains dits « primitifs » (j’appartiens au monde), gardiens de ce savoir ancestral issu lui aussi de la nuit des temps.

Ils se fondent dans un total respect de l’énergie de vie : ils mangent les fruits de l’arbre et quand les feuilles tombent, ils savent que celles-ci protégeront les racines du gel.

Leur confiance naïve et toute puissante rejaillit dans la pureté de nos enfants, avant que nos peurs et nos conditionnements ne les bâillonnent !

Voir grandir le monde revient à observer ces peuples à la sagesse innée, ou, beaucoup plus simple, boire à la source qui nous est offerte : écouter nos enfants, reconnaître en eux le maître que nous avons étouffé en nous.

Pour retrouver la grandeur du monde, oublier la suprématie arrogante de l’homme (le monde m’appartient) et accepter de faire un binôme avec la Nature.