Archives de catégorie : Non classé

La création divine

La création divine

La création divine : la Terre, les océans, le ciel, les étoiles, le soleil, l’eau, l’air, les poissons, les oiseaux, les animaux, les arbres, les prairies, les montagnes, les rivières, les lacs, les sources, les fruits, les légumes, l’expansion, la multiplication, l’amour inconditionnel… et les humains.

La création humaine : les voitures, les avions, les meubles, la nourriture transformée, les routes, les buildings, les armes, la chimie, l’enseignement conditionné, les soins conditionnels, la torture, les concepts, les différences, la jalousie, les dérèglements climatiques, l’exploitation, l’inconscience… et le chocolat.

J’entre dans le silence de mon âme, au creux de mon corps, par l’expression de mon ressenti.

Quelle différence entre les deux niveaux de création : le voile de l’oubli de Qui je suis.

A quel moment ai-je permis à mon âme de s’exprimer en tant qu’âme ?

Elle n’a d’autre choix que de le faire à travers moi, mais quand est-ce que je sors du pouvoir pour être ?!

Quand mes pensées sont calmes, maîtrisées, que je ne leur laisse plus le devant de la scène, mon âme peut s’exprimer (le «Je suis mes textes» de Cécile).

Quand je renie la Source en moi, je laisse la matrice me diriger. Elle m’apprend ce que je ne suis pas en réalité, me pousse à douter, à chuter. Le tout petit enfant se sent maître du monde, jusqu’à ce qu’on le conditionne.

Je me sens grandie quand je comprends comment laisser mon âme s’exprimer.

Tout est vibration. La maladie est une vibration basse. Quand ma vibration est haute, la maladie ne peut pas m’atteindre, ni les injonctions stupides qui pensent me soumettre.

Quand mon cerveau prend le pouvoir sur mon coeur, ma réflexion me coupe de mon intuition.

Comment faire pour arrêter de penser ?!

Grande question primordiale ! La clé de l’auto-libération. Je ne peux arrêter de penser, je peux juste prendre conscience de mes pensées, les reconnaître : celles qui élèvent mes vibrations versus celles qui les abaissent.

Mais comment procéder ?!

Commencer par un scan du corps : est-ce que je ressens le tissu sur la peau de mon dos, de mes bras ? Mes pieds sont-ils à l’aise dans mes chaussures ? Sont-ils froids, ont-ils trop chaud ?  Est-ce que la ceinture de mon pantalon entravent mes mouvements ? Mon oreiller est-il confortable ? L’eau qui descend dans mon tube digestif est-elle froide ou tiède ? Etc.

Cet exercice m’habitue à l’introspection. Je me fais observatrice de mes ressentis, de mes émotions, pour ensuite me faire observatrice de mes pensées.

A chaque instant dans un premier temps, j’essaie d’attraper la pensée qui vient de passer et de m’en souvenir. Il faut que j’aille faire la lessive. Ok, celle-ci m’est utile. C’est de la faute de … si … . Pensée stérile qui n’aide personne et abaisse mes vibrations. J’ai soif. Ok, j’écoute mon ressenti et vais me servir de l’eau. C’était chouette ce partage avec mes amis : l’émotion qui s’y rattache revient instantanément et élève mes vibrations. Je ne garde que ce qui se rapproche le plus de la joie pure et sans attente.

Et ainsi de suite jusqu’à ce que ce scan devienne une habitude.

Le mental qui a régné en maître jusqu’à ce jour se sent rapidement brimé dans ses élucubrations. Je ne veux plus m’attarder sur cette pensée sombre que je reconnais. Je vais dans ma banque de souvenirs chercher une pensée sympa et la développe. Arrive un moment où cette banque de données n’est même plus utile : je suis là, profondément ancrée dans mon moment présent, très consciente de mon corps, en action ou non, de ma respiration, de la seconde qui se joue. Demain ?! C’est un autre jour, inutile d’élaborer des hypothèses. Hier ?! Je ne peux plus rien y changer, hier est tel qu’il devait être. Seul compte cette seconde que je vis ! A moi de la rendre le plus agréable possible.

Avec de la constance et l’habitude, arrive un état d’esprit paisible et serein.

De cet endroit paisible, je peux encore prendre du recul, seulement ressentir l’air qui pénètre dans mes cellules et m’oxygène. Tout est vie autour de moi, mes sens me le confirment. Je suis de cette vie qui pulse à l’intérieur et à l’extérieur de moi, petite graine plantée là pour une raison qui m’échappera toujours. Mais le monde ne serait pas ce même monde sans ma présence.

De cet endroit, je deviens créateur. Je suis.

Namasté

laudine

 

Mon « après mémoire » UD

Je comprends initialement ce mémoire comme preuve de compréhension et d’acquisition de l’enseignement de l’Art de la Relation©.

Cela crée une dichotomie dans mon ressenti. Encore une fois, faut-il sortir du concept de la dualité par ce concept de ce que je conçois comme un examen de plus ?

Poussée par cette puissante envie de comprendre l’incompréhensible, je m’attelle bon gré, mal gré, à ce labeur.

Je n’y vais pas avec mon mental. Je m’isole et plonge dans mon ressenti au point de faire abstraction du froid de la maison qui m’accueille : quinze degrés nuit et jour. Trois pulls et un espace-temps plus tard, je ressors avec mes pages construites, sans grande conviction du mémoire accompli par un volume de mots jetés sur mon ordinateur. Pourtant, je préfère, et de loin, la griffure de l’encre sur une feuille de papier, mais il m’aurait fallu tripler mon temps d’isolement.

Cette expérience informatique me confirme un autre frein imaginaire. Tout va bien, tout coule sous mes doigts, quel que soit le fond, la forme est là.

Je suis portée par une chanson récemment entendue : «Shallow», la surface. Or do you need more ?! Oui ! J’ai besoin de plus, plus haut, plus loin, que cette apparente réalité qui n’a jamais, mais vraiment jamais correspondu à mon «être», ce moi toujours décalé au regard du poussin de six jours qui découvre un univers étrange.

Cette «surface» vibre tellement en moi ; ce voile épais qui me cache les profondeurs et les hauteurs que Cécile nous explique avec patience, douceur et détermination. Je veux y aller, et tous les chemins me sont bons, même ce mémoire arraché à ma volonté.

Le jour de la présentation arrive. J’ai préparé une petite mise en scène qui me représente, plus que le mémoire lui-même. Je n’en mentionne que le titre, ou si peu de plus.

Comme la main qui assurait l’équilibre de mon vélo à six ans, Cécile me guide : roule Claudine, pédale, je suis là, oui vas-y, tu y es presque !

Elle me pousse avec bienveillance devant «mon mur», ma surface opaque :

– Tu reçois tes textes Claudine ?

– Oui !

– Tu reçois tes textes ?

– … hmm… oui …

– Tu les reçois !?

Une pensée : ça ne doit pas être ce «oui» la bonne réponse. Le mur explose !

– Je suis mes textes !!!

– Oui Claudine ! C’est cela ! Tu es tes textes.

Une grande joie m’envahit, comme en ce jour de mes six ans où papa a cessé de courir pour tenir mon vélo en équilibre sans que je ne m’en aperçoive.

Je pédale et me tiens droite comme ce merveilleux i couronné d’un point !

Je roule, je respire, je m’expands. Je découvre une liberté nouvelle qui fond la matière, mon environnement, mon moment présent en millions de particules volatiles et insaisissables. Une nouvelle fois, ce ressenti de non-séparation.

Quelque chose de «physique» lâche en moi à cet instant où j’énonce publiquement «je suis mes textes».

La toux qui perturbait mes jours et mes nuits depuis tellement d’années cesse. Les allergies alimentaires se tiennent en sourdine malgré mes petits écarts. Mais le plus important : mon regard a changé, mon ressenti a changé, mon «être, je suis» a changé, plus calme, plus posé, comme grandi.

Les lentilles d’eau qui recouvraient la surface de la mare où je pataugeais ont disparu, faisant place au miroir pur de la surface d’un lac de montagne où se reflètent les sommets et les vols des oiseaux, dévoilant aussi les galets et les poissons dans son eau cristalline.

Ma vision de la réalité telle que présentée a pris d’autres dimensions, d’autres perspectives qui attendaient, latentes, au creux de mon coeur.

Comme l’instant T qui a conduit à mon équilibre en vélo, il y a cet instant T qui a ouvert mon armure personnelle et conceptuelle qui m’étouffait.

Je ne suis qu’au tout début de cet Autre Chemin.

Namasté

Claudine

PS : j’ai présenté ce mémoire en décembre 2023. Petit à petit, les transformations observables arrivent indépendamment de ma volonté propre.

PS bis : Je comprends en écrivant ces mots l’envie viscérale qui m’a poussée à acheter un vélo et à en pratiquer avec une joie indicible !

Les sons guérisseurs

Je ressens la vastitude autour de moi, en moi.

Mais mon corps fait barrage, ma peau écorce.

Un seul point d’entrée : mes narines.

Comme un cordon ombilical, je suis reliée à l’espace par le souffle qui me nourrit, me tient en vie.

Je suis espace, goutte d’eau qui vibre de l’océan, se reconnaît océan, mais se ressent séparée de sa matrice-océan.

Les limites de mon corps, ses besoins matériels, me coupent du Grand Tout.

Tout doux à l’intérieur de mes poumons, l’air pénètre jusqu’à la plus ténue de mes cellules, inonde de vie mon corps inconscient de sa magie.

Mon âme agit d’amour inconditionnel.

Aucune pensée ne peut appréhender cet amour pour chacune de mes cellules.

Seul le ressenti dénué de toute envie, de tout doute, de tout espoir, de toute attente me permet de toucher le doigt divin qui agit par ma respiration.

Cordon ombilical jamais coupé, pourquoi ma quête d’amour obsessionnelle qui me croit séparée de la Source ?!

Je n’avais qu’à lâcher, fermer les yeux, ressentir depuis l’intérieur la si douce présence.

Merci Ma Source. Tu es. Dans mon «je suis» je Te vis, je T’inspire et me guéris de ma blessure de division.

A    Tu es là

OM    Tu me parles doucement

HOUNG    je Te ressens vibrer en mon coeur

RAM    Tu crois (croître) en moi à chaque inspire, autre ombilic jamais sectionné

DZA    ma vie prend tout son sens dans Ta présence.

Namasté

Claudine

D’après les enseignements de Tenzin Wangyal Rinpoché

Livre : « les sons tibétains qui guérissent »

Transmis par Madame Cécile Blanc, Maison du Lotus 39, Valempoulières

 

La transformation

La transformation vient du coeur, du silence, du vide, du néant où tout se crée, de l’insondable par le mental.

Notre tête est une radio qui pépie, croit savoir, croit pouvoir.

Tant que nous l’écoutons, rien ne se passe.

Elle nous envoie un brouhaha de jugements, de critiques, de suppositions, des à-priori qui sont à mille lieues de la réalité.

Car notre cerveau est formé dès notre première respiration à adjoindre un mot conceptuel, une parole, sur un fait.

Nos parents, nos enseignants, n’ont de cesse de nous faire associer un mot sur chaque chose, chaque ressenti. Aucune possibilité d’échapper à la verbalisation et c’est tant mieux.

Il existe quelques exemples dans le monde d’enfants sauvages n’ayant reçu aucune structure. La communication est alors impossible.

Il existe aussi des ghettos où, pour se différencier, un jargon est inventé à des fins de sortir du bien-pensant : mon daron me gonfle ! Traduction : mon père m’oblige à des règles que je rejette et cela m’énerve.

Ces jeune gens ne se rendent pas compte qu’en refoulant «la parole juste», la verbalisation exacte entre le concept et le mot, la grille de codes en usage, ils s’isolent et avancent sur un chemin sans issue, même si quelques-uns parviennent à imposer leur style.

Le premier «formatage» du charmant petit bambin commence souvent par nommer papa et maman, ensuite son propre corps : la main, ainsi font les petites marionnettes. Puis les couleurs : l’anneau jaune est plus petit que le rouge. Ainsi arrive la notion de taille. Très tôt également : c’est bien, oui ; c’est mal, non.

Notre cerveau reçoit une grille de compréhension, comme une grille de symboles chimiques et-ou mathématiques. Un mode binaire qui régit tout, jusqu’à créer un monde imaginaire avec l’I.A, l’intelligence artificielle.

Tout est dit dans l’énoncé : artificielle ! C’est-à-dire que l’intelligence se rapporte à cette grille de lecture qui peut progresser à l’infini. Il s’agit là d’être instruit, non d’intelligence innée. On devrait parler de «programmation informatique, voire d’instruction artificielle» en lieu et place d’intelligence.

Notre cerveau, englué dans cette grille conceptuelle, ne peut que créer de l’artificiel, car c’est son mode de fonctionner conventionnel.

J’effleurais hier, avec mon amie Lucie*, ce que j’avais vécu récemment en hypnose et elle en constellation familiale. Nous étions toutes les deux surprises et heureuses des résultats inattendus.

Mon amie me disait même de ce jeu de rôles, sur un ton un peu frustré :

– je me suis sentie tenue à l’écart de ma propre histoire !

Oui ! Chère Lucie, c’est cela !

Toutes ces «techniques», qui visent à faire taire notre mental et s’adressent à notre inconscient, fonctionnent.

Méditation, retraite spirituelle, mantras, prières, activités artistiques, connexion à la nature, et j’en oublie, sont nos moyens personnels de sortir de nos pensées par notre volonté propre.

Il existe bien sûr de multiples thérapies pour nous aider à faire taire notre mental, comme les deux citées plus haut, pour atteindre cette transformation que nous souhaitons tous un jour ou l’autre à un moment pénible de nos vies.

Pour sortir de ce que nous croyons être la seule réalité douloureuse, il faut prendre conscience qu’elle n’est qu’une conception mentale. Combien d’humains vivant dans une extrême pauvreté ont pourtant une grande joie de vivre dans leurs coeurs ?!

Il y a un magnifique exemple de ce qu’est cette grille conceptuelle dans l’histoire d’Helen Keller, une petite fille née sourde et aveugle en 1880, faisant l’objet de nombreux films et livres.

Elle comprend enfin la relation mot-objet en touchant l’eau que son éducatrice lui signe inlassablement, malgré ses farouches refus. Enfin, elle connecte cette fameuse grille de correspondances et arrive très vite à des sommets universitaires : auteure, conférencière et militante politique. Plus rien ne l’arrête.

Notre défi à nous est d’en sortir pour atteindre la transformation.

Quel beau paradoxe !

Namasté Claudine

* Changé par discrétion

L’abondance

Il était une fois un petit enfant noir que je rencontrais dans le grand désert d’une ville européenne, à mille lieues de mon lieu d’habitation.

Il avait bien grandi, beau et grand jeune homme à l’énergie très solaire, à l’âge mythique de trente-trois ans. Je l’appellerai Béatitude pour l’histoire.

Là-bas, dans sa tribu africaine, les prénoms de chaque enfant ont un sens.

– Mon papa était un roi me dit-il ! avec des étoiles dans les yeux.

Ce roi avait cinq enfants avec la maman de Béat, mais «mon papa avait sept femmes» dit un jour Béat d’un air provoquant et taquin à mon amie française offusquée.

Il avait été conçu à Paris paraît-il, par quel hasard ses parents s’y étaient retrouvés ? Je ne m’en rappelle plus.

Le papa avait voulu très vite rentrer dans sa chère Afrique, fuyant ce constat terrible, lui, le noble roi vénéré sur sa terre, avec ces mots terribles :

– Je ne savais pas que j’étais noir !

Ces propos de Béat m’avaient déchiré le cœur en mille morceaux : ne sommes-nous pas au vingt-et-unième siècle !?

Donc Béat vit le jour sur la terre de ses ancêtres. Il y grandit dans une communion totale avec la nature, ses multiples frères et sœurs, tous les enfants du village, et ses multiples parents, tous les adultes du village.

– Tu sais, pendant la saison des pluies, la pluie faisait un bruit du tonnerre sur les tôles ondulées de la maison où je dormais, mais ça ne m’empêchait pas de dormir.

Allait-il à l’école là-bas ? Je crois que oui. Mais il était aussi et surtout à l’école de la vie.

– Tu sais, on était pauvres. Ma grand-mère remplissait des bouteilles d’eau en plastique qu’elle congelait et j’allais vendre les glaçons au marché.

Une autre fois, il me dit :

– On avait très peu de viande à manger. On avait un cube de ragoût de deux centimètres chacun. On détachait les filaments un par un pour les savourer et qu’ils durent plus longtemps.

Mon Petit Prince.

Il y avait tellement d’enthousiasme en toi que tu illuminais mon coeur. J’étais toute à la fois émerveillée, fascinée, attendrie ; parfois aussi, je frissonnais d’inquiétude malgré tes grands éclats de rire.

Tu savais si bien m’emmener dans ton univers si lumineux.

Ta maman, ayant goûté au monde dit «civilisé», prit un jour ses cinq enfants sous le bras et revint en Europe. Tu devais avoir quatorze ans je crois.

Par je ne sais quel miracle (mais était-il bienveillant ce miracle ?) elle tomba sur un homme au grand coeur qui vous fit faire des études.

Et toi, le petit sauvageon qui courait aussi vite que le guépard, tu fis de brillantes études, ainsi que tes frères et sœurs.

Après l’université, un cabinet d’avocats renommé t’embaucha. Tous les matins avant de te rendre au travail, habillé comme le prince que tu étais, tu allais à la messe remercier Dieu. Dans tes rêves mirobolants, tu voulais changer l’ordre du monde. Pour cela, tu avais ouvert une agence de journalisme et réussi à t’enfiler à l’ONU.

– Tu vois là Claudine !? C’est moi là, avec l’ambassadeur ! Me dit-il en me montrant la photo sur son portable, tout fier d’être si près du but.

– Et j’ai rendez-vous avec neuf autres pour des interviews. J’ai vendu mon prochain reportage à des chaînes de télévision africaines.

Ouh là ! A ces mots, mon sang s’est glacé : on n’envoie pas un boulet rouge dans la cour de récré des grands de ce monde sans représailles.

– Attention à ta vie mon cher Béat !

Mais il n’entendait pas mes mises en garde, tellement occupé à l’émerveillement et à vouloir sauver le monde.

– Tu te rends compte Claudine ?! J’appuie sur un bouton et toutes les voitures s’arrêtent, pour que moi, je traverse !!!

Non, moi je ne me rendais plus compte. Pour moi c’était un geste banal, quotidien, insignifiant. Je dus réfléchir pour comprendre son cheminement.

Pour lui, il ordonnait au monde de s’arrêter en appuyant sur le feu du passage piétons, et le monde s’arrêtait pour le laisser passer.

Dans son immense générosité, il prit au pied levé le rôle de papa d’un adorable petit bonhomme à naître, à qui il donna bientôt un petit frère.

Il se battait comme un lion pour porter et nourrir sa petite famille. Il essaya de hisser la toute jeune maman à sa compréhension du monde, mais sans y parvenir. Je crois que cela lui brisa le coeur.

Je l’ai emmené dans mon univers, pensant que les miens s’enthousiasmeraient tout comme moi de sa félicité. Nous nous fîmes alors miroir.

Cet être solaire n’illumina que mon petit-fils de sept ans.

Mes «grands», chers à mon cœur, me regardaient avec un air bienveillant se voulant protecteur :

– Hé ! Redescendez de votre planète vous deux !

Je n’en avais pas envie. Je voulais voir le monde avec ses yeux à lui, même si son regard n’avait aucune complaisance contrairement au mien. Je voulais voir le monde avec ses yeux, car il avait le regard mirifique de mon enfance.

Je pris à bras-le-corps une œuvre humanitaire, avec la certitude de son soutien et de pouvoir réaliser son million de merveilleuses idées.

Je percevais aussi son mal-être grandissant. Trop, tout était TROP ! Il était monté trop haut, il avait trop porté, subi trop de désillusions.

Et brutalement, à la veille de Pâques, il disparut de la surface de la terre.

Une fois déjà auparavant, je l’avais cherché en remuant ciel et terre, pour le hisser à nouveau à la lumière.

Cette seconde fois, je compris que c’était inutile. L’abondance l’avait vaincu.

Mon Petit Prince, cher Béatitude !

Tu es allé au-delà du point d’équilibre et tu as basculé dans le vide.

Je n’ai pas su te retenir, moi l’adulte, la mère, la rêveuse, l’aveuglée par l’abondance, la blasée. Je n’ai pas su prévenir ta chute, te protéger de toi-même.

Pardonne-moi.

Tu es et seras toujours mon Petit Prince, à qui tu ressembles tellement.

Je sais que tu es remonté sur le fil de la vie. Je l’espère plus stable cette fois.

Namasté

La Vraie Vie – L’âge d’Être

La vraie vie, ce n’est pas ce que nous faisons, mais ce qui coule en nous.

«Prenez et mangez-en tous, car ceci est mon corps livré pour vous».

«Prenez et buvez-en tous, car ceci est mon sang livré pour vous».

La Vie ! L’hostie et le vin sont symboles de la Vie.

Jésus nous l’a appris il y a deux mille ans. Son Corps et son Sang sont la Vie.

Siddhartha Gautama, le Bouddha, s’est retiré de sa vie princière et surprotégée pour toucher l’éveil en lui.

Combien de Sages ont essayé de nous amener à ce fait tout simple : nous sommes la Vie ?!

Comme nous l’apprennent ces pauvres personnes enfermées dans un corps inerte suite à une maladie ou un accident. Même sans mouvement, la vie perdure encore et encore jusqu’au dernier battement du cœur.

L’extérieur nous appelle et nous projette hors du lit, hors de nous.

Les fonctions premières nous embarquent dans la vie mondaine, dans notre réalité quotidienne. Nos obligations, nos responsabilités nous font courir. Nos liens affectifs mobilisent tout notre temps.

Nous nous oublions.

Jusqu’à ce que la Vraie Vie nous rappelle à son bon souvenir.

Souvent par une dépression ou un burn-out, parfois par une dépendance qui comble momentanément un vide abyssal.

Une implosion violente, lente ou brutale, nous fait toucher le fond d’un sombre puits qui ne se trouve qu’en nous. Parce que nous ne savions pas qu’il fallait veiller sur la petite Lumière de cette vie présente en nos corps et surtout l’alimenter par toute notre attention.

Qui n’a pas entendu cette phrase alors que le malaise est à son comble :

– Mais tu as tout pour être bien ! De quoi te plains-tu ?!

Grrr ! Si j’avais déjà compris ce qui se passe en moi, je ne serais pas au plus profond de mon mal-être !

– Il n’y a que toi qui peux t’en sortir !

Re «Grrr» ! Comment ça !? que moi !

Je ne sais plus pourquoi je vis. Pourquoi j’ai si mal alors que oui, tout va si bien dans ma vie.

Tout va bien dans ma «réalité» extérieure. Oui, tout va bien.

Mais ma vie intérieure, depuis si longtemps oubliée, ignorée, ne va pas bien du tout.

Il fait froid. Il fait nuit. Il fait noir.

Je sors le bout de mon nez parfois quand une montée d’adrénaline me tire vers le haut. Si soudainement, pour si peu de temps. Je retombe encore plus bas très rapidement. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ?! À l’aide !

Jusqu’à ce que je comprenne que pour sortir de mon super-grand-huit, il me faut me connecter à moi, à cette partie qui m’appelle en pleurant, d’une petite voix de plus en plus ténue : ne m’oublie pas !

Alors je m’assois dans la position du lotus, ou je joins mes mains à hauteur de mon cœur, je ferme les yeux, je calme mes pensées, et je «ressens».

Comme Jésus, comme Bouddha, comme tous les grands Sages à l’origine de toutes les religions nous l’apprennent.

Mes poumons veulent ouvrir mon ventre verrouillé, mon cœur veut ramener le feu de mon sang dans mon âme.

Je me pose. J’arrête tout pour enfin

«ÊTRE».

La toute petite lumière protégée par la merveilleuse lanterne qui se trouve être mon corps, et qui a failli s’éteindre, devient enfin le centre de mon attention, la cible de ma vigilance.

Avec toute sa tendresse, elle accepte de briller à nouveau pour moi, de grandir, de s’ expanser. Toute de douceur.

Jamais plus je ne t’oublierai, ma vie chérie, ma vie sacrée, je t’aime.

Je t’aime, je te reconnais, je te touche de l’intérieur.

Je prendrai soin de toi comme je prends soin de tous ceux que j’aime, de tout ce que j’aime. J’en fais le serment.

Namasté Claudine

 

L’âge de faire

La puissance de la vie est une force incommensurable.

Pour preuve, ces petites graines qu’on peut voir dans toutes les villes, qui s’insinuent dans une minuscule faille de goudron ou de béton, le soulèvent pour s’élever, pour devenir pissenlit, fleur sauvage ou arbre qui déchirent sans considération aucune ce lourd tapis figé.

Cette puissance se manifeste à l’instant où deux gamètes se rencontrent et où la division cellulaire devient multiple jusqu’à créer un corps, bientôt éjecté de la matrice, poussé par cette ineffable pulsion de vivre.

L’avidité du tout petit se manifeste en tout premier par sa bouche. Premier cri. Première tétée goulue.

La machine à grandir est en route.

La soif de vivre déchire tous les «il faut».

Envie ou non d’être accueillie, elle pulse, pousse, s’impose.

Il suffit d’observer les enfants, mus par cette merveilleuse énergie de vie, de croître, de faire.

Les statufier sur un banc d’école est un supplice, une douloureuse contrainte pour le corps qui ne demande qu’à exprimer cette envie de faire : bouger, bouger pour ne pas imploser.

Bouger pour faire quoi ? Tout. Tout et n’importe quoi pourvu qu’il bouge. Courir, sauter, se vautrer. N’importe quoi pourvu que ce fleuve impétueux puisse s’exprimer.

Vient la plainte des adultes du déficit d’attention. Mais comment être tranquille quand la vie sourd dans les veines !? Quand l’énergie vitale est à son apogée !?

Il semblerait que cette force de vie s’exprime principalement dans les hanches. Trop de pulsion retenue chez un tout petit l’empêche de s’endormir. De doux mouvements de rotation de ses petites jambes apportent un calme quasi instantané. Sous d’autres cultures pourtant, le bébé est emmailloté, contenu bras et jambes comme un petit ver à soie dans son cocon, et l’apaisement semble identique.

Plus tard, l’enseignant exige l’immobilité. Quoi que cela ne soit pas une condition généralisée dans le monde non plus.

Des pays avancés dans la pédagogie ont compris l’importance de laisser le corps s’exprimer. Que le mouvement permet la compréhension théorique, l’assimilation aussi. La preuve par les résultats scolaires supérieurs à la moyenne obtenus est une évidence.

L’enfant doit rester attentif aux propos d’un adulte pendant plusieurs heures, alors que gronde en lui une cascade impétueuse et débordante.

A moins que ! À moins que son mental ne soit appelé, happé, par un écran qui l’amène dans un état cataleptique proche de l’hypnose.

Le corps devient alors inerte, vautré, oublié.

Les heures passent. Seul le regard manifeste un éveil de surface.

Cet état cataleptique saisit même les adultes, inconscients que nous sommes de ce vol de présence, de cette atteinte à notre pouvoir de création, de ce kidnapping d’énergie de vie.

Un enseignement très doux peut être pratiqué volontairement : se poser sur un coussin de méditation, ou dans une position confortable choisie, et devenir observateur de ce qui se passe dans nos corps.

Constater et ressentir cette pulsion de vie qui demande à s’exprimer. S’en faire une amie qui nous ramène inlassablement à l’instant présent, immuablement. Chaque respiration nous ancre dans cette seule réalité, aussitôt suivie d’une autre, puis d’une autre, inlassablement.

Comme l’aiguille d’une dentellière crée une œuvre magnifique point à point.

Là nous pouvons toucher l’état d’être. À l’instant où le corps comprend enfin que nous cherchons juste à rentrer en communication avec «qui je suis».

Merveilleuse connexion du corps et de l’esprit, qui dans l’instant, peuvent se rencontrer et expérimenter l’Unité, la connexion au Grand Tout.

Survient alors l’envie d’être, quel que soit l’âge.

Namasté

Claudine



Adaptabilité



Adaptabilité

S’adapter, c’est se perdre.

L’ami avec qui j’échange me traduit cette pensée : quand l’enfant s’adapte à un traumatisme, il perd un peu de qui il est vraiment. Il perd une facette du prisme de sa personnalité.

Ma réflexion me pousse au-delà.

Et si le traumatisme était une porte fracturée pour que je devienne qui je suis vraiment ?

Qui traverse la vie sans traumatisme, quel que soit l’âge ?

Pourquoi devons-nous expérimenter la souffrance ?

N’a-t-elle pour seul but que la méchanceté pure de faire mal ? Comme la vie serait alors cruelle et inutile ! Un combat de boxe où il n’y aurait que des perdants.

Et si ces traumatismes qui nous touchent tous étaient tout l’inverse ? Une invitation à grandir ? À lâcher qui nous croyons être ? A sortir du rôle que nous nous imposons, seuls ?

Quand arrive notre première pensée consciente de qui je suis ? Après combien de respirations ? Combien de tétées ? Combien de chutes qui nous apprennent la verticalité ?

Ma personnalité s’est-elle déjà construite dans la vie intra-utérine ? A-t-elle choisi ma mère, ma famille, ma condition sociale, le sceau de la communauté qui voudra bien me délivrer mon passeport ?

Toute une vie pour m’identifier. Pour m’agripper à Cela. Toute une liste de références entre couleur de peau, langage, caractéristiques physiques, sociales, familiales … acquises ou innées.

Et si le trauma voulait juste me faire ouvrir la main ? M’apprenait à lâcher ? A lâcher mes constructions mentales élaborées au prix fort de Qui je me crois être en fonction de la trame.

Au-delà. Au-delà de mon apparence. Au-delà de ce petit moi qui ne veut pas comprendre, qui ne veut pas me lâcher : hé ! Attends ! Regarde tout ce que j’ai mis en place pour que tu sois toi ! Tu ne peux pas me tourner le dos maintenant, après tout ce que nous avons construit ensemble ?!

Et si ?!

Et si j’étais bien plus que cela ?!

Et si, au-delà de tous les concepts qui m’ariment, j’étais juste «la vie».

La vie qui doucement, immuablement, m’oblige à respirer. La vie qui pulse à chaque battement de mon coeur avec la seule volonté de me ramener à l’amour inconditionnel. L’amour qui se donne, comme la Terre donne son souffle l’air, son sang l’eau, sa chair la matière solide et vivante qui me nourrit.

Il y a trauma parce que je suis identifié-e très fortement à l’image que je me suis construite, avec velléité, avec une volonté infaillible d’être qui je veux être, qui je crois être.

J’ai appris si tard que la blessure m’apprenait à lâcher. Que l’Autre n’était que le reflet de l’image erronée de moi-même, bâtie pas-à-pas par ma pensée consciente.

Au-delà de cette image erronée, du personnage jouant son rôle dans le film de la vie, il y a mon vrai moi, nu, déconstruit, une pulsion, un souffle, une pichenette dans l’éternité, qui ne saurait être complète sans cette pichenette.

Tout le reste n’est que fantasmagorie.

Viens à moi, parle-moi, agite-toi. Donne-moi tes jugements, tes avis, tes mises en garde, tes tourbillons fous d’une tempête qui ne m’atteint plus.

Là.

Je suis.

De toute éternité.

Namasté

Claudine





La Main

Envie de mourir pour me fondre en Dieu.

Quel doux et étrange ressenti pendant un moment extatique de prière-connexion.

Comme si mon corps était une barrière, un contenant, qui m’empêchaient d’être «Un».

La mort, si mal perçue, parce qu’elle nous arrache les uns aux autres, croit-on, alors qu’en fait elle nous unifie.

Ma naissance m’apparaît comme un modelage dans la matière, comme une vessie incongrue sur un ballon.

Comme ce petit bonhomme très vénère, personnage d’un dessin animé italien des années 70 : la Linea (Osvaldo Cavandoli, 1971).

Ce petit homme s’adresse avec rage à la main du dessinateur très peu visible, exige de rallonger le trait, de lui faire prendre la forme souhaitée, de faire naître la situation désirée, souvent catastrophique.

On devine une douceur, une résignation amoureuse, de la part de cette main créatrice.

Il m’apparaît dans cet instant de communion intense que la ligne droite deviendrait quiétude. Pas de ligne du tout serait la vraie vie, unifiée, paisible, libérée de tout heurt, de tout conflit, de toute souffrance.

Etrange et merveilleux ressenti de la douceur de la mort.

Non pas d’une envie suicidaire.

Juste une envie d’être libérée des frontières de mon corps pour expérimenter l’unité, la plénitude, l’omniprésence, l’omnipotence, l’omniscience. Trois mots si lourds pour exprimer un éclatement de ma personne physique qui pour moi est tout contenu dans ce mot si attrayant : extase.

Les mots limitent ma pensée comme mes sens limitent ma communion.

Au-delà, au-delà, au-delà de la ligne horizontale, au-delà de la surface.

Rejoindre le Créateur si doux qui autorise toutes mes velléités, toutes mes bêtises, tous mes manquements, avec une patience et une compassion infinies pour toutes ses créations, dont je suis, si inconscientes de sa douce volonté de ne pas nuire à ma liberté, à notre liberté.

Même si ma volonté, mon aveuglement me précipitent contre le mur du réveil.

Ou de l’anéantissement.

Toujours, je peux me relever avec la rage du pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi j’ai mal ?

Alors qu’il fallait juste faire confiance à la Main !

Namasté

Claudine

Merveilleuse incarnation

Comment deux sexes imbriqués l’un dans l’autre peuvent-ils être le Chemin vers le Nirvana ?

Cette intrusion du membre yang projette mon yin dans un univers dont je ne souhaite pas revenir.

A force de répétition, cet univers revient avec moi dans mon quotidien, se solidifie, se densifie.

Une ineffable joie m’habite. Je me sens invulnérable, imperméable à la souffrance qui veut m’enseigner.

M’enseigner quoi ? L’impermanence ? Je sais ! Là-bas tout est extase, omniscience, amour inconditionnel, un.

Peut-être comme la drogue que je n’ai jamais goûtée pourrait me l’enseigner.

Mon corps pur de toute substance devient le vecteur d’un état modifié de conscience. Étrange. Étrange que ce soit «cette partie» de mon corps qui en soit la porte d’accès.

Pourquoi mon étonnement ? Elle est la porte de toute vie. Reconnaître ce chemin dans un sens me permet de reconnaître le chemin inverse.

Ce long tunnel noir décrit par les expérienceurs (personne ayant vécu une expérience proche de la mort) ressemble étrangement à ce passage énigmatique et merveilleux : au fond brille une Lumière irradiante, purificatrice, sans concept pour la nommer.

Et toi, Homme !? Que ressens-tu dans ce chemin inverse ? Ton corps se rappelle-t-il l’extase et la souffrance du déploiement de ton premier souffle ?

Viens-tu avec moi dans cet univers merveilleux de complétude extatique ?

Les hautes vibrations de chacune de mes cellules se transmettent-elles à toutes tes cellules ? Vibrent-elles également au plus haut point du curseur, là où les mots n’existent plus ?

Séparation à l’aller.

Y a-t-il communion au retour ?

L’eau de vie qui s’écoule de mon corps inonde ma conscience d’une lumière incandescente.

Cette lumière allume-t-elle «Le Chemin» en toi ?

Unie physiquement à toi. Unie divinement à toi, au Tout, à l’Un.

A chacun son propre ressenti.

Cette fontaine de vie qui s’écoule de ton corps me rassure. Nous sommes, l’un pour l’autre, l’un avec l’autre, unis pour atteindre une déité qui ne peut exister l’un sans l’autre.

Chaque pensée, chaque acte, modifie le monde.

J’aime à être convaincue que le battement d’ailes du papillon provoque un typhon à l’autre bout de la terre.

J’aime à être convaincue que l’onde vibratoire de notre communion amoureuse au-delà de l’amour inonde la Terre d’une onde vibratoire inconditionnelle d’amour, touche le cœur le plus fermé du plus cruel guerrier.

Encore, encore, encore, «faisons» l’amour, «soyons» l’Amour pour inverser l’ordre des planètes, que la nuit devienne le jour, que le jour devienne la nuit, Un pour permettre la vie.

Merci mon corps, ma caravelle, merci mes voiles poussées par les vents de l’océan vie, tempête ou miroir, qu’importe.

Nos voiles déployées nous maintiennent sur les crêtes des déferlantes, insubmersibles, aériens, phares pour les bateaux perdus.

Merveilleuse sexualité qui concrétise dans la matière solide l’amour créateur de toute vie.

Tu es la pluie sur le terreau desséché, le soleil sur les pétales fébriles, l’abeille sur le pistil enfoui dans sa corolle.

Les fruits de nos corps nourrissent l’univers entier.

Quel plus beau cadeau que celui de notre naissance pour comprendre l’innommable !

NamastéClaudine