O2

Mon corps est le temple de la dualité : deux parties bien distinctes, la gauche et la droite.

Deux jambes, deux bras, deux yeux, deux oreilles, deux reins, deux poumons, deux lobes cérébraux.

Dans cet espace duel, l’unité règne en maître : une colonne vertébrale, un foie, une rate, un pancréas, une vessie, un gros intestin, un intestin grêle, et surtout un cœur, comprenant deux lobes enroulés l’un sur l’autre en spirale.

«Médite Steve ! Fais grandir en toi le tout petit endroit calme et serein dans ta poitrine pour qu’il s’amplifie et envahisse tout l’espace de ton corps».

En donnant ce sage conseille à mon ami, mes propres mots ont résonné dans chacune de mes cellules.

Ma bouche n’a plus rien dit, mais la lumière a continué à me pénétrer :

«Trouve cet état non-duel que tu pourras rappeler en toute circonstance conflictuelle, envers ton propre esprit ou envers un autre».

«Appelle Ta Ressource*».

«Ressens-la, vis-la, expérimente-la pour qu’elle devienne plus vaste que toi, pour qu’elle grandisse et envahisse tout l’espace interne de ton corps afin d’en dépasser les frontières physiques et ne plus faire qu’un-e avec la vacuité».

«Mange des dattes ! », cher Steve.

Cet état d’unité, nous le vivons dans les moments furtifs d’extase de l’explosion de la kundalini.

Quand deux corps ne font plus qu’un, un sentiment de plénitude nous envahit, peut-être identique à la vie gestationnelle.

Dans la fusion avec le corps maternel et depuis la tendre rencontre du gamète mâle et du gamète femelle, je me suis construit-e physiquement duel-le.

Comme une petite matriochka jaillit d’une autre poupée russe, je suis «venu-e au monde» duel-le, scindé-e, coupé-e en deux, insouciant-e, inconscient-e de ma dualité qui allait me faire entrer dans ce monde antagoniste car divergent, en apparence seulement.

Car chaque bouffée d’air que j’inspire a été expirée par quelque neuf milliards d’humains, plus une multitude incalculable d’animaux en tout genre munis de bronches, dont les merveilleuses espèces marines qui vivent entre deux mondes : aquatique et atmosphérique.

«Médite, médite, médite Steve».

«Médite jusqu’à ce que tu sois parvenu à étirer ce tout petit espace de quiétude en nos corps, pour qu’il envahisse tes côtes, tes bras, tes jambes, pour qu’il s’échappe par tes mains, tes pieds, ton front, ta fontanelle, ton assise. Rejoins l’espace autour de toi, le soleil au devant ou au-dessus de toi, deviens Lui, deviens vacuité, deviens un, devient unifié».

«Et continue ! ».

De mon air intérieur qui contient l’air extérieur absolument O2, je peux toucher, depuis ma perception du mouvement respiratoire, la vague immuable et incessante, sans limite, de cette Unité.

Je ne suis plus seulement cet-te adorable petit moi aux yeux de l’univers, je me reconnais unifié-e et indispensable au Grand Tout.

Namasté

Claudine

* La Ressource : clé de voûte de l’enseignement «Art de la relation», transmis par Madame Cécile Blanc.

CC BY-NC 4.0 Cette œuvre est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution-Pas d'Utilisation Commerciale 4.0.

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