Archives de l’auteur : cla

Pourquoi elle ?!

Par souci de confidentialité, j’ai changé les prénoms de l’histoire de mes amis. Mais cette histoire est totalement véridique et a lieu actuellement.

Mon amie Sonia est passionnée depuis sa tendre jeunesse par la culture amérindienne.

Je vous nomme mon amie Sonia, mais je ne la connais pas intimement en fait. Nous sommes «rentrées en amitié» par petits pas. Elle a tout d’abord été cliente de mon magasin. Nous nous trouvions fort sympathiques de part et d’autre, sans entrer en relation amicale pour autant.

Une amie beaucoup plus proche au point de l’appeler «ma petite soeur» Léa, a décidé de changer de maison. Après moult rebondissements, elle a acheté la maison de Sonia, sans que je n’aie fait le lien avec ma cliente d’alors.

Nous avons fait le rapprochement quand Sonia est venue m’en faire part dans mon magasin.

Une «connexion amicale» s’est alors tissée entre nous deux.

Je suis médium. Sonia m’a sollicitée pour une consultation médiumnique, il y a environ six ans. Alors que j’avais mes mains posées sur sa tête, dans une concentration totale, une énergie d’une puissance extraordinaire s’est emparée de mon corps.

J’ai été surprise et quelque peu effrayée par cette puissance douce et vertigineuse de force tranquille.

Je me suis mise alors à pleurer d’émotion, en demandant à Sonia de me tenir les mains pour me garder ancrée. Elle s’est inquiétée de ce qui survenait. Je lui ai nommé la présence d’un grand chef indien qui a investi ma propre énergie. Elle s’est mise à pleurer à son tour :

– J’ai eu sa photo pendant plusieurs années sur mon frigo !

Je lui ai transmis le message de ce grand chef indien, qui a répondu ensuite de nombreuses fois par mon intermédiaire à ses nombreuses questions.

L’histoire aurait pu s’arrêter là.

Sonia a déménagé dans le sud de la France. Nous avons gardé des contacts sporadiques, principalement autour de cette merveilleuse connexion avec le grand chef indien.

J’ai participé par le passé à plusieurs «Pow-wow» (rassemblement de nations amérindiennes à Ornans), moi-même très touchée par les messages de ces peuples dits «premiers».

Par un autre plus grand des hasards, Sonia est revenue vivre dans ma région, justement à Ornans, bien qu’elle n’en ait pas éprouvé l’envie aux premiers abords.

A l’automne passé, une cérémonie autour de l’eau a eu lieu à Ornans, beaucoup moins importante qu’un pow-wow. Je crois que seuls quatre amérindiens étaient présents à cette rencontre, à laquelle je n’ai pas participé.

Une conférence a été donnée à la suite de cette cérémonie. Une traductrice devait être alors présente. Sauf qu’au dernier moment, cette traductrice n’était pas là. Dans l’urgence, mon amie Sonia, parfaitement bilingue, a été sollicitée pour monter sur la scène et traduire les sages paroles des quatre amérindiens, malgré son extrême timidité.

Pendant sa prestation de traductrice, m’a-t-elle raconté, elle a été soutenue du regard par un amérindien, John.

«Pourquoi elle !? »

De cette merveilleuse connexion est née une non moins merveilleuse histoire d’amour entre Sonia et John.

A l’heure où j’écris, Sonia est partie épouser John dans sa réserve au Canada. Ils vont bientôt renouveler leurs vœux en France, près de Nîmes, et Sonia m’a demandé d’être leur maître de cérémonie, ce que j’ai accepté avec grand plaisir.

Je vous passe l’histoire de ma tenue de cérémonie qui m’a déjà été «suggérée» au beau milieu d’une nuit, tenue pour le moins originale et qui m’enchante.

Ce merveilleux conte de fée fait miroir au mien.

A quatorze ans, lors d’un mariage, mon coeur a manqué un battement au premier regard échangé avec mon cavalier désigné, Denis, âgé de dix-sept ans. Je me souviens très précisément de ce coup dans ma poitrine, que je n’ai alors pas su interpréter. Il y a cinquante ans, nous n’avions aucun moyen de garder contact Denis et moi, surtout à nos jeunes âges.

Pourtant, à chaque fois que je passais devant le clocher pointu de l’église de Doubs, là où il a toujours vécu, une bonne douzaine de fois par année pour aller voir ma famille à Nancy, pendant trente ans, j’avais une petite pensée innocente pour Denis : qu’est-il devenu ? Va-t-il bien ? Sans plus.

En 2003, encore lors d’un mariage, j’ai revu Denis, fort changé tout comme moi, bien évidemment, après toutes ces années. Je ne l’ai pas reconnu instantanément, mais mon coeur a fait le même bond dans ma poitrine que trente ans plus tôt et je me suis retrouvée statufiée devant lui.

Dix jours après «nos retrouvailles», nous annoncions à nos enfant respectifs, dans une parfaite évidence, que nous allions nous marier, ce que nous avons fait en 2004. Cela fait maintenant vingt-deux ans que j’admire le clocher de l’église de Doubs depuis ma fenêtre de chambre à coucher, chaque matin en me réveillant, mon Taj Mahal, mon évidence : la pensée est créatrice ! Quelle plus belle jolie preuve !?

Pourquoi elle !?

Pourquoi lui !?

Denis, mon adorable mari, vient de me demander, alors que nous organisons notre voyage pour le mariage de Sonia et John :

– Pourquoi elle !?

Ce à quoi je lui ai répondu :

– Pourquoi moi ? Pourquoi m’as-tu choisie ?

Qui peut dire pourquoi notre coeur nous entraîne aux plus merveilleuses folies ? Qui est ce merveilleux Chef d’orchestre qui nous fait dévier de notre quotidien ? À quel dessein ?

Pour Sonia et John, il y a une grande certitude : «La réunion de l’aigle et du condor».

La réunion de deux continents, de deux cultures, l’unification au grand mépris du clivage, la renaissance de la conscience de l’Unité : nous sommes UN !

Les distances, les frontières, les races, les différences n’existent que dans notre mental formaté. Dans l’amour agapé, il n’y a plus aucune illusion de séparation, aucune dissemblance, nous sommes UN. L’air que j’ai expiré, tu vas le respirer bientôt, l’eau que j’ai évacuée de mes aliments va retourner dans le cycle hydrique de la Terre et par la magie de l’évaporation retomber je ne sais où.

TOUT EST UN !

Nous ne sommes pas des conceptions hasardeuses ballottées au gré de nos envies. Les portes prises dans le nez rappellent que nous faisons fausse route. Que notre volonté est coquille de noix sur un océan de possibles à découvrir.

Il est grand temps que tous les humains arrivent à cette conscience, pour la sauvegarde de la planète et pour le bien de Tous.

Namasté

Claudine 

Respire

(Message d’une maman partie cet été à sa fille)

Ma chérie, comme j’ai été dure avec toi. Je t’en prie, pardonne-moi.

Je comprends maintenant toutes mes erreurs et mon cœur de maman s’affole.

Je t’en prie, brûle les lettres, pour que par le feu mes paroles soient transmutées.

Je sais maintenant que les paroles sont créatrices. Combien de souffrance t’ai-je créée ?!

Il m’est demandé de réparer pour que je puisse m’élever.

Tu as « le temps ». Ton temps terrestre ne m’est rien qu’une seconde, je suis dans vos trois temps.

Je t’en prie, ne porte pas les blessures que je t’ai portées encore plus longtemps : peux-tu comprendre que je « devais » agir comme je l’ai fait ?
C’était notre contrat d’âme à toutes les deux. Tu es une si belle personne, ma fille chérie, je t’aime.

Tu étais mon miroir, j’ai projeté sur toi toutes mes attentes, toutes mes blessures que j’ai attribuées à ma mère. Comme on se trompe !!! Comme c’est cruel envers nos premiers nés. Comme si dans le passage entre les deux mondes vous deviez prendre tout le poids des non-résolus transgénérationnels.

Mon enfant, en te serrant sur mon cœur à ta naissance, tu m’as fait naître mère, ce si doux et si merveilleux état. Si compliqué aussi car personne ne nous prévient de ne pas projeter nos manques sur nos petits anges offerts en Grâce.

L’enfant premier-né, l’explosion de l’amour inconditionnel qui ouvre tant de failles inconscientes et incomprises.

Pardonne-moi ma chérie, j’ai tant brillé en te laissant dans l’ombre. Je n’ai pas choisi, cela devait être.

Reprends ta première respiration, là, à cette seconde !!!

Ce souffle qui déchire les poumons et les souvenirs du monde divin d’où nous sommes tous et* toujours nouveau.

*(Il n’y a pas d’erreur, il s’agit bien de la conjonction de coordination «et» et non pas du verbe être).

En lui se trouvent toutes les guérisons. Que chacune de tes respirations soit ce premier souffle qui nettoie le passé. Que chacune de tes respirations soit ton ancrage dans ta propre divinité, ta propre sagesse, ta toute puissance. Tu en es capable !

Chaque seconde est une renaissance, chaque seconde ouvre la porte au devenir de Qui nous sommes vraiment, mais si peu le savent et le pratiquent.

Il m’est donné de t’aider aujourd’hui, non pas pour ma propre légèreté, ni pour la libération de mes erreurs qui me maintiennent encore un peu dans de lourdes vibrations.

Il m’est donné de t’enseigner parce que tu es Celle qui ouvre les consciences. Tu es pareille à ta chère Coach, à ta chère amie médium, à toutes les personnes que tu regardes avec admiration et envie, mais tu ne le sais pas !

Je dois maintenant te faire naître à ta propre lumière, il est temps ma chérie.

Respire, respire, respire ! A chaque souffle tes Guides t’insufflent ta Sagesse pour l’éveil du monde.

Ne doute plus, Sois.

Je t’aime.

C’est si doux…

***********

Avec l’aimable permission de la personne à qui ce message est destiné, du fait de l’importance de ces paroles : chaque respiration est identique à la première respiration, qui nous fait oublier d’où nous venons !

Ma réponse :

Quelle merveilleuse transmission vibratoire de ta maman.
Mes poumons se sont déchirés à ses mots. J’ai la sensation d’aspirer l’air du haut du Mont Blanc. Teyata om gate gate.

C’est cela ma chérie !!! Une renaissance toute neuve à chaque respiration.

Ô Seigneur, merci d’avoir permis Cela, cette si jolie et si importante canalisation.

Merci mon amie, ma lumière, moi je sais depuis notre premier regard Qui tu es.

Namasté

Claudine

Les étoiles rient

Ils ne savent pas que l’air chante, que les forêts bavardent,

que les bêtes comprennent tout, même le vent.

Les hommes savent-ils que les arbres hurlent à la mort quand ils tombent ?

Que la terre pleure sous la pluie de leurs outrages ?

Les hommes savent-ils que les blés quand ils craquent réclament la moisson ?

Qui connaît l’extase et remue les chaumes,

répandant partout une odeur de pain chaud ?

Ils ne savent pas que l’air chante, que les étoiles rient.

Ils leur suffira d’aller dans une forêt ou sur un champ,

d’écouter les plantes, de boire le vent,

de parler aux bêtes, de se baigner dans la terre, de sourire au ciel.

Alors nous comprendrons qu’il n’est de plénitude

qu’à condition de se mélanger à l’univers,

comme tout le monde depuis la nuit des temps a su le faire dans les campagnes.

Olivier Gisberg

A mes amis qui me faisaient remarquer que la colère ne fait qu’envenimer la rage déjà existante.

Oui, j’entends bien de ne pas rajouter de la colère à la colère, il ne s’agit pas ici de sensiblerie, encore que moi, je ne mange plus de vache (ni bœuf) depuis vingt-cinq ans, car je les crois sacrées, comme en Inde.

On dit le cochon le plus proche de l’homme, car on peut nous greffer des petits bouts de ceux-ci sans rejet, comme un jumelage un peu étrange.

Moi je vois toute la bonté maternelle dans les grands yeux des vaches, l’air qu’elles ont de me dire :

– Tu as vu, on m’a coupé les cornes ?! et si le loup vient, comment je protégerai mon petit ?!

Mais mon petit aussi, on me l’a arraché ! Parce que mon lait vaut Comté !

Qui pense à mon cœur de maman ? en se pourléchant de mes digestions destinées à faire grandir mon mignon ?

Sans blasphème, je les crois Filles de Marie. Le don de soi, la douceur, l’abnégation même devant la plus abominable souffrance.

Indépendamment du scandale de l’abattage, il en va de notre suprématie alimentaire ! : les œufs viennent à manquer, les canards sont vaccinés, les huîtres deviennent impropres à la consommation juste aux Fêtes de Noël ! A mais pardon, maintenant ce sont les vacances d’hiver.

Tiens, comme c’est étrange !!!

Nos agriculteurs n’ont plus le droit d’arroser en pleine canicule. Nos concombres ont l’obligation d’être droits pour paraître sur les marchés, les poissons sont plombés, les poulets esclavagés…

Les loups introduits pour une noble cause (laquelle ?) ont décimé le gibier, tout comme les lynx.

Mon chasseur de mari, qui garantit ma survie avec des rayons plein de pâtés à offrir, revient bredouille.

Il y a une telle évidence à nous affamer pour nous obliger à acheter étranger !

C’est contre cela que je poste les messages paysans, car ils sont notre survie, la sagesse de la Terre, les Grands Hommes, les Vrais.

Mais je réfléchis trop loin pour le présent : les frelons asiatiques qui déciment (eux aussi) nos ruchers ne sont-ils pas les dignes miroirs de notre monde de consumérisme effréné qui achète à boulimie sur shein et temu, parce que ça ne coûte rien !?

Rien que les nuits de sommeil des petits enfants chinois, les heures épuisantes des adultes, bêtes de somme modernes qui s’épuisent au rendement pour satisfaire notre fièvre-acheteuse ?!

Alors oui, les « aum » chantés à l’unisson de nos cœurs apportent de la douceur à ce monde fou et m’apaisent.

Oui, je ne rajoute pas de colère à la colère.

Je suis juste « consciente », l’esprit uni-pointé pour mes petits-enfants, et tous les petits enfants de la Terre qui sont miens, par ma foi en Dieu et en la science quantique : «Aime ton prochain comme toi-même», «Ce que vous faites au plus petit d’entre vous, c’est à Moi que vous le faites», «L’atome qui vibre ici sous mes yeux fait vibrer un autre atome à des milliards de kilomètres».

Je me suis toujours sentie « Gavroche » avant l’heure. J’irai chanter sur les barricades, et que m’importe d’y tomber !

Je sais que le mal n’existe que pour mettre le Bien à l’honneur.

Joyeuses fêtes de Noël mes chers Amis ! La fête des grands, mais surtout des petits attendant la magie de Noël qui apporte les trêves partout dans le monde.

Quand nous prendrons nos petits dans nos bras pour leur montrer l’étoile de Noël au-dessus du sapin, que nos cœurs s’unissent aux leurs, car ils sont nous et nous sommes eux.

Namasté

Claudine

Signes

La majeur partie du temps, nous attendons une aide extérieure, voire une intervention divine miraculeuse lorsque nous prions.

Même et surtout avec une foi la plus fervente, nous plongeons en nos cœurs et demandons à Dieu, à Allah, à Bouddha, à notre «Être supérieur», quel que soit son nom, d’accomplir l’acte qui va nous sauver.

Et béatement, nous attendons que «cela» (quelle que soit la forme de notre demande) nous tombe tout cuit dans le bec.

Sans voir que nous détenons la clé de notre problème et qu’il nous appartient de nous mettre en route.

Seigneur, donne-moi…

Non ! Et la grâce X doit arriver !

Essayons de comprendre une autre approche.

– Merci Seigneur (Allah, Bouddha) de faire grandir en moi la volonté d’y arriver, avec ton aide.

Ce potentiel de guérison, de réussite, de volonté, de libération existe déjà en moi. Moi-seul.e doute et ne vois pas mon «pote-en-ciel».

Tout est présent pour dépasser mes attentes, mais je ne le sais pas, comme l’enfant tend les bras à son père ou sa mère car il ne sait pas encore qu’il sait marcher.

Mille signes se déploient alors à nous pour nous guider, que nous ne voyons pas.

Mille personnes se présentent à nous avec une aide substantielle, que nous ne reconnaissons pas.

Comment cette puissance divine pourrait-elle accomplir à notre place ce qui nous incombe ?

– Lève-toi et marche !

– Reprends ta vie en main.

Reprends ta santé en main, reprends ta carrière en main, reprends ton ambition en main, reprends ton bonheur en main, reprends ta vie en main ! Allez ! Wake-up ! Réveille-toi ! Tu es la clé.

De cette conviction profonde cachée sous nos doutes naît un nouveau moi.

Je ne vois pas encore que tout est «signes».

La chanson entendue dont les paroles me touchent. L’ami qui me propose une soirée, un voyage, une formation, qui changera ma vie. La main du destin qui me pousse sur le devant de la scène et m’ouvre à l’inattendu, au merveilleux.

La rencontre improbable qui modifie toutes mes convictions en quelques minutes.

Le énième médecin qui trouve La cause ou La molécule qui me fera me sentir mieux.

Ne jamais s’arrêter, baisser les bras. Malgré nos peurs, malgré nos doutes. La vie est une marche en avant, quel que soit le poids de mon problème.

Qu’a pensé la petite graine ensevelie sous dix centimètres de bitume ? Au secours ! Je meurs !

Mais non ma chérie, tant que tu te dis cela, la vie est en toi. Allez ! Lève-toi et marche !

Alors, surgi d’une fente venue dont ne sait où, un tendre brin vert grandit et fleurit et rayonne d’une beauté lumineuse, ayant vaincu l’ombre, la peur, les doutes.

Cette même force de notre graine de vie a déchiré le bitume.

A nous tous, je nous souhaite de vaincre l’ombre que nous avons créée.

Namasté

Claudine

Le toucher

La paume des mains.

La plante des pieds.

La verticalité a été donnée à l’homme.

Avec elle, l’équilibre. Cette force tendue entre le trop et le pas assez.

Reconnaître le pouvoir de la paume des mains sans conscience de la plante des pieds s’apparente à un bateau sans voile, chahuté par le courant, sans ancre, incapable de se fixer au bon port.

Nos mains saisissent à longueur de journée.

La fine peau de nos paumes nous donnent une myriade d’informations traduites par notre système nerveux. Merveille de la Création.

Au-delà du toucher, nos mains sont des antennes. Nul besoin du contact pour juger d’un état énergétique. Au contraire, la distance augmente avec subtilité la connexion aux vibrations.

Notre attention et notre vigilance ont été attrapées par des écrans.

Notre toucher est devenu otage des mêmes écrans.

Nous ne caressons plus, nous «scrollons».

La peau du bout de notre index est devenue le «sésame ouvre-toi» d’une énorme bibliothèque de connaissances virtuelles.

Plus de connexion, ou si peu, à notre intuition, notre ressenti, notre savoir ancestral transmis oralement de bouche à oreilles, de main à regards :

– Vois, mon enfant ! Il faut faire ainsi.

Et les mains s’envolaient sur un rabot, une casserole, un pinceau, un archet.

Notre «maître à penser» est devenu un petit boîtier froid et sans âme, n’ayant de cesse d’être touché, porté, regardé, déifié. Veau d’or des temps dits «modernes».

Que dire de la plante des pieds, étouffée, enfermée dans d’infâmes «baskets» (paniers, soit dit en passant pour les non-anglophones), dont les semelles sont toujours en plastique, portées en toute occasion, même les plus brillantes, sans égard pour les fautes de goût.

En même temps que les téléphones portables, les baskets se sont démocratisées à outrance.

Pourtant, les mêmes capteurs subtils se retrouvent sous la peau de la paume des mains et de la plante des pieds. On dit bien plante : alors, mi-animal ?! mi-végétal ?!

Qui en a conscience aujourd’hui ? Où déambuler pieds nus en beaucoup d’endroit est interdit, comme si la personne était de la pire déviance possible.

Alors qu’il ne s’agit que d’être dans le ressenti, ancré-e.

Dans les moudras du yoga, dans les mains jointes ou offertes en prières, il y a cette notion de connexion au Grand Vide qui contient Tout, à l’Écoute divine, à la conscience de notre corps, antenne indispensable reliée à un Savoir ancestral.

Qui sait encore que la tendre peau de la plante de nos pieds enfermée à longueur de journée a la même fonction ?

Quand je marche pieds nus dans l’herbe, dans l’eau, dans le sable, sur la terre meuble, je permets à l’électricité statique de mon corps de s’évacuer. Combien de fois dans une année puis-je le faire ? En pleine conscience ?

Nous avons l’immense chance de pratiquer ce «nettoyage» énergétique, subtil, sous l’eau de notre douche.

Quotidiennement, en mode automatique, nous ne nous déchargeons pas seulement des scories de la journée, mais également des interactions lourdes qui nous ont apesanti-es.

Revenons à cette sagesse ancestrale des amérindiens, dont les mocassins frappent le sol en rituel, tels les peuples africains, océaniens, aborigènes, voire nordiques par les bains rituels eux aussi.

Les plantes de mes pieds sont mes capteurs, mes racines, mon ancrage, ma soupape par laquelle j’évacue toutes les énergies non souhaitées qui voudraient stagner en moi.

Quand je me lève, quand je marche, quand je suis occupée à mes multiples tâches, régulièrement mon esprit revient au contact de mes pieds avec le sol, avec mes chaussettes, dans des chaussures ou non.

Cette simple pensée m’amène à un doux ressenti qui m’éloigne de mes élucubrations mentales et ouvre une fenêtre de paix et de calme : là je suis, dans l’instant ! Bien ancrée.

Namasté

Claudine

* A ma belle Âm-ie M.-L.

O2

Mon corps est le temple de la dualité : deux parties bien distinctes, la gauche et la droite.

Deux jambes, deux bras, deux yeux, deux oreilles, deux reins, deux poumons, deux lobes cérébraux.

Dans cet espace duel, l’unité règne en maître : une colonne vertébrale, un foie, une rate, un pancréas, une vessie, un gros intestin, un intestin grêle, et surtout un cœur, comprenant deux lobes enroulés l’un sur l’autre en spirale.

«Médite Steve ! Fais grandir en toi le tout petit endroit calme et serein dans ta poitrine pour qu’il s’amplifie et envahisse tout l’espace de ton corps».

En donnant ce sage conseille à mon ami, mes propres mots ont résonné dans chacune de mes cellules.

Ma bouche n’a plus rien dit, mais la lumière a continué à me pénétrer :

«Trouve cet état non-duel que tu pourras rappeler en toute circonstance conflictuelle, envers ton propre esprit ou envers un autre».

«Appelle Ta Ressource*».

«Ressens-la, vis-la, expérimente-la pour qu’elle devienne plus vaste que toi, pour qu’elle grandisse et envahisse tout l’espace interne de ton corps afin d’en dépasser les frontières physiques et ne plus faire qu’un-e avec la vacuité».

«Mange des dattes ! », cher Steve.

Cet état d’unité, nous le vivons dans les moments furtifs d’extase de l’explosion de la kundalini.

Quand deux corps ne font plus qu’un, un sentiment de plénitude nous envahit, peut-être identique à la vie gestationnelle.

Dans la fusion avec le corps maternel et depuis la tendre rencontre du gamète mâle et du gamète femelle, je me suis construit-e physiquement duel-le.

Comme une petite matriochka jaillit d’une autre poupée russe, je suis «venu-e au monde» duel-le, scindé-e, coupé-e en deux, insouciant-e, inconscient-e de ma dualité qui allait me faire entrer dans ce monde antagoniste car divergent, en apparence seulement.

Car chaque bouffée d’air que j’inspire a été expirée par quelque neuf milliards d’humains, plus une multitude incalculable d’animaux en tout genre munis de bronches, dont les merveilleuses espèces marines qui vivent entre deux mondes : aquatique et atmosphérique.

«Médite, médite, médite Steve».

«Médite jusqu’à ce que tu sois parvenu à étirer ce tout petit espace de quiétude en nos corps, pour qu’il envahisse tes côtes, tes bras, tes jambes, pour qu’il s’échappe par tes mains, tes pieds, ton front, ta fontanelle, ton assise. Rejoins l’espace autour de toi, le soleil au devant ou au-dessus de toi, deviens Lui, deviens vacuité, deviens un, devient unifié».

«Et continue ! ».

De mon air intérieur qui contient l’air extérieur absolument O2, je peux toucher, depuis ma perception du mouvement respiratoire, la vague immuable et incessante, sans limite, de cette Unité.

Je ne suis plus seulement cet-te adorable petit moi aux yeux de l’univers, je me reconnais unifié-e et indispensable au Grand Tout.

Namasté

Claudine

* La Ressource : clé de voûte de l’enseignement «Art de la relation», transmis par Madame Cécile Blanc.

Le regard zoome

Le premier instant de l’amour est un ressenti. Avant qu’aucun sens ne parle, l’alchimie des corps agit. 

Les vibrations atteignent toutes les cellules conjointement pour les deux personnes et un délicieux ressenti émotionnel se met en place. 

Nous sommes alors complètement focalisés sur ce ressenti diffus. Notre destin se met en route à ce moment précis, ou plutôt, il poursuit son intention de nous amener à cette rencontre. 

Pendant un temps plus ou moins long nos émotions nous tiennent en haleine. 

Des papillons dans le ventre, le cœur gonflé dans la poitrine près à exploser, les pensées totalement prises par l’élu-e. Ce ressenti intense dure encore et encore, jusqu’au jour où ! …

La relation s’installe et prend place. La vie ressemble à un paradis fusionnel entre les deux personnes éprises l’une de l’autre. Chacune ne voit plus que l’autre, qu’elle considère comme sa propre moitié, voire son entier, tant le ressenti mobilise toute son attention. 

La vie ressemble à un rêve dans cet état unitif. Chacun se nourrit de l’autre, complètement happé par ce délicieux sentiment de plénitude, mémoire ancienne de fusion avec le ventre maternel.

L’état amoureux est complètement focalisé sur ce ressenti corporel. Une soif de l’autre inextinguible s’installe pour un certain temps, plus ou moins long, selon les personnes et les circonstances.

Dans les paroles échangées, les interactions, la confrontation entre deux chemins de vie complètement différents, les conditionnements de chacun ressortent immanquablement petit à petit. Le ressenti émotionnel physique envahit tout l’espace intérieur, mais plus pour longtemps.

De la pépite d’or complètement concentrée au creux du cœur survient un mouvement d’expansion qui défocalise du ressenti physique et zoome progressivement depuis le regard seul. 

L’autre, petit à petit, reprend sa forme initiale d’être séparé. Il se crée alors une distance qui coupe en deux l’unité du ressenti, surgie à la première seconde de la rencontre 

La distance installée entre les deux êtres agrandit la vision de l’autre. Insidieusement l’autre nous apparaît, avec ses forces et ses faiblesses, qui ne correspondent plus à l’état extatique que nous nous en faisions. 

Un ressenti d’agacement par-ci, une vibration de colère par là, une appréciation, un jugement, et soudain apparaît un déni qui nous avait complètement caché qui l’autre est vraiment dans sa globalité. 

De l’amour fusion naît alors, ou peut-être pas, l’amour tendresse. De ce recul du ressenti émotionnel à l’apparition de la vision de la globalité, un fossé se creuse entre les deux antagonistes. Le regard se fait incisif et jugeant.

Une sensation de désamour prend place alors que la passion des premiers jours s’estompe, puis s’efface peu à peu, pour ne plus être que regard

De cette dualité apparaît alors une impression de rejet. Alors que la vie, dans son infinie sagesse, ne fait que mettre en face de nous le miroir de nos propres faiblesses. A ce moment précis de l’histoire, de cette belle romance si fortement vécue, surgit une fracture. 

Cet amour des premiers jours qui nous avait complètement happé se transforme. 

Déni, rejet, refus d’aller plus loin et la rupture survient. Une autre possibilité peut apparaître pour qui souhaite entrer dans la compréhension de ce qui se joue en elle ou en lui.

Qu’est-ce qui fait que ce géant d’amour qui envahissait tout l’espace redevienne un simple humain avec ses forces et ses faiblesses ? Qu’est-ce qui transforme le prince charmant ou la princesse charmante en être banal et tellement prévisible ? Le regard a installé sa distanciation ravageuse. L’introspection, l’envie de comprendre, l’empathie sont encore possibles et même souhaitées, pour ne pas retomber dans ce rouage infernal.

Dans certains cas où la tendresse et le respect survivent, la relation peut évoluer vers un avenir meilleur, tellement plus vrai.

Chaque émotion ressentie dans l’échange conflictuel (ou paisible) apporte sa leçon de sagesse. Qu’est-ce qui fait miroir en moi ? Quelle blessure non résolue la situation fait ressurgir le mieux et que je n’ai pas encore comprise, dont je n’ai pas encore pris conscience ?

Ce qui apparaît maintenant me renvoie à cette prise de conscience de ce qui se joue alors de mes propres blessures. Cette étape est absolument essentielle à la survie de la relation, de la focalisation des premiers jours au ressenti si intense, à ce zoom qui a conduit à la dualité mise en place par le regard.

Il s’agit de revenir au ressenti de chaque situation, qui devient alors un grand enseignement de qui je suis personnellement à chaque interaction, de comment je me suis construit-e.

L’autre, quel qu’il soit, ne fait que m’apprendre une facette de ma personnalité.

Que je l’aie involontairement au volontairement occulté, ce regard incisif, qui peut être absolument séparateur, peut aussi être un tremplin pour me connaître. Voir émerger mes conditionnements, reconnaître mes concepts innés ou acquis, mes certitudes, mes convictions qui peuvent tous être impliqués dans ma vision de la réalité telle que je la crois, mais non telle qu’elle est, est essentiel pour dépasser l’enseignement qui s’offre à moi.

De cette base de réflexion, une autre forme d’amour se met en place, emplie de compassion, d’empathie, de sympathie, de tendresse pour les blessures de l’autre qui m’enseignent sur mes propres blessures. 

De l’amour fusionnel, puis duel, naît une autre forme d’amour ascensionnel, depuis là où le regard a frappé. Dans sa soif de division, le regard apporte la lucidité et la compassion dans l’interrelation qui amène à un sentiment de compréhension de qui je suis. 

La compassion véritable surgit depuis la relation duelle et s’étend vers un amour inconditionnel dédié à toute forme de vie.

Namasté

Claudine

Focus

Vision est Esprit

L’image que mon regard capte est générée par mon cerveau. Mon champ de vision est limité dans les quatre points cardinaux par mes deux lobes cérébraux, parfaitement inversés : mon lobe droit gère ma vision gauche et mon lobe gauche ma vision droite.

L’inversion se manifeste à hauteur de mes globes oculaires, qui perçoivent l’image comme l’absolue réalité.

Alors que l’image dans mon esprit est le bas en haut et le haut en bas !

Oula ! Est-ce que je marche sur la tête ?! 

Esprit est vide

Ce que mes yeux voient n’est qu’une toute petite parcelle de la réalité, enfermée dans mes conditionnements innés et acquis.

Il en va ainsi de tous mes sens : mon cerveau interprète tous les phénomènes depuis SA grille de lecture.

Vide est vacuité 

La réalité contient TOUT.

Au-delà de mes sens, de mes ressentis corporels, de mes possibilités d’être incarné dans un corps, du microcosme au macrocosme, tout EST.

Mes sens ne perçoivent qu’une infime partie de ce « grand bouillon de culture » qui s’expand avec ou sans mon accord.

Vacuité est Claire Lumière

La vacuité contient tous les possibles. Si je parviens à ne serait-ce qu’envisager toutes ces vertigineuses possibilités, je fais un premier pas en direction de la vacuité.

Nous vivons parfois « des synchronicités ». Tout l’univers est synchronicité. Un quart de seconde de décalage et la danse des planètes régie au centième de millimètre devient chaos.

Une erreur de dix millième de millimètre dans le nombre d’or et la coquille d’escargot ne peut être.

Merveilleuse vacuité plus énorme que la plus énorme bibliothèque de connaissances.

Vacuité est béatitude 

Depuis ce minuscule tremplin que sont mes yeux et ma vision, je peux toucher du bout de l’âme la Béatitude.

Plus facile à dire qu’à faire certes ! 

Calmer mon esprit est le premier et le plus grand défi.

Je suis ma respiration, pas mes pensées.

Je pourrais percevoir d’autres automatismes, comme les battements de mon cœur, ou la course immuable de mon sang ou de ma lymphe, beaucoup moins perceptibles. Le chemin le plus accessible reste l’air dont mon corps se nourrit à chaque seconde.

Là. Tout poser. Ne plus chercher la compréhension. Juste ressentir. Me poser dans la seconde, encore, encore, encore….

Ah ! je crois que j’y suis !

Trop tard 😉 j’en suis sortie 

Namasté

Claudine

Merci à Madame Cécile Blanc pour son merveilleux enseignement « Art de la Relation »

La Mère

L’amour maternel qui surgit dans le cœur des femmes au moment de la volonté de conception, enfle et grandit pour ne jamais s’arrêter.

Il ne naît pas. Il est déjà là, dans le regard tendre de la petite fille pour son poupon de plastique, quand ses petites mains caressent et touchent une invisible chaleur. Il est là, sur la petite bouche qui donne des baisers à la matière inanimée.

Tout cet amour maternel né de la Lumière inonde la scène de l’enfant et de son poupon où se joue la Lumière du monde.

Ces gestes innés, ces petits bras qui se referment pour une protection divine, se répéteront inlassablement. Tout d’abord autour du nouveau-né, parachuté, étonné, ébloui, déposé dans un geste sacré sur le cœur de la Mère.

Cette rivière qui coulait en elle depuis la nuit des temps devient un torrent, une cascade, un océan de tendresse jamais asséché.

Que ce soit un enfant ou vingt enfants, cette chair arrachée à la chair maternelle ouvre en grand l’éclosion de la genèse.

L’Amour sanctifié, rendu visible, palpable, évident.

Cet Amour, ma Fille, enchantait mon cœur de Mère quand tendrement, tu appuyais ta petite joue rose contre le front de ta poupée avant de la coucher dans son lit de dînette.

Cet Amour, ma Fille, illuminait le Monde quand mille fois tu découvrais pudiquement mais fermement ton sein et accrochais ton petit à l’énergie de vie.

Toujours, tes bras sont un Refuge.

Toujours, ton attention est tournée au don de toi : comment aider l’autre ? le soulever ? l’élever ? le porter au meilleur de lui-même ?

Mère de ton premier à ton dernier souffle.

Cette énergie vibrante, irradiante, a brûlé la nuit où, hissée sur un piédestal, tu accompagnais et dirigeais des petits bouts de choux et leurs mamans pour accomplir une danse harmonieuse de fin de spectacle.

La Mer Rouge s’est ouverte dans mon cœur ébloui, quand tu as sauté à terre et porté de ton regard, de tes mains et de ton sourire irradiant la centaine de cœurs en joie sur scène devant toi, désireux de nous donner le meilleur d’eux-mêmes.

Mon regard allait des tout-petits accrochés à ton exemple, dont le corps mimait le tien dans une maladresse adorable, à toi, vibrante, rayonnante, fendant la foule comme dans ce film où le danseur avance avec dans le regard la certitude que sa partenaire va exécuter le saut parfait.

Je t’ai vue au-delà, au-delà ma Chérie, ma «Mère-de-Tous». J’ai vu ton cœur mis à nu, et oui, là, j’ai vu et j’ai su que l’Amour change le monde.

Brillait à tes côtés, la fierté du Père bienveillant et attentif.

Comme vous êtes beaux et merveilleux mes Enfants.

Namasté      

Claudine  





Namasté

Le 23 mars 2025

Saint-Gall

Qu’est-ce qui amène un concours de circonstances à une évidence ?

Par le plus grand des hasards …

Une histoire de lassitude au niveau professionnel : un moulin à café de magasin si usé qu’il se bloque régulièrement.

L’urgence d’y remédier avant le rush des fêtes de Noël, d’où un voyage à St-Gall (Suisse) où il s’en trouve un d’occasion.

Une recherche de plusieurs mois à trouver un équilibre physique : ma propension à me plaire dans le monde spirituel au point d’en oublier mon corps.

Cette envie d’unifier l’un et l’autre, relativement aboutie grâce à des séances d’hypnose m’ayant amenée à une douce addiction de pratiquer du vélo dans la merveilleuse, mais froide, nature qui m’entoure.

Un point de convergence autour d’une cathédrale magnifique, «trop» belle, celle de St-Gall.

Cet adverbe «trop», trop galvaudé à mauvais escient, rentré dans le langage usuel à la place de tellement.

Ce qui est «tellement bon» engage le ressenti à un délice.

Ce qui est «trop bon» engage la pensée à un surplus inutile.

Je sers volontairement l’adverbe trop pour la cathédrale de St-Gall, au demeurant effectivement très belle.

Dans la suite des incongruités de la rencontre des différents chemins, il y a l’inauguration de Notre Dame de Paris, dans un faste débordant à vomir, les trente-neuf incendies d’églises françaises entre 2023 et 2024, le Pape en chasuble rose en Corse, au pied d’une croix en forme d’ancre.

Ma chute à vélo de lundi soir a été comme une pichenette bienveillante de l’Univers : alors Claudine ?! Tu vas ouvrir les yeux ?!

Ironie du calendrier : le lendemain, l’ophtalmologue m’annonçait que ma vue avait fortement baissé, heureusement sans véritable gravité puisqu’une cataracte, réversible heureusement, en est la cause.

Quel hasard nous a conduit, mon mari et moi, à nous trouver ce dix-sept décembre sur la place devant la cathédrale de St-Gall, devant une jeune femme en robe d’été, pieds nus, qui se flagellait le corps ?

Quel hasard nous a fait tourner autour de la cathédrale pour chercher l’entrée, nous faisant tomber nez-à-nez avec une voiture de police appelée par une vieille dame visiblement très rigide ?

Quel hasard a mis sur mon portable de si belles images de la cathédrale par une amie d’amie qui était à St-Gall deux jours avant, m’intimant l’irrépressible envie d’aller la visiter ?

La barrière de la langue, joli prétexte, m’a empêchée d’intervenir et de prendre la défense de cette jeune femme en pénitence.

Je suis repartie le cœur contrit du regard doux et fataliste de cette femme dont les erreurs du monde ne touchaient plus l’âme, dans un «faites de ma personne ce qu’il vous plaira, moi je suis ailleurs».

Il y a des secondes ainsi qui arrêtent le temps et restent gravées dans notre mémoire pour l’éternité, comme un rendez-vous avec l’indicible impossible à manquer.

Namasté

Claudine